CHAMP D'ACTIOX DE BOUDDHA
Préceptes bouddhiques. — Cette période, qui comprend près de quarante aimés, commence à peu près vers l'époque du second voyage de Bouddha à Kapilavastu. Nous ne trouverons plus aucun ordre chronologique dans tous ces épisodes légendaires ; ce ne sont que des arrangements après coup, agencés diversement, sans lieu, sans date, sans fondement historique. Les textes plus récents, qui ont la prétention de classer par années cet amas anecdotique, ne sont généralement que de pures inventions, ne reposant sur aucun texte «pâli», vu qu'il
n'existe pas, dans cette langue, de biographie de Bouddha suivant un ordre chronologique rigoureux. Donc les textes chinois, qui ne sont que des traductions plus ou moins fidèles des livres hindous, et des recueils de légendes, ne peuvent jeter aucune lumière sur l'enchaînement chronologique des diverses parties du récit*
Par ailleurs, le genre de vie adopté par Bouddha et ses bonzes est mis en relief d'une façon bien patente.
Chaque année, pendant les trois mois de pluies, qui rendent les voyages difficiles dans l'Inde, Çakyamouni fixait sa résidence dans l'une ou l'autre des grandes bonzeries bâties près des faubourgs des villes, en dehors du tumulte, et à proximité de ces grands centres, pour la facilité des approvisionnements.
Le plus souvent, il choisissait le vaste parc de « La Bambouseraie», près de Radjagriha (ci-dessus, pp. 180 seq.), ou les délicieux jardins du prince Jeta, à Sravasti (pp. 242 seq.). Des étangs couverts de lotus, une verdure luxuriante, des parterres tapissés de fleurs, de vastes couvents à l'aspect grandiose et renfermant tout ce que l'architecture et la statuaire avaient produit de plus artistique, concouraient à en faire des séjours enchanteurs.
La saison des pluies passée, Çakyamouni reprenait ses lentes pérégrinations à travers le Magadha, le Kosala, le pays de Vaisali et les régions voisines.
Ce genre de vie, surtout pendant la période médiane, laisse le champ libre à l'imagination des bouddhistes; il a été exploité de différentes manières suivant le but des intéressés. Les sectes dissidentes ont imaginé des discours prononcés, des prodiges opérés pour confirmer leurs assertions ; nous allons voir se dérouler clans les articles suivants les fameux textes sur lesquels elles prétendent bâtir leurs systèmes.
Dans ce chapitre, nous verrons se dessiner plus nettement la mission du bouddha, le pouvoir illimité dont il use pour accréditer son enseignement et les diverses classes d'êtres auxquelles s'étend sa prédication, jusqu'au jour où il entre pour