‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 121 sur 180 · ART. III. BOUDDHA CONVERTIT LES ANIMAUX ET LES HOMMES · texte numérisé non relu

ART. III. BOUDDHA CONVERTIT LES ANIMAUX ET LES HOMMES

largement, pour subvenir à toutes leurs dépenses en compagnie des mauvaises femmes. »

Le père informa le roi de ce qui se passait. Il le pria de promulguer des règlements qui missent fin à un tel état de choses, puis de condamner à la peine capitale toutes ces méchantes créatures. Le roi reconnut le bien-fondé de ces plaintes et répondit: «Si vos fils vous ruitient, vous qui êtes si riche, que penser des personnes moins fortunées? Quant à faire mourir ces femmes, jamais! Je crois à la doctrine de Bouddha, et je me ferais scrupule de tuer même une fourmi ; comment tuerais-je des hommes? Du reste, Jou-lai jjjft 3$. peut les convertir; allons ensemble le trouver.» Jou-lai ^p ?jç pria le roi de faire rassembler toutes ces prostituées par son ministre Tchen-t'ouo-lo ]fâ fâ ^.

Le roi, frappant sur son tambour d'or, convoqua tous les grands de sa Cour et tout le peuple à une assemblée plénière. Bouddha s'y rendit, accompagné de ses 1.250 bonzes. Ceux-ci, en vertu de leur pouvoir transcendant, se transformèrent de diverses façons, volèrent dans les airs et exhibèrent leurs prodigieux prestiges. Les prostituées furent toutes converties et se plièrent à l'observation des cinq préceptes.

Un novice de 100 ans. — Un vieillard de Radjagriha, ayant atteint la centaine, et nommé Che-li-pi-t'i p ^1] $£ $|, Srivriddhi. entendit dire que la vie des bonzes était une source d'immenses mérites. Il prit aussitôt la résolution d'embrasser cette vie et alla trouver Bouddha dans son monastère de «La Bambouseraie », au Magadha. Quand il demanda à être introduit près de Çakyamouni, on lui répondit qu'il était absent.

«En son absence, reprit le vieillard, qui est celui qui le remplace pour traiter les affaires du monastère? — C'est Sariputra», répondit-on. Il va donc s'adresser à Sariputra et le prie de l'admettre au noviciat des bonzes. «Vous êtes trop âgé, reprit Sariputra. Vous ne pouvez plus étudier; vous n'arriverez jamais à être un contemplatif; par ailleurs, vous n'avez plus les forces suffisantes pour rendre des services: pour ces trois motifs, je ne

puis vous recevoir dans notre ordre. Retournez chez vous.» Kâsyapa, Upali et tous les arhats lui firent invariablement la même réponse. Le vieux sortit du monastère et s'arrêta tout en larmes près de la porte extérieure. Bouddha alla le trouver et lui demanda avec une douce affection la cause de son chagrin.

Le vieillard, apercevant Bouddha rayonnant de gloire et lui adressant la parole avec tant de mansuétude, se sentit rempli d'une grande joie intérieure, comme un fils en présence de son père. Il se jeta à ses pieds et lui dit: «Quelle faute ai-je donc commise, pour qu'on refuse de m'admettre parmi les bonzes? — Qui vous a dit que les vieillards ne peuvent être admis? — Sariputra et tous vos disciples, répondit le vieux. » Bouddha le consola et lui dit: «Ne vous affligez plus: l'admission des bonzes est une affaire qui me regarde seul. Sariputra et les autres n'ont rien à y voir. Venez, suivez-moi. » Bouddha rentra au monastère avec le vieillard et commanda à Mugalana de l'admettre au rang des bonzes. « Ce vieillard, ajouta-t-il, est destiné à devenir arhat. » La suite prouva la justesse de cette prévision.

ARTICLE IV

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