CH»OH
L'obtention de cet alcool triatomique est intimement liée à celle du tribromure mésiljlénique. Ce dernier ne se forme jamais qu'en très petites quantités, à cause des nombreux isomères qui prennent naissance en même temps que lui et de l'altérabilité par les haloïdes des groupes méthyles, surtout quand ces groupes occupent les positions caractéristiques du métaxylènc (positions 1,3 ou 3,5, etc.). En bromanl à chaud le mésitylène avec la quantité de brome suffisante, il est possible de séparer le tribromure par distillation dans le vide; il se trouve dans les portions passant de 190° à soS*^, d'où on le retire par refroidissement, mais le rendement est faible» Après avoir en vain tenté de l'isoler des produits liquides dans lesquels il est en solution par distillation avec la vapeur d'eau, j'ai cherché à l'obtenir par l'intermédiaire de l'alcool triatomique correspondant.
Cet alcool peut se retirer du résultat brut d'une tribromuration. On saponifie le produit au réfrigérant ascendant par 3o fois son poids d'eau contenapt en suspension un excès de carbonate de plomb.
Au bout de vingt-quatre heures, on opère la concentration sous pression réduite, après avoir filtré. A la soin- C. 1
10 A. COLSOV.
tion réduite au j^ dans laquelle se trouve la glycérine^ on ajoute un peu d'oxyde d'argent pour précipiter les éléments du bromure de plomb à Tétat d'oxyde de plomb et de bromure d'argent; on filtre, et par quelques gouttes d'hydrogène sulfuré, on précipite les traces d'oxydes métalliques restées en solution. La solution, filtrée de nouveau, est abandonnée dans le vide jusqu'à siccité. On procède ensuite à de nombreux lavages du résidu ; d'abord à Tétber sec et au chloroforme bouillant pour séparer la glycérine du glycol mésitylénique et des corps organiques bromes, puis on la dissout dans un mélange d'alcool et d'élher qui laisse intacts les corps minéraux; enfin, après nouvelle évaporation du solvant, on reprend par une petite quantité d'eau qui enlève la glycérine sans toucher aux alcools bromes qu'elle renferme encore.
Malgré ces précautions, les résultats ne sont pas toujours constants ; j'ai pu cependant obtenir par cette méthode uu corps exempt de brome, dont la composition était sensiblement celle de la glycérine cherchée et qui, en solution bromhydrîque, régénérait le tribromure fusible à g5®.
Analj'se.
Matière o,3i8
d'où
G correspond pour i oo . .
au lieu de 64>28
iM
Il est avantageux de remplacer cette marche longue et pénible par la suivante :
Transformons, entre i8o°-igo**, le bibromure mésitylénique en tribromure, et saponifions par l'eau et le carbonate de plomb la masse visqueuse qui en résulte. Puis, après avoir évaporé au bain-marie dans le vide la solution
MÉTHYLBEUZIiNES. l I
aqueuse de glycérine exempte d'oxyde de plomb el d'argent, redissolvons-la dans dix fois son poids d'eau, el agitons à plusieurs reprises avec de Tétlier et du chloroforme-, Teau contient alors la glycérine à peu près pure, et l'abandonne par évaporation sous forme d'un liquide incolore, visqueux, très hygrométrique, insoluble dans l'éther et le chloroforme , miscible eu toutes proportions à Teau et peut-être à TalcooL Au bout de plusieurs semaines, dans l'air sec, la masse visqueuse se soldifie presque entièrement et l'on aperçoit, comme dans l'échantillon précédemment analysé, des cristaux qui paraissent appartenir au système rhomboédrique. La valeur maximum de l'angle mm observée au microscope est de 117**; la double réfraction est faible*, l'extinction a lieu suivant la bissectrice; les axes optiques sont dans le plan g^. A l'air, ces cristaux tombent en déliquescence, mais dans l'air sec ils existent encore à une température de 4o° (*)•
Tribromure m^ésitjlénique ; tribromhjdrine mésicérique C«H»{CH»Br)».
En solution bromhydrique bouillante, l'alcool iriatomique se change en une huile rouge, puis par refroidissement en cristaux. Ceux-ci fondent à gi^'^S après compression et recristallisation dans Talcool, ou mieuxdans l'éther de pétrole, et sont identiques aux cristaux obtenus par bromuration directe.
Ils sont solubles dans l'alcool, Téther, le chloroforme, la benzine, les pétroles, et se présentent au microscope en longues aiguilles très biréfringentes, constamment négatives, dont l'extinction a lieu à i4^ environ de la zone de l'allongement : elles sont donc monocliniques ou tricliniques. Elles donnent à l'analyse :
(') L'analjse de la glycérine présente une difficulté profenant de ce qu'il est très rare de l'obtenir exempte de corps minéraux.
A. GOLSOM
Théorie
Matière.
AgBr. Rr pour 100.
poiirC'H^Br^