‹ Recherches sur les séismographes destinés à l'inscription de la composante verticale du mouvement du solChapitre 82 sur 95 · DD · texte numérisé non relu

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tout cas, très nettes à partir de 14000 kms. Ainsi disparaîtrait une des bases sur lesquelles Gütenberg paraissait fonder ses vues théoriques.

Ces remarques ne conduiraient d’ailleurs nullement à infirmer l'existence du noyau. Aussi bien, on n’aperçoit pas aujourd'hui d'autre hypothèse qui permette d'expliquer certains phénomènes d’une façon aussi salisfaisante (disparition des P vers 14000 kms. et apparition des P'vers 11000 kms.). Le doute qui plane sur l'existence d’un « Brennpunkt » à 16000 kms., et sur celle du double train P', et P', conduirait simplement à remettre en question la forme de la trajectoire et les hypothèses relatives à la loi de répartition de vitesse dans les différences couches.

3° Les S,P,P. Elles commencent, d’après Gütenberg, vers 14600 kms. et présentent un maximum pour cette distance : il s’agit d'un autre foyer (Brennpunkt)'. J'ai effectivement constaté leur apparition vers 15000 kins. sous forme d'impulsions importantes. Elles devraient ensuite se dédoubler en deux trains, comme les P': je n'ai rien observé de tel, mais pour ces distances, je n'avais pas une très grande richesse de données.

4° Les S,P,S et les S,P,P,S. Elles apparaissent avec une très grande irrégularité sur les inscriptions : il est frappant de remarquer qu’au contraire les P, P' et PR, conservent à peu près le même caractère pour toutes les inscriptions relatives à une distance donnée. Il y a là un fait difficile à expliquer : on songerait d’abord à des anomalies du noyau, mais alors, on devrait en constater aussi l'effet sur les P', ce qui ne semble pas vérifié. Le problème reste donc entier.

5° Les autres phases, par suite de leur irrégularité, de leur rareté, ou de leur manque de netteté n’appellent aucune remarque particulière. Pour pouvoir tirer une conclusion de leur examen, il serait nécessaire d’avoir à sa disposition, en vue de la discussion, un nombre beaucoup plus considérable d'inscriptions. ;

6° J'ai déjà signalé que pour des distances de 17000 kms. el au delà apparaissaient quantité d’impulsions qui ne peuvent

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être identifiées avec les phases des tables. Leur étude systématique présenterait un vif intérêt soit pour la rectification des hypothèses de Gütenberg, soit pour l'introduction de nouvelles hypothèses.

B) Les ondes transversales peuvent-elles se propager dans le noyau?

La question de l’état physique du noyau a été l’une des plus controversées'. Le noyau étant soumis à des températures et à des pressions que nous ne connaissons pas, peut d’ailleurs posséder des propriétés élastiques intermédiaires entre celles des solides et des liquides tels que nous les connaissons. La séismologie doit pouvoir arriver à décider si les propriétés en question rapprochent le noyau plutôt de l’un des deux états que de l’autre.

Gütenberg”, implicitement, penche en faveur de l’état solide, car il admet que les ondes transversales peuvent s’y propager (ondes $', P,S,P et autres ondes complexes), Il ajoute toutefois cette restriction que les ondes S' seraient de faible amplitude; il constate, d'autre part, que les ondes P,S,P et autres ondes complexes n’ont jamais pu être observées, et que les observations relatives aux ondes S' sont peu concluantes.

Malcewane*, dans son mémoire sur le séisme de l’île Macquarie, a cru distinguer des $', et même le double train S', et S', : ses planches montrent des impulsions très nettes qu'il attribue à ces phases. Les durées de propagation qu'il donne pour elles s’écartent largement de celles prévues par Gütenberg. Si donc la théorie n’est pas manifestement infirmée, il serait téméraire de prétendre qu'elle est vérifiée.

Dans mes observations, je n'ai jamais trouvé de phase nette correspondant aux $' définies par Gütenberg; il semble bien que si les ondes transversales se propagent dans le noyau, c'est

1. Consulter à ce sujet l'exposé de la question dans l’ouvrage de M. E. Rothé, 22, pp. 33-36.

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en y subissant une absorption considérable, ce qui conduirait à concevoir que le noyau est sinon liquide, tout au moins pâteux.

D'ailleurs, la question ne peut être tranchée que par des mesures quantitatives ; il est nécessaire de connaître le plan et les directions de vibration de chaque phase, pour pouvoir affirmer en connaissance de cause sa nature, longitudinale ou transversale. C’est par la solution de ces problèmes que la séismologie pourra encore faire progresser nos connaissances sur la constitution interne du globe.

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