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2 Barbier de Meynard, VIII. p. 90—91.
3 Not. et Extraits XVII. p. 358 et XX. p. 417.
^ Browue: The Sources of Dawlatschàh (JIIAS. 1899, p. 54 eqq.)
Caract^re national et vie littéraire. 45
Probablement le vers a été bâti, dans la poésie pehlevie, non sur la quantité, mais sur le nombre de syllabes comme dans l'Avesta.
Un poète du nom de Sarlt'-i Mu^iallidî, inconnu d'ailleurs, mais qui doit avoir vécu avant le milieu du 12*^ siècle ap. J.-C, dit que tde toutes les richesses de ce monde que les familles de Sâsûn et de Sâmân ont laissées, il ne reste que les éloges de lludagi et les chansons de Barbad»^ Il semble donc ({ue des vers de Bârbad ont été connus et chantés, eu traduction arabe ou persane, dans les temps de l'islamisme. A la cour des cahtes 'Abbâsides, qui prenaient pour modèle en toutes choses la cour des Sâsânides, les vieilles chansons perses furent chantées. «Verse-moi le vin et chante, ô délices! une chanson persane», dit Abu Nuvâs^. Il est à croire qu'Abû Nuvâs aussi bien que son prédécesseur, le poète Bassâr ibn Burd continuent la tradition poétique du temps des Sâsânides, bien qu'ils se servent de la langue arabe: ils avaient, tous les deux, du sang persan dans les veines. Et c'est à ce temps précisément que les Persans commencent à donner la route sur le domaine de l'art et de la littérature et à souffler leur esprit dans toute la vie intellectuelle de l'Orient mahométan.
Le vin, l'amour, la beauté de la nature, les plaisirs du moment, ce sont les sujets que traite le lyrisme mondain.
Aux temps où le parsismc régnait, le vin était cultivé et bu comme un don d'Ahura Mazda. A une fête princière il fallait avant tout du bon vin en abondance. Témoin le livre d'Esther où les bacchanales se suivent; on présente aux festins le plus excellent vin, et en grande abondance, comme il est digne de la magnificence royale. Hérodote raconte, que les Perses sont fort adonnés au vin, et (ju'ils ont coutume de délibérer pendant l'ivresse sur les affaires les plus importantes, pour les soumettre à une critique plus sévère (juand les va-
' Les Cahlr marplla (.IRAS. 1899 p. 687). 2 éd. Ahlwardt no 58, 6.
46 Deuxième Partie.
peurs du vin se sont évaporées \ Xénophon nous dépeint dans la Cyropcûie^ lechanson — le sagi des Persans — qui par sa beauté et par son adresse à verser le vin est devenu le favori tout-puissant du roi. Enfin, aux festins innombrables décrits dans le SaJmamc, les héros boivent sec et sont ordinairement portés au lit ivres-morts. Bref, nous avons des témoignages à profusion qui montrent qu'Ammien Marcellin s'est laissé furieusement mystifier, quand il veut nous faire accroire que les Perses détestent l'ivrognerie.
Mais, bien entendu, les livres de religion et de morale prescrivent la modération. Dans le dialogue Ihnhart, Asniogli demande: «Pourquoi appelez- vous péché de boire à l'excès? n'est-il pas impossible de boire du vin avec modération?» Le grand prêtre donne la réponse un peu étrange que c'est un péché de boire à l'excès, parce que celui qui boit beaucoup mange beaucoup et conséquemment néglige de chanter les (jatlias conformément à la lor''. Dans un des petits traités populaires de morale, YAudarfi-i Àtnypât, la même chose est dite d'une façon plus explicite: «Bois du vin modérément, car celui qui s'}- adonne sans modération, commet toutes sortes de péchés^.» Mais ii faut boire du vin le jour Aûharmazd aussi bien que le jour Mâli''. Dans le I)atistan-T dimli., où la question est traitée plus amplement, cette règle est donnée, qu'il faut donner à boire à un homme tant qu'il est évident que par cela il devient meilleur en pensées, eu paroles et en actions; mais quand il a reçu tant de coupes, qu'il commence à devenir pire en pensées, en paroles et en actions, la limite est outrepassée, et l'on sait combien de coupes il est en droit de boire, au point de vue de la re-