DÉLIVRANCE DES ÂMES FAMÉLIQUES
Maudgalyayana, après l'acquisition de son pouvoir préternaturel, voulut sauver son père et sa mère, pour s'acquitter du
il) Cette légende, comme la précédente (p HOU), a foui ni un motif d'illustration aux artistes tibétains Cf. HacUin, pi. XVII.
devoir de la piété filiale. En vertu du don de double vue, il aperçut sa mère au milieu d'une troupe d'âmes faméliques (prêtas) ; elle était maigre et privée de tout aliment. A cette vue, son cœur se fendit de tristesse. Il prit un bol de nourriture et alla le lui offrir. Sa mère prit le bol dans sa main gauche et voulut, de sa main droite, porter les aliments à sa bouche; mais ils n'avaient pas encore touché ses lèvres, qu'ils s'enflammaient et tombaient en cendres. Maudgalyayana, éploré, alla conter sa peine à Bouddha. «Ta mère a commis des péchés graves, répondit Bouddha. Tes propres forces ne suffisent pas pour la tirer de sa lamentable situation. Les esprits des cieux et de la terre ne réussiraient pas mieux. Il ne te reste qu'une ressource: c'est d'inviter tous les bonzes de grande vertu, à unir comme en un faisceau toutes leurs forces transcendantes pour la sauver, et c'est cette institution libératrice qu'il me faut établir maintenant. J'ordonne donc que tous ceux qui veulent délivrer leurs parents jusqu'à la septième génération, préparent des mets succulents, des friandises, et invitent tous les bonzes les plus vertueux de la contrée à venir s'asseoir à un banquet. Après le festin, ils prieront pour obtenir d'abord toutes sortes de félicités et des centaines d'années de vie à leurs pèies et mères actuellement existants, puis la délivrance de leurs parents morts, qu'ils tireront de la foule des âmes faméliques, pour les faire renaître au ciel et jouir d'un bonheur sans nuages. Les disciples de Bouddha doivent exceller dans la piété filiale, avoir toujours leurs parents présents à la mémoire et, chaque année, le 15 de la VIIe lune, célébrer avec éclat la fête du Yu-lan-hoci jÏ& fM 1É< pour faire l'aumône aux bonzes (1).»
(I) Cf. Recherches, t. VI, pp. 159-162 - Manuel des Superstitions, pp. 82, 134.