‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 25 sur 180 · ART. V. — LHOROSCOPE DU PRINCE · texte numérisé non relu

ART. V. — LHOROSCOPE DU PRINCE

porte sur son corps, deux seulement ont rapport à la vie séculière. S'il veut rester dans le monde et jouir des avantages du siècle, il deviendra roi universel avec les "Sept Joyaux" (1); s'il renonce à sa dignité royale pour se faire bonze, il deviendra Jou-Iai #p ?fc (Tathâgata ou Nyorai, titre d'honneur donné aux bouddhas), l'univers publiera sa miséricorde, et sa renommée n'aura point de limites. "

Comme confirmation de leur prédiction, ils conseillèrent au roi de consulter le fameux ascète Asita (A-se-t'ouo PpT % |?£)f du mont Hiang-chan § \\} (Sarvadhâra) (2).

Au moment même où le roi se demandait comment il pourrait le trouver dans ces lointaines montagnes, le richi ' Asita connut par intuition le désir du roi ; il monta sur les nuées du ciel avec son disciple Narada (3), fendit l'air avec la rapidité d'une flèche et se présenta au palais, demandant la faveur de voir l'enfant. Le roi et la reine lui présentèrent le petit prince ; alors le richi étendit ses mains sur sa tête, les posa ensuite sur ses cuisses, puis dit au roi :

(1) Les "Sept Joyaux" sont les caractéristiques du roi universel cakravartin. Plus loin, chap. II, art. I, on trouvera la liste de ces sept emblèmes-

(2) Rockhill, Life of Buddha, p. 18. Cette montagne est aussi nommée Kishkindha.

(3) Narada (Katyayana), appelé tantôt Naradatta, tantôt Naraka ou Nalaka, était fils d'un brahme du pays d'Avanti.

Le Fou-pen-hing-tsi-king ffi ~& ff M Mi liv- XXXVII, pp. 5-16, note que Katyayana avait été grand précepteur du roi Yajnadatta. — Spence Hardy (Manual, p. 149) dit que Narada fut conseiller du roi Sinhahanu. 11 se déclara disciple du fameux richi Asita, son oncle, qui alors habitait Yaranasi. Plus loin, chapitre III, art. VI, nous raconterons comment il se convertit au bouddhisme et se mit sous la conduite de Çakyamouni.

Narada, étant de la famille Katya, fut connu désormais sous le nom de Katyayana. Il fut encore reconnu comme chef d'école de la branche bouddhique des Sthaviras, Grands Anciens, et comme tel, il porte souvent le nom honorifique de «Grand membre de la famille Katya», Mahà Katyayana.

Sept mois après son admission dans l'ordre du Bouddha, il mourut dans sa solitude des Himalayas. Cf. Bigaudet, p. 48; Rockhill, p. 18, note 2,

" Ce prince brille comme l'or, sa tête est ronde, son nez droit, ses pieds unis, ses mains ballantes descendent jusqu'audessous des genoux, il porte une excroissance charnue sur le vertex, il a 40 dents, sa langue est longue et rouge, il a les yeux bleus. Sur son corps sont imprimés les 32 signes fastes et les 80 marques d'une glorieuse destinée ; certainement il sera moine, montera jusqu'au point culminant de la perfection, deviendra bouddha, et prêchera la doctrine du salut à tous les êtres de la terre et du ciel; tous ceux qui auront le bonheur de l'entendre seront affranchis du joug des passions. Au fait, ajouta le richi. un bouddha doit paraître ces temps-ci ; les devas m'ont appris qu'il devait naître au pied de l'Himalaya, dans la ville de Kapilavastu. "

Ces mots à peine achevés, le vieil ermite éclata en sanglots; les larmes coulèrent le long de ses joues. Le roi, effrayé, lui dit:

"Pourquoi pleurez-vous, grand richi? aurais-je failli à mes devoirs lors de la naissance de cet enfant, ou bien voyez-vous des présages néfastes? — Consolez-vous, reprit le richi, je vous certifie que tout fait bien augurer de son avenir, mais hélas ! je suis trop vieux, j'aurai cessé de vivre quand sera venu le temps où il doit proclamer la loi de salut qui sauvera le monde" (1).

L'ermite se dirigea vers la porte du palais, prit la main droite de son compagnon Narada, et tous deux disparurent dans les airs.

Le roi, réfléchissant à tous ces heureux présages, donna au petit prince le nom de Siddha (Si-ta ^ jg; ) ou Siddhartha (Si-ta-

touo mm %) (2).

(1) Cf. la visite et l'horoscope d'Asita, sur le bas-relief du musée de Lahore n<> 101. (Foucher, fig. 161). Asita pose le petit Çakyamouni sur ses genoux et porte la main droite sur sa tête, pour exprimer sa douleur de mourir avant d'avoir pu entendre son enseignement.

(2) Kin-kang-king-hoei-hoei-tsi-kiai É I || | t | M, Hv. 103, p. 4. Voici les principaux noms par lesquels on désigne le Bouddha (l'Illuminé):

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