‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 22 sur 180 · RETOUR DU PARC DE LUMBINI AU PALAIS · texte numérisé non relu

RETOUR DU PARC DE LUMBINI AU PALAIS

Le grand ministre Basita (1), qui avait accompagné la reine, s'entretenait hors la porte clés jardins de Lumbini, avec les brahmes de haute caste, au moment où la terre se mit à trembler comme un vaisseau roulé par les vagues. Quand le tonnerre éclata dans un ciel sans nuages, quand les accords mélodieux d'un céleste concert frappèrent leurs oreilles, tous se demandèrent quelle pouvait bien être la cause de ces prodiges. Soudain, une

(t) Basita était son nom de famille; de son propre nom il s'appelait Mahânama.

dame de la cour s'avance à pas précipités, et d'un air joyeux leur apprend l'heureuse nouvelle : " La reine vient de mettre un fils au monde, dit-elle au ministre ; allez vite en informer le roi. " Basita fit atteler quatre de ses plus rapides coursiers, sauta en char et partit comme un ouragan sur la route de la capitale. Avant même de paraître devant le roi, il frappa à coups redoublés sur le tambour des fêtes placé à la porte du palais. Le roi était alors assis sur son trône et traitait les affaires d'Etat avec ses ministres. " Oui frappe sur le tambour des réjouissances avant même de m'en avoir parlé, s'écria-t-il? — C'est le grand ministre Basita, reprirent les gardes; il vient d'accourir au grand galop. — Qu'il veuille bien se présenter, ajouta le roi. — Soyez toujours victorieux! grand roi, soyez toujours honoré! dit-il en s'inclinant devant Sa Majesté; la reine Maya vient de mettre au jour un enfant brillant comme l'or pur, resplendissant comme un soleil et honoré par tous les devas. "

Le roi, au comble de la joie, se disposa à partir pour le parc de Lumbini, afin de voir son nouveau fils. Dès son arrivée, une des dames de la cour prit le jeune prince, et le remit dans les bras du roi en disant: " Le royal enfant salue son père."

Un palanquin précieux, chef-d'œuvre artistique du deva P'i-cheou-kié-mo $. H* $§ }$> Visvakarman, descendit du firmament. Les quatre grands Kin-kang ^ p|J, Maharajas, prirent la figure de quatre brahmes d'une grande beauté, et chargèrent le palanquin sur leurs épaules, tandis que Sacra (Indra), sous l'aspect d'un jeune brahme aux cheveux enroulés en spirales, en livrée jaune, tenant d'une main une fiole d'or et de l'autre un bâton incrusté de perles, prit la tête du cortège et cria:

" Livrez passage, tenez la voie libre ! Le plus grand des mortels fait son entrée dans la capitale ! "

Pendant le trajet, Brahma et tous les devas chantaient des

hymnes de louange:

Au ciel et sur terre, qui est comparable à Bouddha? Dans toutes les régions de l'univers, où trouver son égal?

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