XXV. Dispositions à la prière
1° Eviter les distractions.
2° Réciter distinctement les prières, seul ou en commun.
3" Se laver les mains avant de se mettre en prière, et réciter trois fois le '"mantra" suivant : Ngan-tchou-kia-louo-yécha-ngo ml ^ l! lif if ^ m.
La fin du second volume contient de longues listes de bonzes, de bonzesses, de fonctionnaires et de lettrés qui sont parvenus au Si-t'ien.
Conclusion: ils y sont allés, donc moi aussi j'y puis aller, si je les imite.
De nombreux exemples de grands pécheurs convertis achèvent d'inspirer une confiance illimitée dans la miséricorde et la puissance d'Amida.
CHAPITEE IV.
L'AffllDlSME CONTEMPORAIN LA MORALE
ARTICLE I
r'Ouvi*aft-e In-kouo-clic-loii.
L'ouvrage populaire intitulé : In-kouo-che-lou [^ ^ ^ ^ : "Vraie généalogie de la rctrilnition" (1). expose au point de vue pratique le grand ])roblènie de la rétribution d'outre-tombe.
Le plan de l 'auteur est des plus simples, mais parfaitement adapté au goût des Chinois, qui s'intéressent toujours à la marche des procès, et aux jugements prononcés par leurs mandarins.
Il s'agil d'un lettré, homme de bien, bouddhiste pratiquant, qui par erreur a été saisi par les satellites de Yen-wang [^ ^. le roi des enfers. On le fait passer par la filière juridique, et de tribunal en tribunal il arrive devant le roi des enfers, cjui reconnaît son innocence et rac(|uittc. Yen wang j^ ^ profite de cette occasion pour lui ex])lif|uer i)ar le menu toute la législation de l'autre monde au sujet du jugement a])rès la mort, et la juste rétribution des œuvres bonnes et mau\aises. A\ant de le renvoyer sur terre, il veut encore le faire assister à une séance de jugements, afin qu'à son retour il ])uisse certifier aux incrédules la parfaite réalité des peines et (\e<. récompenses de l'autre vie.
(1) Cet ouvrage a été bien souvent réimprimé. Nous suivrons l'édition de 1871, T'ong-tche (Sin-wei), [a] iç} (^ ^), imprimée à Jou-kao iW M, Yu-té-t'ang W li "M-
ART. I.~l/0UVRAGE IN KOUO-CHE-LOU. 223
Après son retour sur la terre, le lettré écrivit le livre en question. Pour comprendre parfaitement le récit (|ui va suivre, il est important de connaître les formalités judiciaires, en usage dans le royaume des morts.
La Chine est divisée en cinq grandes provinces, dont chacune est soumise à la juridiction suprême d'un des cinq monts sacrés. Le dieu du mont sacré de l'Est, ou de T'ai-chan ^ [i| est le supérieur des quatre autres, et son tribunal est la suceur, sale terrestre du gouvernement du royaume des morts. C'est lui qui est chargé de pourvoir à la réincarnation de ceux qui ne sont pas encore affranchis des liens de la métempsycose.
Donc, quand un homme meurt, son âme est conduite au ^ribunal du T'ou-ti lao-yé ± Ol ^ |^. chargé de la police du lieu; celui-ci la fait conduire au Tch'eng-hoang -^ \^ de la sou.s. préfecture. Le Tch'eng-hoang doit l'envoyer sous escorte à la cour provinciale du Mont sacré dont il relève. Le dieu du Mont sacré charge son intendant général (1) de la conduire à Yenwang (^ J. le roi des enfers, qui doit la juger en dernier ressort.
Trois cas peuvent se présenter.
1° C'est un juste, entièrement purifié: le roi de enfers le fait conduire au Ciel.
2" C'est un méchant qui n'a fait aucune bonne action : Ycn-wang le condamne aux supplices de l'enfer.
3° Il }■ a en lui un mélange de bien et de mal, il n'est ni absolument bon. ni absolument mauvais: un tel sujet est renvoyé au tribunal du dieu de T'ai-chan ^ li|, appelé vulgairement Tong-yo-ta-ti '^ ^ :k ^- Ce dieu lui assignera une renaissance heureuse ou pénible, selon que prédomine en lui le bien ou le mal.
Ces préliminaires posés, nous donnerons une traduction l:)Ution".
alîrégée de l'ouvrage intitulé: "La vraie généalogie de la rétri
(1) Cet intendant général se nomme Tou-t'ong-se $jl ^ ^.
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ARTICLE II
Début de la ''\ raie généalogie de la rétribution" Préliminaires du jugement. Formalités et Procédure.
A Hiao-kan-hien ^: j[^ H. au Hou-k'oang- '{^^ ^, vivait un lettré nommé Lin Se-k'i ^i |n] jljt, fidèle observateur des abstinences et des préceptes bouddhiques; matin et soir il ne manquait jamais de réciter le Kin-k'ang-k'ing ^ ||lj ^g. bien qu'il n'en comprit point le sens; en résumé, c'était un homme droit, aimant le bien, et possédant l'estime de tous ses compatriotes. Or. voici (|ue l'an 1(508. l'année Ou-siu /je ^^j^ du règne de Choen-tche jl|| j-^, le deuxième jour de la troisième lune, au matin, au moment où il offrait ses hommages au génie du Ciel, il fut appréhendé par les satellites de l'autre monde. On le conduisit tout d'aliord au T'ou-ti ±^ i^, ou Esprit gardien du lieu; le second jour il fut mené au Tch'eng-hoang ^ \^: le troisième jour on le livra à la cour provinciale du souverain du ]\Iont sacré de l'Ouest, Hoa-chan i^ \lj. Trois ou quatre cents défunts se trouvaient alors réunis dans le tribunal. Le dieu de Hoa-chan décréta que tous seraient remis aux mains de son intendant général Tou-t'ong-se ^^ ^ p\. pour être traduits le jour suivant au tribunal de Yen-wang f^ 3i, le roi des enfers.
Tous ces morts étaient déguenillés, chargés de fers, et portaient la cangue. Les sbires du tribunal de l'autre vie remirent tous leurs captifs à l'huissier P'an-koan fij 'g", avec leurs noms et accusations. Lin Se-k'i ;|vjv |î|ii] ^jt avait un libelle d'accusation ainsi formulé: "Le criminel tueur de boeufs Ling Chc-k'i ^ ib -pf. tlu village de Li-chou-ts'uen ^ §t #, dans la sous-préfecture de Hiao-k'an-hien ^: j^^ j|^,. L'huissier P'an-koan. en l'examinant, aperçut des rayons de lumière ((ui brillaient au-dessus de sa tête.
ARt. II. — GÉNÉALOGIE t)E LA RETRIBUTION. 22o
"Combien as-tu tué de bœufs? lui demanda-t-il. - Ngomi-touo-fou |îpy ^ l^-g f^ ! Je n'ai jamais tué un seul bœuf. - Mais puisque tu n'as point tué de l)œufs. pourquoi ce lil^elle d'accusation porte-t-il ces mots: "Criminel, tueur de bœufs"? P'an-koan ajouta: "Tu habites bien le village de Li-chou ts'uen ^ ID" #. n'est-ce pas? - J'habite Li-chou-ts'uen ^ i§^ J^, et non pas Li-chou-ts'uen ^ lit #. — Quel âge as-tu? — J'ai 41 ans. ~ Quel est le mois, le jour et l'heure de la naissance? -Je suis né à l'heure Tch'en ^, (entre 7 et 9 heures du matin), le troisième jour de la première lune". L'huissier consulta ses registres, et trouva au village de Li-chou-ts'uen ^ ^ ^ : Un tel... doit vivre jusqu'à l'âge de 78 ans.
"Pourquoi a-t-on amené cet homme là? grommela-t-il ; ce libelle d'accusation ne concorde point avec mes registres. Les noms diffèrent; ceux des villages diffèrent également; les dates de naissance ne cadrent point non plus. Le tueur de bœufs est Ling Che-k'i .^ ■± ^, âgé de 06 ans, et habitant le village de Li-chou-ts'uen ^ ^ ;f;i|- ; toi, tu t'appelles Lin Se-k'i fvf( j|^ %% tu habites Li-chou-ts'uen ^ ^ :^, et tu es âgé de 41 ans. Il y a erreur manifeste.
Ce tueur de liœufs est un scélérat qui a fléjà tué plusieurs centaines de bœufs de labour, et toi, tu es un homme vertueux, assidu à la récitation des prières bouddhiques: ton front auréolé de lumière m'en est une preuve". — Le lettré dit alors à P'ank'oan : "Pendant ma vie je n'ai pas fait beaucoup de bien; je me suis seulement abstenu de mal faire. Depuis l'âge de 17 ans, j'observe les prescriptions et abstinences bouddhiques, et chaque jour, c|uelles que soient me occupations, je ne manque point de réciter un chapitre du Kin-kang-king, a^'ec plusieurs centaines d'invocations à Ngo-mi-touo-fou. — Tu es un brave homme, continua P'an-koan ; si les satellites m'avaient amené par erreur un homme ordinaire, ils seraient déjà gravement en faute; ils sont bien plus coupables enct)re, pour avoir, contre tout droit, saisi un homme de bien. Dans toute cette affaire, les autorités
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locales ont aussi leur part de responsal^ilité. A'^euillez venir vous asseoir dans le parloir de l'Ouest, mon brave homme, je vais déférer votre cas au rr)i des enfers, et vous serez remis en liberté".
Deux serviteurs en livrée bleue vinrent le conduire au parloir de l'Ouest, nommé : Salon d'attente du Paradis de rbuest (1).
Trois hôtes s'y trouvaient déjà, une femme et deux homnjes ; tous portaient des habits de religieux et leurs doigts étaient ornés de perles précieuses. Tous se lèvent, viennent saluer le nouveau venu et lui offrent la première place. "Veuillez bien attendre ici un moment, lui dirent les serviteurs; dès que le roi sera arrivé dans la salle des jugements, on frappera trois fois sur le tambour, puis on viendra vous introduire". Pendant que mille inculpés se tenaient à genoux au bas des degrés du trône, P'ank'oan remit à Yen-wang le faux mandat d'amener, et lui expliqua l'erreur qui ^■enait d'être commise. ''En fait, c'est un homme vertueux, reprit le roi : il a observé les abstinences et les prescriptions bouddhiques, il a récité des prières; de plus, il n'est point arrivé au terme de sa vie terrestre ; il faut donc le renvoyer dans le monde des vivants. Qu'on envoie imniédiatement des satellites s'emparer du tueur de bœufs i^ i ^, et qu'on administre 80 coups bien appliqués à ceux qui ont amené cet homme ici. Quant aux autres (jui par leur négligence ont coopéré à cette fausse arrestation, qu'ils soient jugés d'après les lois de notre' gouvernement. On devra aUssi prier Yu-ti 3i "^ de changer son décret".
(1) Suit une énumération fastidieuse de toutes les inscriptions horizontales et verticales (lui servent de décors à cette pièce et à tous les appartements contigus. Je pnsse ces détails qui n'ont aucun intérêt.