‹ Recherches sur les séismographes destinés à l'inscription de la composante verticale du mouvement du solChapitre 63 sur 95 · V. Compensalion du Grand Pendule de Strasbourg · texte numérisé non relu

V. Compensalion du Grand Pendule de Strasbourg

1° Effets de la température. — J'ai préalablement étudié les effets des variations de la température sur la composante verticale du grand pendule. Leur amplitude journalière est de l'ordre de o°,1; elle peut, exceptionnellement, atteindre o°,2. J'ai réalisé artificiellement des variations plus brusques et plus notables en chauffant la salle au moyen d'un radiateur électrique de 600 watts, que j'ai installé successivement en différents points de la pièce. Malheureusement, j'ai bientôt constaté

1. M. Kreis, directeur de l'Observatoire de Coire, a installé sur son appareil un nouveau dispositif, qui n’a encore fait l’objet d’aucune publication.

que, suivant l'orientation du réflecteur, les résultats obtenus étaient complètement diftérents : le déplacement de la plume se produisait même tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Ce fait doit être attribué à l'inégalité de l’échauffement et à la production des courants de convection provoquant, suivant les cas, une hausse de température plus rapide pour l’un des ressorts que pour les trois autres : d’où modification de l’équilibre du système. Aucune conclusion ne pouvait être tirée de cette première série de mesures.

Pour les études suivantes, je me suis borné à utiliser l’'échauffement produit par la lampe électrique située tout près du plafond de la salle, et par la présence de l'observateur. Les inconvénients précédents ont été totalement supprimés, et les phénomènes se sont montrés constants. La hausse de température est d'environ 0°,4 pendant un tour du cylindre enregistreur, c'est-à-dire 18 minutes; quand l'observateur quitte la salle en éteignant la lampe, la baisse est de 0°,4 en 18 minutes avec la même régularité. Des variations de température de cet ordre sont suffisamment importantes pour qu'il soit aisé d’en étudier les effets.

D’après la formule (50), on trouve que pour une hausse de température de 1°, la masse s’abaissera de o mm. 06 (la période de l’appareil étant égale à 1°,0). Ce déplacement correspondrait, pour un agrandissement de 1200, à une déviation de la plume égale à 7 cm. par degré. La dilatation des tiges de liaison agit en sens inverse : elle correspond à une déviation d'environ 4 cm. par degré; la déviation résultante est finalement d'environ 3 cm. pour un degré. Ce calcul ne tient pas compte de l'effet des liaisons élastiques qui ne peut être évalué. On s'explique donc qu’il y ait un certain écart avec l'observation : effectivement, la déviation mesurée est d'environ 2 cm.

A titre de comparaison, j'ai procédé aux mêmes opérations pour le vertical Wiechert de 1200 kgs (période 3*,5, agrandissement 180) : la déviation de la plumeest de 12 mm. par degré. Sa sensibilité aux variations de température n’est donc pas très inférieure à celle du grand pendule, malgré la différence des dimensions des deux appareils, et malgré l'installation sur le

Wiechert du dispositif de compensation décrit plus haut (voir p. 97). J'ai toutefois tenté, sinon de supprimer complètement, tout au moins de réduire l'importance des effets thermiques sur la composante verticale du grand pendule.

» Principe. — Le principe consiste, comme pour le vertical Wiechert, à obtenir le déplacement du point d'appui d’un des leviers. Pour atteindre ce résultat, j'ai utilisé la variation du coefficient d’élasticité d’un ressort avec la température.

J'ai indiqué plus haut (voir p. 29) les raisons pour lesquelles le point d'appui du premier levier. doit rester absolument fixe; c’est pourquoi on ne peut agir que sur ce-

M p lui du deuxième levier. Il faut le déplacer d'une quantité proportionnelle aux variations de température et

Q S dans un sens tel que le le-

FiG. 41. vier ne subisse aucune ro-

tation quand la tempéra-

ture varie. Cette quantité est facile à déduire des nombres in-

diqués plus haut sachant que l’amplification du premier levier est égale à 10°.

D'autre part, les variations de longueur d’un ressort tendu de dimensions pratiques sont assez petites : il est donc nécessaire de les amplifier au moyen d’un levier. La plaquette sur laquelle le deuxième levier prend son point d'appui est fixée en B au levier OB, mobile autour de l’axe de rotation O, et maintenu par le ressort RA, dont la tension est F — 6, 8 étant le coefficient d’élasticité, et ? l'allongement à la température initiale. Pour une hausse de température de 1° ou aura :

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