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suffisants. Cela tient sans doute au fait que de tels séismographes sont d’un usage plus compliqué et d’un maniement plus délicat que les horizontaux, et que la théorie en est moins certaine. D'autre part pour équilibrer l’action de la pesanteur, il faut soutenir la masse par un ressort, dont la présence entraîne des difficultés de divers ordres.
1° Période. — Un système oscillant dans de telles conditions possède une période très courte, et l’on sait que pour l'étude des tremblements de terre, il convient de donner à l'appareil une période assez voisine de celle des ondes que l’on se propose d'enregistrer. On utilise pour cela des dispositifs dits d’astatisation. Ce terme, consacré par un long usage (on le trouve déjà sous la plume de Gray en 188r), est impropre. Il semble, en effet, indiquer que l’on cherche à amener l’appareil à l’état d'équilibre indifférent; or, par définition, tout séismographe doit être à l’état d'équilibre stable. Autrement dit, après avoir subi un léger choc, il doit reprendre sa position initiale, faute de quoi l’on n'aurait plus affaire à un séismographe, mais à un séismoscope. Un tel appareil n'inscrirait que le début des phénomènes, et serait impropre à un enregistrement continu. J'abandonnerai donc le terme d’astatisation, et il ne sera question que de l'obtention de périodes suffisamment élevées.
2° Sensibilité à la lempérature. — Le second ordre de difficultés est dû au fait que le coefficient d’élasticité des ressorts varie avec la température. Par suite, la position d'équilibre de l’appareil est fonction de cette dernière. Les déplacements du zéro peuvent être tels que les inscriptions deviennent complètement illisibles ; il peut même arriver que le levier vienne se caler contre le bâti. D'où la nécessité de protéger les appareils verticaux contre les variations de température ; les ressorts peuvent être enfermés dans des caisses métalliques; les appareils euxmêmes peuvent être placés dans des cages en verre, parfois doublées de feutre. Toutes ces précautions se montrent insuffisantes : il est donc de toute nécessité, par une construction
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appropriée, de compenser l'effet de la température. Un tel dispositif est dit de compensation.
Les descriptions des différents types de séismographes verticaux se trouvant disperséès dans de nombreuses publications, je rappellerai d’abord, dans un premier chapitre, les caractéristiques des appareils construits de 1841 à 1915. Un deuxième chapitre sera consacré aux séismographes modernes. L’évolution de la séismologie instrumentale a fait surgir un certain nombre de problèmes : j’examinerai les solutions proposées par les divers auteurs et j’en ferai la critique. Je montrerai la nécessité d'utiliser des appareils à lourde masse pour l’étude des séismes rapprochés ; je donnerai des indications sur l’installation de la composante verticale du grand pendule de Strasbourg, dont M. Rothé a bien voulu me charger, et sur les recherches, commencées depuis plusieurs années, que j'ai faites à cette occasion.
Le troisième chapitre traitera des dispositifs d'augmentation de période; j'y exposerai les mesures que j'ai effectuées sur le vertical Wiechert de 1200 kgs., ainsi que sur le grand pendule de Strasbourg. Je décrirai la construction que j'ai établie sur ce dernier, et j'indiquerai les conclusions auxquelles j'ai été conduit.
Enfin, dans un quatrième chapitre, j'étudierai la sensibilité des différents types d'appareils aux variations de la température. Je passerai en revue les diverses méthodes de compensation; je terminerai en décrivant le dispositif nouveau que j'ai construit pour le grand pendule de Strasbourg, et en indiquant les résultats obtenus.
Qu'il me soit permis d'adresser ici mes remerciements les plus vifs à M. 1e doyen E. Rothé, directeur de l’Institut de Physique du globe de Strasbourg, qui m'a guidé dans mes recherches, et m’a encouragé de ses conseils bienveillants.