LES CONCUBINES
Le roi donna à son fils deux concubines: K'iu touo-mi H ^ ^ et Lou-yé Jg jgf. D'après la plupart des auteurs, la première serait Gôtami et la seconde Mrigadâva (2).
(1) Fou-pen-hing-tsi-king $, ;£ Çf J| j&«j, liv. XII, pp. 7-17 ; liv. XIII, pp. 1-9. -Che-kia-pou U M ff, liv. II, pp. 40,41.
(2) Cf. Beal, The romantic history of Buddha, pp. 101, 102. - Rockhill, pp. 23, 24. — Mrigadâva était fille de Çakya Kàlika, de la ville de Mrigadjà. On la désigne par le nom de sa ville natale, — Le Bulletin de l'Ecole française
1. Gôtami, fille du ministre Pani, avait trois prétendants: Ananda et Devadatta demandaient sa main, et le roi Suddhodana voulait la donner à son fils. Pani se trouva clans une impasse. La refuser aux deux premiers, c'était se faire deux ennemis mortels; plus difficilement encore il pouvait aller contre les désirs du roi. Gôtami, sa fille, le tira de ce mauvais pas; elle fit savoir qu'après six jours écoulés, elle se rendrait au palais et choisirait elle-même parmi tous les gentilshommes celui qui lui conviendrait.
Au jour dit, elle prit son bain, revêtit sa plus riche toilette et prit la route du palais, accompagnée de sa mère et de ses suivantes.
Au premier rang des prétendants se trouvèrent Ananda et Devadatta, en grand costume de gala et habillés avec recherche. Siddhartha avait voulu, lui aussi, assister à cette élection, qui ne manquait point d'originalité. Après avoir jeté un regard inquisiteur tout autour d'elle, Gôtami dit à sa mère qu'elle trouvait ces jeunes gens attifés comme des femmelettes; qu'elle préférait Siddhartha, qui s'était présenté simplement vêtu. Les prétendants s'enfuirent couverts de honte, et le jeune prince emmena Gôtami dans son palais.
Dans une existence antérieure, elle avait déjà choisi Siddhartha pour époux. Tous deux habitaient l'Himalaya, l'un sous la figure d'un lion, l'autre sous la forme d'une tigresse magnifique. Les animaux se disputaient l'honneur de s'allier avec la tigresse; ce fut le lion qui eut sa préférence (1). Cette légende explique le rôle important du lion dans les usages bouddhiques: Çakyamouni fut jadis un lion dans ses existences antérieures.
2. Le Dulva tibétain, liv. IV, pp. 1, 23, 24 (traduction Rockhill), raconte la première entrevue de Siddhartha avec la jeune
d'Extrême-Orient, 1918, pp. 1-37, a an article sur les femmes de Çakyamouni. 11 les nomme: Gopi, fille de Dandapani; Raçodhara, mère de Yeahula, et Mrgajà.
(1) Fou-pen~hing-tsi-king $, # ft £ j&f, liv. XIII, pp. 9-17; liv. XIV, pp. 1-3.
art. x. — mariage. — vie de harem. 61
fille de Mrigadjâ.
Un jour, le prince passait par la ville de Mrigadjâ; la fille de Çakya Kâlika l'aperçut de sa fenêtre, et se mit à chanter le quatrain suivant :
Bienheureuse est sa mère!
Bienheureux est son père!
Jamais la douleur ne touchera
L'épouse qu'il se choisira.
En récompense de son joli compliment, le Bodhisattva lui fit présent d'un collier de pierres précieuses. Bientôt la voix publique raconta comment le jeune prince Siddhartha l'avait choisie pour épouse. Sept jours après le mariage, Çakyamouni s'évadait du palais.