‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 3)Chapitre 176 sur 176 · ART. VIII. — LE ROMAN ET LA COMÉDIE · texte numérisé non relu

ART. VIII. — LE ROMAN ET LA COMÉDIE

enfin ]a séduit. La mallieureiise tue avec un grand couteau de cuisine l'enfant né de ce commerce illégitime, le coupe en morceaux, le met dans un tonneau et l'enfouit en terre. Un des sbires du tribunal, grand éventeur de secrets, finit par apprendre l'histoire. Le mandarin fait saisir les deux coupables; ils comparaissent à sa barre, sont convaincus et condamnés à mort. On affiche sur leur dos le motif de leur condamnation, puis on les conduit au lieu du supplice où ils sont exécutés.

Cette comédie se joue annuellement dans les grandes villes, et attire toujours une afïluence extraordinaire. On imagine aisément quel parti des acteurs païens peuvent tirer d'un pareil thème.

Mais, dira-t-on. la représentation de cette infamie doit exciter la colère du peuple contre les bonzes? Nullement: les Chinois sortent de cette représentation avec les mêmes dispositions qu'ils y ont apportées; on rit, on se moque, on dit que les bonzes sont de mœurs très douteuses pour la plupart, puis on continue de recourir à eux tout comme auparavant, dans toutes les circonstances ofi le prescrit la coutume.

Singulier mélange de mépris et de confiance à l'égard de ces hommes si peu recommandables ! On affiche dans les appartements l'image scandaleuse, et on invite ces mêmes hommes à y venir prier: tant est impérieux le besoin du surnaturel dans les grandes épreuves de la vie !

Dore, Plenri

Recherches sur les superstitions en Chine, t. 17

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