Partie
Nicolas.
Whinf.
Ms. Bodl.
se trouvent chez:
Malik èams-ed-dïn.
Bahâ-ed-dïn^; 'Asgadî Marvi \
Sa'd-ed-dîn Hamavïl
Sîih Sangân^
'Attâr.
Hafiz.
Afdal Kcâsî; Hâfiz.
Hafiz.
Abu Sa'id.
Ibn Sïnâ.
'Attâr.
Hâfiz.
Hafiz.
Fahr-ed-dln (?); Badîhî Salgavandï^; Al.imad Budeïll^
Ansârï.
Abu Sa'ïd.
'Attar.
Abu Sa'îd; 'Ala-ed-daula Serananî'^.
Sanaï^.
L'intérêt de M. Shukovski s'est attaché tout particulièrement à une notice dans un manuscrit du Mirsad-él-ihad, ouvrage sûfique de Nagm-ed-dm Razî, parce que l'auteur y parle de 'Omar avec tant d'horreur qu'il ne lui aurait certainement pas emprunté des quatrains pour les faire passer pour siens, et parce que ce manuscrit date de 735 a. H. (1334 ap. J.-C), étant ainsi antérieur de 130 ans au plus ancien manuscrit connu des Ruba^ij-at de 'Omar Hayyâm. La notice en question est celle-ci: «Et il est bien connu
1 Peut-être Bahâ-ed-din Amull qui est mort en 1620. — 2 M. en 1040. — 3 M. en 1252. — •* Époque inconnue. — ^ m. en 1385. — ^ M. en 1130 ou 1140.
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quelle lut la raison sage de mettre l'ànie pure, élevée et spirituelle dans une forme sombre et terrestre et de l'en séparer de nouveau et de l'arracher de la poussière qui l'entoure. Et on connaît aussi la raison pourquoi le corps sera détruit, et pourquoi la poussière sera de nouveau dispersée (?) au jour de la résurrection et l'âme revêtue de vie: afin que l'homme puisse échapper à ce à quoi le coran fait allusion: <Ils sont comme des troupeaux, ils s'égarent même plus^i>, et atteindre au rang' de l'humanité, et qu'il puisse être porté de derrière le voile de la négligence, comme il est exprimé dans ces paroles du coran: «7/^ connaissent Vaj^parence de la vie de ce monde et ne se soucient pas de la vie future» -; et qu'il puisse mettre le pied de l'épreuve et de la passion sur le chemin droit. Mais de tels pauvres philosophes et matérialistes qui sont exclus des deux bénédictions sont égarés et suivent dans leur erreur un certain homme de lettres, fameux entre eux à cause de ses talents, de sa sagesse, de sa sagacité, et de son érudition. Et cet hommelà est 'Omar Havyâm. Pour se faire une idée de son effronterie et de sa corruption extrêmes, il faut seulement lire ces vers composés par lui:
De ce cercle (|ui renferme notre entrée et notre .sortie ni commencement ni fin ne sont vi.sibles.
Personne dans ce monde ne nous raconte fidèlement d'où nous venons et où nous allons^.
Le créateur, quand il ordonna la composition des natures, pourquoi les assujettit-il à la diminution et à la ruine?
Si elles ont mal tourné à qui la faute île cette [mauvaise] forme? et si elles ont bien tourné, pourquoi les détruire?*
M. Shukovski classe les 82 quatrains ambulants eu groupes: 33 p. c. ont pour objet l'amour, le vin et l'indulgence de soi (3 quatr. du ms. Bodl.), 43 p. c. contiennent
3 Suppl. persan 823 fms. de la Bibi. Nat. de Paris): quatr. 78, éd. Bombay 42.
* Suppl. persan 823: quatr. 94, éd. Whinf. 126, éd. Bombay 99.
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des sorties contre le destin, le monde et l'homme, sa faiblesse, son abandon et sa sottise (4 quatr. du ms. Bodl.), environ 7 p. c. sont des appels à Dieu (1 quatr. du ms. Bodl.), environ 7 p. c. roulent sur le mysticisme (1 quatr. du ms. Bodl.), environ 6 p. c. sont des pensées philosophiques et des règles de conduite, et environ 4 p. c. roulent sur la libre pensée et les spéculations religieuses (2 quatr. du ms. Bodl.).
De toutes ces recherches intéressantes, le savant russe n'a pas tiré de nouvelles conséquences. Nous cherchons en vain les raisons qui motivent cette conclusion-ci: «Si nous admettons que ces groupes dans une collection complète des quatrains de 'Omar Hayyâm seraient représentés dans la même proportion, nous sommes forcés de conclure qu'en formant une estimation de notre poète il serait le plus sûr de regarder les quatrains appartenant aux quatre derniers groupes comme les matériaux les moins discutables: c'est-à-dire que nous devons considérer 'Omar comme un homme d'une vaste érudition qui suivait ses propres convictions et qui, tourmenté par les questions de l'existence et ne trouvant pas la solution de l'énigme de la vie dans les dogmes mahométans, élaborait pour son propre usage une conception de la vie (Weltanschauung). régulière, fondée sur le mj^sticisme sïifîque . . . 'Omar prêchait la pureté morale et une vie contemplative ; il aimait son Dieu et s'efforçait de dominer l'Eternel, le Bon et le Beau ...» M. Shukovski donne ici un portrait sympathique, mais fondé sur une distinction, à mon avis peu motivée, entre la valeur des différents groupes de quatrains pour l'appréciation de la personnalité de 'Omar.
M. Beveridge a essayé, dans un article du JRAS. (1899 p. 135 sc^q.), de défendre l'anecdote du triumvirat. L'an 517 a. H. (1123 ap. J.-C.) est généralement indiqué comme celui de la mort de 'Omar, mais une minorité de sources, entre autres le Tnnh-i alfi, donne l'an 505 a. H. (1111 ap. J.-C). En suivant la dernière indication, M. Beveridge ne trouve pas irraisonnable la supposition que 'Omar
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et Ni?âm-el-inulk auraient été du même âge. Hasan Sabbfih cjui mourut en 518 a. H. doit avoir été probablement plus jeune de quelijues ans, ce qui n'çxclut pas (|u'il peut avoir fréquenté 1 ccole avec eux. Peut-être aussi que Nizâm-elraulk est né plus tard qu'en 408 a. H. (1017 ap. J.-C): cette date repose sur des auteurs arabes éloignés, sinon eu temps, du moins en lieu, et il n'y a rien dans la vie du ministre qui nous met dans la nécessité d'en fixer la naissance à une date aussi reculée. C'est bien vraisemblable que l'auteur des Va^nija s'est appuyé sur des livres et des traditions de famille, et qu'il y a une base de vérité dans l'anecdote des trois amis.
La discussion fut terminé par un article de M. E. G. Browne dans le même journal (1899 p. 409 sqq.). Il mentionne deux notices sur 'Omar qu'il a trouvées dans les Cahâr maqâla de Nizâmï-i 'Arûdî-i Samarqandî. La première est une relation de la prédiction bien connue de 'Omar, — faite en 500 a. H. (1112 — 13 ap. J.-C.) à Balkh, dans la rue des vendeurs d'esclaves, dans la maison de l'émir Abu Sa'd, en présence de Hvâga Muzaffar-i Isfizârî et de l'auteur —, que les arbres joncheraient son tombeau de leurs fleurs ^ La seconde contient une prédiction astrologique faite par 'Omar dans l'hiver de l'an 508 (1114 — 15)^. Il en ressort que 'Omar était vivant trois ans après la date assignée à sa mort par M. Beveridge, et il semble n'y avoir aucune raison pour abandonner la date généralement admise. Pour Hasan Sabbilh, l'an 518 (1124) est donné comme celui de sa mort, non seulement par le Gami'-et-tavârïh de Rasid-ed-dïn, la
1 Cette anecdote est donnée déjà, mais d'après une source de seconde main, par T. Hyde dans .son Eeligionis Veterum Persarum Historia (2° éd. p. 529), et toujours répétée par les biographes européens de 'Omar.
2 V. plus loin. Le.s deux anecdotes se trouvent dans la traduction complète des Cahâr maqàîa publiée par M. Browne dans le JRAS. juillet et octobre 1899.
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plus ancienne source connue de l'anecdote du triumvirat', mais aussi par Ibn-el-Atîr et l'auteur du Tarihi guzida. — La naissance de Ni?rim-el-mulk est fixée décisivement à 408 par Ibn-el-Atîr, et le Garni -et-tavanh prétend même qu'il était âgé de plus de 80 ans, quand il fut assassiné en 485. M. Browne en conclut: