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DES AGENTS EMPLOYÉS DANS LES DÉTERMINATIONS

Il ne me siifTisail pas d'avoir des vases résistant à Taction des agents qiiej*avais à y faire réagir, il fallait encore que ces agents n'amenassent pas avec eux des principes pouvant altérer, quant à leur poids ou à leur composition, les corps dont on voulait déterminer la formation ou la décomposition. On le conçoit, ce n*est qu'a cette condition qu'on peut compter sur l'exactitude des résultats.

Les matières que j'ai dû faire intervenir dans les expériences sont l'eau, les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique et le sel ammoniac J'avoue qu'avant de me livrer à ce long travail, je me faisais complètement illusion sur quelques-unes des difficultés que j*ai rencontrées à me procurer ces corps à l'état de pureté complète, et surtout sur les moyens de constater cet état. Berzelius, dans son travail sur les poids atomiques (1), signale déjà la difficulté d'obtenir de l'acide chlorhydrique liquide ne laissant aucun résidu h l'évaporation; il avoue même qu'il n'est pas parvenu à ce résultat.

Voici, en résumé, les observations que j'ai été h même de faire, les méthodes que j'en ai déduites pour me procurer ces corps purs, et les moyens employés pour constater cette pureté.

Eau. — L'eau de pluie ou de source, distillée deux fois, en ayant soin la seconde fois de condenser la vapeur dans

(1) Jnn. diphy$, et de oA., t. XI, p. 65.

un réfrigérant de platine, fournit un liquide qui» évaporé immédiatement après dans un vase de platine couvert ou exposé à Cair libre, se volatilise sans laisser le moindre résidu. Cette même eau distillée, conservée pendant quelques jours dans un vase de platine ou de porcelaine, évaporée ensuite, laisse un résidu jaune brunâtre très-sensible. Ce résidu jaune se brûle complètement au rouge dans Tair. De l'eau distillée se volatilisant totalement dans un vase couvert ou ouvert, si Ton vient à l'aciduler par de l'acide chlorhydrique ou par de l'acide azotique purs, laisse, en se volalilisanl dans un vase couvert ou ouvert, un résidu jaune.

L'eau distillée contient donc des matières organiques volatilesqui,au bout d'un certain temps, deviennent spontanément fixes et qui le deviennent instantanément sous l'influence des acides chlorhydrique et azotique.

Lorsque la présence d'une matière organique fixe, mais susceptible de se détruire par la chaleur, ne présentait aucun inconvénient , je me suis servi d'eau distillée deux fois et condensée la dernière fois dans un long tube de platine convenablement refroidi. Dans le cas contraire, à la première distillation , j'ai fait passer leatement la vapeur au travers d'un long tube de cuivre rouge, luté à l'argile et au sable, rempli complètement de tournures de cuivre grillées, recourbé en zigzag et chauffé au rouge décidé dans un foyer. L'eau provenant de la condensation de cette vapeur a été redistillée une seconde fois et condensée par un réfrigérant de platine. Ce réfrigérant était un long tube de platine soudé à Tor, recourbé en forme de siphon , et employé dans une fabrique pour transvaser et refroidir l'acide sulfurique concentré et bouillant. Cette eau, immédiatement après sa préparation ou après un long séjour dans

un flacon bouché, soumise à l'évaporation seule, ou additionnée d'acide azotique, se volatilise toujours dans un vase couvert sans laisser de trace de résidu.

Acide chhrhydrique. — L*acide chlorhydrique dissous doDt j'ai Tait usage a été obtenu en amenant , à l'aide d'un tube de verre de Bohème, dans l'eau privée de toute matière fixe ou susceptible de le devenir, et contenue dans un vase de platine, du gaz acide chlorhydrique dégagé par l'action de la chaleur sur l'acide liquide et pur, tel qu'on le prépare dans les laboratoires.

L'acide ainsi obtenu peut ètreévaporé jusqu'àsiccitédans une cornue de platine sans laisser la moindre trace de résidu. Si l'évaporation se fait à vase ouvert, les matières contenues dans l'air se fixent toujours sur l'acide , et, dans ce cas, le produit le plus pur laisse un résidu jaune dans lequel on trouve très- souvent du fer. Lessai de l'acide chlorhydrique doit donc se faire à Vabri du contact de l'air, contrairement à ce qui se pratique habituellement.

Adde azotique. — Pour me procurer l'acide azotique absolument pur, j'ai chauffé l'acide du commerce à 1,500 de densité, jusqu'à ce que le produit condensé ne retint plus de trace de chlore (1).

L'acide nitrique ainsi obtenu, je l'ai redistillé à deux reprises différentes et conservé dans des flacons. Lorsque

(1) L*es8ai de Tacide azotique fumant, au point de vue du chlore , exige quMI soit préalablement mêlé de 4 à 5 fois son volume d*eau. En effet, Pacide au tncucimum de concentration peut contenir des traces de chlore sans se troubler par Tazotate d^argent dissous. On s^assure aisément de ce fait en ajoutant d*abord à de Teau pure de Tazotate d^argent et en versant ensuite quelques gouttes de cette solution dans cet acide azotique contenant des traces de chlore. L*acide reste transparent. En mêlant Tessai avec le restant de Teau , on voit que la liqueur se trouble très-sensiblement.

j^avais besoin d'employer de Pacide ne laissant absolument aucun résidu, je redislillais une troisième fois, dans une grande cornue de platine, Tacide purifié, en me servant d'un ballon de verre de Bohême pour récipient. L'acideélait toujours immédiatement utilisé après sa préparation. J'ai fait l'essai de sa pureté en opérant sur tout un litre. Il s'évapore dans une cornue de platine sans laisser le moindre résidujorsqu'on abrite soigneusement les vapeurs du contact de l'air (i). Si l'air peut affluer librement, l'acide laisse toujours un résidu jaune plusou moins notable, absolument comme nous l'avons vu pour l'acide chlorhydrique pur et pour l'eau pure acidulée par les acides, que l'on évapore sans les abriter des impuretés de l'air.

D'après ce que j'ai remarqué, je suis porté à croire que les impuretés constatées par la plupart des chimistes dans les acides n'y préexistaient pas toujours, mais avaient été amenées par l'air affluant librement pendant l'essai. Cesi pour cette raison que je me suis imposé l'obligation de faire mes essais dans des cornues en platine munies d'un récipient de verre de Bohême s'y adaptant aussi bien que possible y et que toutes les évaporations des liquides acides ont été faites à vaisseaux clos, en empêchant l'air de pénétrer dans l'intérieur des vases renfermant les liquides à évaporer.

(1 ) Les vases de platine ne conviennent à la préparation des acides purs qu*après avoir été dépouillés du fer que le platine ouvragé du commerce renferme toujours. Le meilleur moyen que j^aie pu trouver pour arriver à ce résultat , est de faire réagir au rouge la vapeur du sel ammoniac sur eux. Tant que le chlorure d'ammonium se colore légèrement en jaune , on est certain que le métal retient du fer. Le platine devient ainsi mat et beaucoup plus blanc. Lorsqu'on veut peser les vases purifiés de cette manière, il faut rendre le poli au métal : il suffit pour cela de les mettre au tour et de les brunir â Taide d'une opale. Tous mes vases de platine ont subi cette opération.

Acide sulfurique, — Pour l'obtenir dépouillé de tout |>riQtipe fixe, j'ai distiifé tine première *foîs Tacide ^ tomrû^rce datis une cornue de verre lulée ; Taeide aitisi préparé était distillé par petites parties h la Tois dans une cornue de platine, en prenant la précaution de volatiliser le liquida sans jamais le faire bouiUir^ J'adaptais comme réfrigérant des tubes de platine soudés ài'or, s'eroboitanl par frottement les uns dans les autres. L^acide a été reçu et conservé dans un creuset de platine jusqu'au moment de son emploi : il n'a jamais laissé de trace de résidu lorsque je l'ai volatilisé dans une cornue de platine.

Sel ammoniac. — J'exposerai plus loin toutes les précautions que j'ai prises pour me procurer du sel ammoniac absolument pur.

Carbonate de soude. — Le carbonate de soude, dépouillé de chlorures et de sulfates alcalins par des cristallisations successives, renferme toujours du fer. Pour enlever ce métal , on dessèche le sel et on te chauffé au rouge isofnbre dans un vase d'argent. Après le refroîdissemefit) on reprend le carbonate anhydre par une quantité d'eau froide insuffisante pour le dissoudre. On évapore la. solution dans un vase d'argent, on dessèche le résidu et on le calcine une seconde fois. On répète ce traitement jusqu'à ce que l'acide sulfhydrique ne verdiste plus la solution un carbonate. Il m'a fallu répéter trois fois l'action successive de la chaleur et de Teau pour obtenir ce résultat. Le carbonate ainsi préparé renferme encore de la silice.

DÉTERMINATIONS DU RAPPORT DE POIDS DES ATOMES DE L'AZOTE, DU CHLORE, DU SOUFRE, DU POTASSIUM, DU SODIUM, DE L'ARGENT ET DU PLOMB.

Pour coDDaltre les rapports réciproques des atomes de €es sept corps, j'ai fait :

La synthèse

V Da chlorure d'argent; 2» Da su) Tu re d'argent; S*" De l'azotate d'argent; 4"" De l'azotate de plomb; S"* Du sulfate de pk)mb;

Uanalyse

6° Du chlorate de potasse; 7° Du sulfate d'argent ;

J'ai cherché

Le nombre proportionnel entre :

8*" L'argent et le chlorure de potassium; 9*" L'argent et le chlorure de sodium; iO"* L'argent et le chlorure d'amiponium ; 11*" L'azotate d'argent et le chlorure de potassium; 12"" L'azotate d'argent et le chlorure d'ammonium; En opposant ainsi des corps simples à des corps simples, un corps simple à des corps composés, des corps composés à des corps composés , je devais naturellement obtenir des résultats susceptibles d'être contrôlés les uns par les autres.

Quelques-unes de ces déterminatioos remonleut à plusieurs années; toutes ont été vérifiées et complétées pen-^ dant ces trois dernières années. Je commencerai l'exposition de ces recherches par celles qui ont l'argent pour base, en parlant d'abord de la préparation de l'argent pur et des moyens auxquels j'ai eu recours pour constater la pureté du métal.

DE l'argent.

Comme l'argent a élé pour ainsi dire le pivot de mes recherches , j'ai fait tous les efforts possibles pour me procurer ce métal à l'état de pureté et pour m'assurer de cette pureté. A cet effet, j'ai successivement employé toutes les méthodes indiquées pour se procurer de l'argent pur. J'ai acquis la certitude que toutes celles qui sont susceptibles d'être exécutées en grand fournissent un métal impur, si l'on n'y apporte pas des modifications radicales. Tous les procédés qui reposent sur la réduction du chlorure d'argent fournissent de l'argent renfermant du cuivre et du fer, à moins qu'on ne redissolve à trois ou quatre reprises le métal dans l'acide azotique, et que chaque fois on ne verse la solution d'azotale,diluéedevingtà trente fois son poids d'eau, dans de l'acide chlorhydrique dissous, et qu'ensuite on n'agite vivement le chlorure d'argent avec le liquide, comme s'il s'agissait d'éclaircirune liqueur d'essai. L'expérience m'a démontré qu'on peut obtenir du premier coup du chlorure d'argent privé de cuivre et de fer, en versant une solution froide d'argent au trentième dans de l'acide chlorhydrique en l^er excès, lavant le précipité à l'eau distillée froide, et laissant digérer ensuite avec de l'eau régale le chlorure desséché à la température ordinaire

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(27) huit à dix cenl millièmes. La comparaison de cel argent avec du mêlai obtenu par d'aulres procédés m'a conduit absolument au même résultat. Parmi les déterminations . du rapport proportionnel de l'argent et du cblorure de potassium , il y en a trois qui ont été faites avec de l'argent préparé par la méthode de Gay-Lussac, et l'impureté du métal en r^sort de la manière la plus évidente. M. Dumas évalue à an dix millième les impuretés contenues dans t'aident que lui a fourni la Monnaie de Paris.

Sans oser l'affirmer, j'attribue la présence d'une quantité si notable de silicium dans le métal préparé ainsi, à l'acttoD qa'exerce l'argent sur l'acide silicique. Il est probable qu'à la température nécessaire pour la Tusiou de l'argent, ce corps réduit l'acide silicique avec formation de silicate et de silieiure d'argent. D'ailleurs, la présence du charbon peut favoriser la réduction de l'acide silicique et la formation du silieiure d'argent. Un fait certain et que j'ai constaté un grand nombre de f(HS, c'est l'attaque de i'aeide silicique et des silicates par la vapeur de l'argent. La porcelaine blanche se colore en jauue ou en jaune brunâtre et augmente irès-seusiblemeut de poids, quand ou lance sur elle de l'argent en vapeur disséminé dans une flamme oxydante.

Le chlorure d'argent puriBé par le procédé que j'ai indiqué pins haut, mêlé avec son poids de carbonate de soude pur et desséché, et contenant un dixième d'azotate de potasse pur, étant cbauffé dans un creuset de porcelaine blanche oon vernie, avec les précautions indiquées fournil un culot dixième de son et coulé ensuite déterre de pipe.

produit uo barreau d'argent retenant des traces à peine sensibles de matières étrangères. Ce procédé est très-délicat à exécuter; car, lors de Faction de la chaleur sur le mélange de chlorure et de carbonate, si on élève d'abord un peu trop la température, la matière se fond, se boursoufle beaucoup et risque de sortir du creuset. Quoi qu'il en soit , j'ai préparé parce moyen plusieurs kilogrammes d'argent.

Pour opérer avec sécurité la réduction du chlorure d'argent dans un creuset de porcelaine blanche non vernie, on doit le placer dans un autre creuset de terre. Voici le moyen que j'ai employé pour faire convenablement Topération : Je verse, entre l'espace qui sépare les deux creusets, de la terré de pipe calcinée, pulvérisée et mêlée de cinq pour cent de borax fondu et également pulvérisé* Sous l'influence de la chaleur, le borax, en se fondant, soude le tout ensemble. Lorsque la réduction du chlorure est faite, on peut enlever le système et couler l'argent comme si Ton avait afiaire à un seul creuset. La grande masse à chaufier, avant d'atteindre le creuset de porcelaine, empêche la casse et par suite la perte de l'argent.

Outre ce procédé de préparation de l'argent, j'ai eu recours à plusieurs autres méthodes. L'une d'elles m'a été indiquée par lif. Liebig, qui même a bien voulu en préparer, par ce moyen, une certaine quantité pour mes recherches: Je lui en témoigne ici toute ma reconnaissance. Ce'procédé consiste à réduire à froid par du sucre de lait pur, une dissolution ammoniacale et concentrée d'azotate d'argent pur additionnée de potasse pure jusqu'à précipitation d'argent fulminant. Il se forme au bout de peu de temps un précipité violacé, qui se transforme en un miroir d'argent, si la dissolution ne contient que dix pour cent d'azotate d'argent. Si, au contraire, elle renferme

beaucoup plus de métal , le précipité violacé d'argent pur persiste. Ce précipité, lavé d'abord à l'eau, est mis en digestion avec de l'ammoniaque dissoute qui enlève le enivre, si l'argent en contient; desséché, il conserve sa couleur violacée; il constitue un état particulier de l'argent. Chauffé de 300 à 350% le métal devient incandescent, et prend alors la couleur propre de l'argent : il est blanc et mat. Pour le réduire en barreaux, je le fonds avec nne certaine quantité de nitre et de borax purs, et je le coule dans une lingotière enduite de terre de pipe.

J'ai préparé au delà de trois kilogrammes d^argent pur par ce moyen, en employant chaque fois un kilogramme d'argent. J'ai toujours trouvé ce métal identique à luimême et à d'autre argent pur; je dis à d'autre argent pur, car il ne suffit pas, comme le dit M. Péligot, dans son travail sur l'argent, de démontrer que le métal obtenu par un procédé déterminé donne toujours le même résultat, pour affirmer sa pureté; il faut de plus que, comparé à de l'argent préparé par d'autres méthodes, il s'y montre absolument identique. En effet, il peut arriver, et c'est le cas pour la réduction du chlorure d'argent pur par le procédé de Gay-Lussac, que l'opération de la réduction amène dans le métal la même dose d'impureté que celle qu'on en sépare par la dissolution et la précipitation.

Je vais indiquer maintenant les moyens que j'ai employés pour obtenir de l'argent servant à contrôler celui que je destinais à mes opérations. Je les fais connaître tout en déclarant qu'ils fournissent trop difficilement de Targent en assez grande quantité pour qu'on puisse s'en servir comme méthode propre à la préparation en grand du métal pur.

Le premier moyen consiste à se procurer ce métal par

rélecirolyse du cyanure d*argeal el de poiassium pur, ou du cyaoure dVgeot et d'ammonium. J'ai préparé an moins un demi-kilogramme de métal par cette voie, qui est longue et très«<lispendieuse. Le dépdt se faisait sur une surface de porcelaine préalablement couverte d'un miroir d'argent préparé par la métfiode de M. Liebig. Comme électrode positif, je me servais d'un charbon obtenu à l'aide de la vapeur du naphte chaufiée au rouge. Pour obtenir l'azotate d'argent propre à la préparation du cyanure d'argent, je dissolvais dans l'acide azotique de l'argent à rià^ 4"^ produit la Monnaie de Bruxelles. La dissolution était évaporée jusqu'à siccité et le sel fondu. Après le refroidissement, il était pulvérisé et repris par de l'eau froide, en prenant la précaution de ne jamais dissoudre le tout, sans cela, de l'oxyde de cuivre rentre en dissolution. La solution d'argent, après un repos de trois à quatre jours, était filtrée au travers d'un double filtre de papier et mise ensuite en digestion avec un excès d'oxyde d'argent, puis abandonnée au repos pendant un temps suffisamment long. Cette solution, diluée d'une quantité d'eau telle, qu'elle renfermait au plus un trentième de son poids d'azotate» était versée dans une solution aqueuse d'acide cyanbydrique pur, jusqu'à cessation de précipité de cyanure. Le cyanure était agité avec le liquide pour le diviser fortement, et lavé d'abord à l'eau acidulée par l'acide azotique, et ensuite avec de l'eau pure. Le cyanure obtenu était délayé dans un volume de solution d'acide cyanbydrique égal à celui qui avait été précipité par l'azotate d'argent » et le mélange était additionné soit d'ammoniaque pure, soit d'une solution de potasse pure, jusqu'à disparition complète du cyanure d'argent. Lors de l'électrolysation du cyanure douUe, l'électrode positif en charbon ,

coDpiine je Tai dii, était efHouré de eyanure d'argeot coDteou daq& UQ oûuet de linge purifié à Taide de l'acide ohlorhydrîque. Je restituais aiasi l'argent à la liqueur à mesure queréJectrolysatiou en séparait. Il m'a été impos^ sible de cû09tater la présence d'un corps étranger dans cet argent, après sa^fuslon, dans un creuset Ae porcelaine blanche non yernie, avec un mélange de nitre et de borax purifiés.

J'ai eu également recours, pour me procurer de l'aident poir, à la réaction du phosphore divisé su^ une solution d'azotate d'argent diluée au cmlième. Cette action est trèslente; mais le métal « après avoir séjourné pendant longtemps sur un ei^cès de solution d'argent et avoir été mis en digestion dans de l'eau ammoniacale, fournit, par la fusion dans du nitre et du borax puri^és, de l'aidant tout à fait pur. Par cette réaction , je me suis procuré le premier argent pur que j'ai eu en ma possession.

Enfin 9 j'ai préparé de l'argent par l'action de la chaleur sur l'acétate cristallisé au moins dix fois. Ce métal fondu avec du nitre et du borax m'a paru moins pur que le précédent.

Le procédé que M. Cavanna a (ait connaître tout récem-* ment donne un métal très^pur» mais il n'est pas pratîcable en grand ; M. Péligot l'a déjà fait remarquer.

J'ai trouvé un moyeu bien simple pour constater la pureté de l'aident. Ce métal pur &e fond et se maintient fondu dans de l'air , à une température assez éUvée pour se volatiliser, sans se couvrir de tache ou de coloration quel-^ conque et sans donner de vapeur colorée. L'argent ne ren-< fermant que cinq cent millièmes de fer, de cuivre ou de silicium , se couvre encore d'une tache très-forte^ mobile, lorsqu'on le fond au chalumeau alimenté par le gaz éclai-

rant ou par l'hydrogène et Vair en excès. L'argent contenant des traces à peine sensibles de cuivre, en se volatilisant dans une flamme oxydante, donne toujours une vapeur colorée. Cet essai peut se faire sur un charbon ou sur de la terre de pipe blanche et cuite, ou sur de la porcelaine, à l'aide du chalumeau à gaz ou à l'aide d'un simple éolipyle. La tache provenant des impuretés du métal se forme toujours à la surface du sphéroïde aplati résultant de la fusion. Après le refroidissement, on trouve la matière étfangère fixée sur l'argent près du point de contact du métal avec le support.

Tous les échantillons d'argent d'essai que j'ai pu me procurer ont tous produit des taches plus ou moins sensibles. D'ailleurs, ce degré d'impureté n'altère en rien le résultat des essais qu'on fait dans les Monnaies.

J'ai dit plus haut que j'ai constaté directement par l'analyse la qualité et la quantité des matières étrangères existant dans l'argent préparé par le procédé de Gay-Lussac, tel qu'il est prescrit. Gomme ce moyen exige le sacrifice de deux cents grammes d'argent dans chaque essai , je l'ai remplacé par la méthode d'essai par la voie humide , exécutée dans les Monnaies, en prenant la précaution de décupler la quantité de métal mise en expérience. J'ai monté, à cet effet, un appareil dont je donne le dessin dans mon mémoire. Il se compose de deux parties distinctes : un grand réservoir en verre rempli d'une solution saline normale et une grande pipette terminée, à la partie supérieure, par un tube de cinq à six millimètres environ de diamètre intérieur, auquel est mastiqué un robinet, et, à la partie inférieure, par un tube de deux millimètres de diamètre intérieur. Cette pipette, fixée dans un manchon rempli d'eau qu'on maintient à une températui:e constante

pendant les essais, se remplit par le bas. Remplie deux fois jusqu'au trait tracé sur le tube supérieur, elle contient, à 10^,2, une quantité de sel marin suffisante pour précipiter dix grammes d'argent le plus pur que j*ai pu me procurer. Je n'entre pas ici dans les détails de ces essais. En parlant de la détermination du nombre proportionnel de l'argent et du chlorure de potassium, de sodium, etc., j'exposerai toutes les précautions que j'ai prises pour garantir l'exactitude presque absolue du résultat.

Avant de quitter ce sujet, il faut que j'indique encore la forme sous laquelle j'ai employé l'argent dans mes expériences. Tout le métal a été fondu et coulé dans une lingotière enduite de terre de pipe blanche. Pour détacher la terre de pipe, on frottait la surface des barreaux avec du sable blanc rugueux; on les chauffait ensuite au rouge sombre et on les recouvrait entièrement de potasse caustique qu'on maintenait fondue pendant un quart d'heure au moins. La terre de pipe adhérente étant ainsi attaquée, on les plongeait brusquement dans de l'eau. Le silicate formé se détache aussitôt, et les barreaux, après avoir été frottés une seconde fois avec du sable rugueux sont tout à fait propres. Ces barreaux, avant de servir, étaient traités par de l'acide chlorhydrique bouillant , lavés à chaud à l'eau ammoniacale d'abord, puis à l'eau pure et enfin chauffés au rouge sur des plaques d'argent pur.

Mes expériences ont nécessité de l'argent sous forme de petits blocs pesant de â à 25 grammes, sous forme de lames et à un certain état de division pour parfaire des poids calculés d'avance. J'ai obtenu les petits blocs en coupant les barreaux an ciseau sur un tas d'acier fondu et poli. La tournure et la grenaille détachées de ces barreaux, au tour et à la lime, m'ont fourni Targent divisé.

Pour séparer le fer qui reste adhérent à l'argent lorsqu^ou le coupe au ciseau, ou qû*on le transforme en tournure ou en limaille, j*ai laissé digérer, en vase clos et à une tem'* pérature de 60 à 80°, le métal sous ces différentes formes , pendant vingt-quatre heures d'abord avec de Tacide chlor« hydrique concentré et ensuite avec de Tammoniaque pure. L'argent lavé enfin par de Peau absolument pure et chauffé au rouge sur une plaque d'argent est renfernoé immédiatement dans des flacons bouchés à l'émeri.

Ayant acquis la certitude que l'argent laminé à l'aide des beaux laminoirs de notre hôtel des Monnaies, ren*ferme du fer qui n'y préexistait pas avant le laminage, j'ai, pris le parti de faire laminer l'argent dont j'ai eu besoin sous forme de lames, entre deux lames d'argent pur. Ce n'est qu'en altérant les surftices de deux lames qui touchent le cylindre des laminoirs que je suis parvenu à soustraire la lame interne à la présaice de tout métal étranger. Les lames d'argent employées à la synthèse du sulfure de ce métal, et h quelques-unes des synthèses du chlorure d'ar* gent , ont été obtenues ainsi. L'argent laminé a été encore rougi dans de l'air et enfermé très-chaud dans des flacons bouchés à l'émeri.

J'ai cru pendant longtemps qu'après m'être donné toutes les peines que je viens d'indiquer, j'étais parvenu à me procurer de Targent absolument pur. Une expérience est venue me détromper. En opérant une synthèse de l'azotate d'argent sur onviron 400 grammes de ce métal , j'ai constaté encore la présence de quelques traces de silicium, mais ne dépassant guère toooôb" *''

SYNTHÈSE DU CHLORURE d'aRGBNT.

J*ai déterminé le rapport porportionnel entre l'argent et le chlore :

1° En brûlant directement ce métal dans le chlore, comme M. Dumas Ta pratiqué déjà;

^ En dissolvant Targent dans l'acide azotique» précipitant l'azotate formé par l'acide chlorhydrique gazeux amené près de la surface de la solution , évaporant le tout dans le vase même et fondant le chlorure produit dans une atmosphère d'acide chlorhydrique remplacé ensuite par de l'air;

5"* En dissolvant l'argent dans l'acide azotique, précipitant par de l'acide chlorhydrique dissous, lavant le précipité par de l'eau acidulée par l'acide azotique , fondant le chlorure dans une atmosphère d'acide chlorhydrique et en évaporant, à l'abri du contact de l'air, tous les liquides pour recueillir le chlorure entraîné ou dissous;

4** En dissolvant l'argent dans l'acide azotique, précipitant l'azotate par une solution de sel ammoniac pur, lavant le chlorure à l'eau acidulée, le fondant ensuite dans une atmosphère d'acide chlorhydrique; et évaporant, à l'abri du contact de l'air, toutes les eaux de lavage, après y avoir fait passer un courant de chlore destiné à détruire l'azotate d'ammoniaque formé et l'excès de sel ammoniac employé, pour recueillir le chlorure entraîné ou dissous.

Ces méthodes qui, d'ailleurs, ont déjà été employées, ont fourni, toutes, la composition généralement admii^ pour le chlorure d'argent. Elles présentent des causes d'erreurs que je vais indiquer en exposant les résultais donnés par chacune d'elles.

I"* Synthèse du chlorure d'argent par l'action du chlore sur l'argent chauffé au rouge sombre.

Pour etrecluer la combustion de l'argent dans le chlore, j*ai pris un tube de verre de Bohême, courbé de telle manière que Pargent en blocs ou en lames, qui y était contenu, se trouvait dans une partie très-raiblement inclinée, et que le chlorure, à mesure de sa formation, arrivait, en passant par le chlore, dans une partie horizontale servant de récipient. Cette partie horizontale se redressait légèrement, a6n d'éviter la perte du chlorure. Le tube et l'argent étaient pesés séparément. Toute la partie du tube destinée à être chauffée était engagée dans une gaine de tôle remplie de magnésie pure. Cette gaine n'a été chauffée au rouge sombre que lorsque le chlore pur et sec qui traversait le tube s'était dégagé assez longtemps pour être privé aussi complètement que possible d'oxygène.

La chloruration complète de cent grammes environ d'argent a exigé un courant lent et non interrompu de chlore pendant quinze heures au moins. Encore faut-il les précautions les plus grandes pour qu'aucune trace d'argent n'échappe à l'action du chlore. Aussi, sur cinq expériences que j'ai faites, deux ont-elles échoué, parce que des parcelles d'argent entraînées par le chlorure fondu étaient restées non attaquées.

La synthèse du chlorure' d'ai^ent par cette voie comporte trois causes d'erreurs ou d'incertitudes. La première c'est l'entraînement du chlorure d'argent par le courant de chlore. L'ayant reconnu dans une première expérience, j'ai essayé d'obvier à cet inconvénient en faisant arriver sur l'argent tout juste la quantité de chlore susceptible

( 57 ) d'être absorbée. Je ne puis faire comprendre sans dessin la disposition de l'appareil que j'ai imaginé à cet effet; je le donne dans mon mémoire.

Le deuxième inconvénient, c'est le pouvoir absorbant du chlorure fondu pour le chlore. A l'effet d'annuler cette cause d'erreur, j'ai fait passer, dans une expérience, un courant d'air, et, dans deux autres, un courant d'acide carbonique sec sur le chlorure fondu ^ mais lorsque j'avais déjà constaté le poids du chlorure formé.

Enfin, la troisième cause d'erreur, c'est l'attaque du tube en verre par le chlorure d'argent, maintenu longtemps en fusion en contact avec lui. Il se produit ainsi un chlorure alcalin qui se volatilise dans le courant de chlore. Je ne suis pas parvenu à m'assurer si cette attaque se fait avec dégagement d'oxygène ou de chlore. Mais l'augmentation du poids du tube est un fait constant.

Somme toute, cette méthode qui, au premier abord, parait si simple, laisserait des doutes légitimes dans l'esprit, si les résultats qu'elle fournit n'étaient pas confirmés par ceux obtenus à l'aide d'autres méthodes.

Voici le résultat des trois expériences que je suis parvenu à mener à bonne fin.

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