‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 110 sur 176 · XI. La contemplation hâte-t-elle l'entrée au Si-t'ien · texte numérisé non relu

XI. La contemplation hâte-t-elle l'entrée au Si-t'ien

Elle peut être pratiquée simultanément avec les invocations à Amida, c'est entendu, mais hâte-t-elle l'entrée dans le céleste séjour? Question intéressante pour le Mysticisme contemplatif. L'auteur y répond sans se compromettre.

Les bonzes, dit-il, avec ou sans la méditation, pourvu cju'ils invoquent Amida avec foi et confiance, vont au Si-t'ien. Lequel y va le plus vite? Peu importe: l'essentiel est d'y arriver; en barque ou à cheval, un peu plus tôt, ou un peu plus tard, c'est là une question accessoire.

XIL On ne voit point Amida: il n'existe pas.

"Je crois à ce que je vois: or je n'ai point vu Amida: je n'y crois point".

Réponse. Vous n'avez point vu Confucius : donc il n'y a point de Confucius.

Vous n'avez point vu Yao, Choen, le grand Yu : donc ces premiers souverains n'ont point existé.

Raisonnement souverainement illogique.

L'objection la plus sérieuse, à laquelle les Amidistes ne répondent que par des textes falsifiés, inventés après coup, est celle-ci :

Les anciens Sutras ne parlent ni d'Amida. ni de la Terre pure, ni du Si-t'ien, etc.

Xin. Le Faux et le Réel.

Le corps est un composé destructil)Ie, qui se divise en ses 4 composants: la terre, l'eau, le feu, le vent. Ces quatre éléments, appelés les Quatre Grands, se séparent et se dissipent à la mort.

Les voluptés terrestres renferment bien des peines et des douleurs: la mort guette sa proie et n'épargne ni jeunes, ni

vieux; les courtes illusions de la jeunesse font vite place aux souffrances et à l'impuissance de la vieillesse. Pourquoi donc tant flatter, tant aduler ce misérable corps? Richesses, fêtes, festins, tout cessera bientôt avec ce corps mortel.

Que restera-t-ii ? Un esprit. "Chcn'" ; une âme responsable de tous les actes bons ou mauvais, accomplis durant la vie ; la loi du Karma lie inévitablement aux renaissances et à la métempsycose.

Il importe donc avant tout d'observer les prescriptions bouddhiques, de faire de bonnes œuvres, d'invoquer Amida, pour gagner le Si-t'ien.

Comparaison. L'âme est enfermée dans le tube de la métempsycose, comme une souris dans une corne de bœuf. Si elle ne se fait pas un trou pour en sortir, elle est condamnée à y demeurer sans fin.

Perçons le trou, invoquons Amida, pour sortir du cercle fatal et monter au Paradis de l'Ouest.

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