CONVERSION DE 500 MEMBRES DE SA FAMILLE
500 hommes de la famille Çakya, témoins des prodiges et de l'état surhumain de la personne de Çakyamouni, vinrent le prier de leur pardonner toutes leurs fautes passées et de les admettre dans la compagnie de ses suivants. Bouddha raconta ainsi l'histoire de leur existence précédente :
«Un vieillard nommé Je-yuc té Q F4 ^§[, Suryacandra, eut 500 fils et petits-fils (2). Il ne cessait de les exhorter à suivre la doctrine du bouddha P'i-p'ouo-che |flj(; ^ p, Vipaçyi, le premier du présent kalpa. Ses enfants n'ajoutaient aucune croyance à ses dires. Intelligents par ailleurs, versés dans toutes les connaissances littéraires et scientifiques, ils avaient coutume de s'excuser en disant: «Nous n'avons trouvé cette doctrine « dans aucun de nos livres ; notre vieux père a été aveuglé par «les bonzes!» Tous ces hommes tombèrent subitement malades et arrivèrent bientôt aux portes de la mort. Leur vieux père ne se lassait pas de leur répéter:
«Votre incrédulité est la cause de vos maux. Croyez-moi, « invoquez le nom de Vipaçyi, et vous obtiendrez du moins la
( 1 ) Ce fut à cette occasion que Bouddha formula les huit procédés respectueux imposés aux femmes. Cf. Rémusat, Fou-koué-ki, p. 111. — Che-kiache-pou %$ M ff: fia. édition japonaise, p. 81.
(2) Ces nombres: 500, 84.000... v. g. 500 éléphants, 84 000 stupas etc., sont des idiotismes hindous, qui signifient simplement: plusieurs, beaucoup. Ils ne doivent pas être pris à la lettre ; notons-le une fois pour toutes.
«faveur de renaître au ciel, après votre mort. Il n'est que temps, «car le glaive de l'impermanence va trancher le fil de vos jours.»
«Ces hommes suivirent enfin le conseil de leur père, invoquèrent le nom du bouddha et reprirent naissance parmi les devas des cieux. Cependant, en punition de leur incrédulité passée, ils ne méritaient point la faveur d'entendre la prédication de la vraie loi. Vous êtes ces hommes, dit Bouddha aux princes convertis; maintenant que, dociles à ma voix, vous vous repentez de vos travers passés, vous méritez d'arriver à la vérité, vos yeux s'ouvrent à la vraie lumière.»
Ces gentilshommes firent connaître au roi leur intention de quitter le siècle pour s'adonner à la pratique de la perfection. «Allez plutôt vous-mêmes exposer votre projet à Bouddha»? répondit Suddhodana. Tous vinrent donc s'offrir à Çakyamouni, qui les accueillit avec la formule habituelle: «Moines, soyez les bienvenus ! » Tous se firent bonzes.
ARTICLE III