IV. Edllion annamite
En 1322, une édition comprenant 5000 kiuen fut imprimée et gravée.
Copies du Canon.
Il avait été copié en 102 3 par ordre du roi, et le texte avait été déposé dans la bil)liothèque royale. L'ne seconde copie fut tirée en 1034, et deux ans après déposée dans la liibliothèque Tchong-hing-tsang gi ® y^T, dans la pagode Tchong-koang-se g 3t ^-, A Tsien-yeou chan 1^ ÎË UJ (!)•
Seng-tsan 5y;]-6U0
Trentième patriarche bouddhique - Troisième patriarche chinois
AltT. XII. — sous LES SONG DU NORD.
A cette liste il convient d'ajouter:
Edition Chinoise, copie de l'édition des Ts'ing, en 1869, gravée à Nan-king, par les soins de Yang Wen-hoei et du bonze Miaokhun, mort en
Edition de Tokio, 1881 (1).
T-ai-1so}}f/ ± i^, 976-997.
La première année de son règne, on compta 170.000 jetmes gens qui prirent la rolje des l:)onzes.
En 978, une ordonnance parut i)()ur la dénomination des pagodes. Toutes celles cpii n'avaient pas de nom spécial durent porter les noms de T'ai-p'ing-hingdvouo-se ^ ^ f|- ^ ^. ou de Kien-ming-se ^^ B)] ^-. (Xom de la période de règne ou date de l'avènement au trône).
En 978, une des salles du palais fut convertie en pagode privée, sous le nom de Tse-fou-tien ; l'empereur y fit placer un relic^uaire d'Asoka. apporté de Ming-tcheou BJ^ ')]]. (Ning-pouo).
Les deux grandes oeuvres bouddhiques du présent règne furent les travaux d'installation ou de restauration entrepris à Ou-t'ai-ciian et à Ngo-mei-chan.
1° On-lun-chan ï ^ iJj, pèJeriiuige à Mcnrrusiri.
En 980, l'empereur députa le haut fonctionnaire Tchang Ting-hiun à Ou-t'ai chan, avec mission de fondre des statues d'or et de cuivre de Wen-chou ^ 5^- et autres poussahs. Il fit restaurer dix pagodes :
Tchen-yong
■±t EH.
Cheou-ning ^ ^.
Tchou-lin YS ¥^-
Fa-hoa -^ ^.
Ling-king M :^.
Hoa-}en ^ Hing-kouo M. |g Kin-ko ^ [f Pi-mi M ^
Ta-hien -^ ^
De plus, au N.-O., la pagode en pierre, qui contenait deux statues de marbre, l'une de Wen-chou. l'autre de Maitreya; au
(1) Catalogue de Nanjio, Introduction, XXVIII.
34 CHAP. II. — LE BOUDDHISiME EN CHINE.
S.-E.. la pagode Ta-fou-se ;^ ^ ^■, bâtie jadis par Wei-Wen-ti Ml i ^ ; ïiu N.-E., la pagode Wang-tse-se 3E -f- ^^ ^^ù s'élevait la tour d'Asoka, non loin de la grotte de Kin-kang-k"ou ^ [|!j J^ ; au S.-O. de cette grotte se trouvait la pagode spécialement réservée à A\'en-chou ^ ^ : par respect on n'osait pas s'approcher de ce lieu redoutable. A l'Ouest, deux pagodes encore: Pi-mo-yen M^ ^ M et Fou-koang-se fi ^ ^.
Ou-fai-chan, la "'^Montagne des cinq Terrasses", est située au Chansi, latitude 28" 46', long. 113o 24'. C'est le massif le plus éleA-ê de la Chine du Xord. On le nomme encore Ts'ing-liang-chan j^ JlçC jilj 'Montagne pure et fraîche", en raison sans doute de son altitude et de la pureté de l'air.
Chacune des cinq Terrasses, Centre, Xord, Sud, Est et Ouest, est surmontée d'un pic: ce sont les "Ou Fong ^ 4^", cinq Pics. La terrasse centrale a cinq li de pourtour; on y voit de nomlireuses bonzeries et lamaseries peuplées de lamas tibétains et mongols.
Les temples peuvent se partager en cinq groupes, rangés autour des cinq pics du massif. La terrasse centrale mérite une plus particulière attention, vu qu'elle est le centre d'attraction de tous les pèlerins, et comme le cœur du pèlerinage. Un portique donne accès à un escalier majestueux qui conduit à la première plate-forme, sur laquelle est érigé le stoupâ blanc Ta pao t'a -^^ ^ i^i, haut d'environ 2 5 mètres, mais qui paraît beaucoup plus élevé, en raison de sa position sur une base dominant les alentours. La tour actuelle fut complètement rebâtie en 1579. Primitivement on y avait déposé des reliques. Ce stoupâ se trouve à l'Ouest de la grande bonzerie Ta yuen i^^ ^, appelée: Pao-t'a-se ^ -4} ^.
Construite en 1407, elle fut restaurée et bâtie sous les dimensions actuelles par l'empereur Wan-li |^ ^, en 1578. Elle est vaste et bien bâtie. Là sont hébergés les pèlerins de marque, à leur arrivée au pic central.
Dans une des cours, à IT^st, on voit le stoupâ renfermant le cheveu de JManjusiri, et appelé Wen choufa-t'a '^ ^ ^ ^. Ce bodhisattva, s'étant métamorphosé en une pauvre jeune fille, se couiia un cheveu qu'il laissa dans ce lieu. Plus tard, sous le règne de "Wan li. il se trouva changé en un fil d'or.
Au delà de la bonzerie du Grand stoupâ. un peu plus haut, se trouve la pagode Hien-t'ong-se M ^ ^, qui, dit-on, aurait été construite par le bonze Indien Mo-teng ^ )J5f5, le premier qui fut officiellement reconnu en Chine par l'empereur Han Ming-ti, vers 67 ap. J.-C.
Il pria l'empereur de construire cette pagode en l'honneur de Manjusiri, disant que Ou T'ai-chan lui était consacré. Il nomma la pagode "Ta-fou-lingkieou-se iz ^ M. M ^" ■ C'est une des premières construites en Chine. Actuellement les bâtiments sont bien entreteDUs.
En arrière du dernier corps de bâtiments, dont le temple est dédié à Ti-tsang-wang, on arrive à une plate-forme où sont placés cinq stoupâs en cuivre, parfaitement exécutés. L'un d'eux date de 1602.
Plus haut sur le flanc de la colline, près de ces stoupâs, s'élève la pagode de cuivre, couverte d'ornements fort bien travaillés.
De là on monte à la pagode Ta-yuen-tchao-se -^ W ^^, ^-- ancienne P'ou ning-se -^ ^ ^, datant du règne de Yong lo ^^ |^. des Ming. Les empereurs K'ang-hi j^ -"ÇE et K'ien-long ^ I^. écrivirent des inscriptions honorifiques, lors de leur passage. En continuant l'ascension de la colline, on arrive au temple nommé "Ta-koang-tsong-se 'k M ^ ^" ' o^' encore ''Wan cheou-koangtsong-chan-se". Il fut construit en 1507, par ordre de l'empereur Ming Ou-tsong B^ ^ ^, qui remit au supérieur de l'établissement un sceau spécial, insigne de sa dignité. Dix bonzes, choisis parmi les plus remarquables de l'époque, furent désignés pour habiter la nouvelle bonzerie. L'un d'eux fut le bonze Tsieou va fk g, l'auteur des Annales de Ou-t'ai-clian. Cet ouvrage en 20 chapitres, écrit pendant la période Tcheng-té JE ^, 1506-15 22, est intitulé: Ts'ing-liangtche ^ J,^ j^. Le temple principal, appelé T'ong-wa-tien U«] 5(. M^ est recouvert en tuiles de cuivre doré.
Au-dessus de cette bonzerie, un escalier de 108 marches aboutit au plus haut sommet de la colline. Sur le plateau supérieur a été érigée la pagode Tchen-yong-yuen S ^ [>)£. alias Wenchou-se ^^ ^, construite par le bonze Fa-yun ^ g, mort en 7 35. Il était originaire de Yen-men Iff f"J, ancien nom de Tai-tcheou 'f^ #1. (Tai-hien actuel), au Chan-si. A l'époque de Yong-lo, des .Ming, elle fut restaurée et reçut un importante collection de manuscrits sanscrits.
En 1481, l'empereur Hien-tsong *, ^, fit exécuter une statue de Wen choxr, couverte de lames d'or, d'une hauteur totale de 16 pieds, et la fit transporter dans ce temple avec 100 talismans, c 00 onces d'argent, 1000 pièces de soie et 10.00 0 chapelets boud,dhiques.
L'empereur K'ang-hi, en 1683, fit cadeau à ce temple d'un exemplaire complet du Canon bouddhique.
A certaines époques on compta jusqu'à 300 pagodes à Ou-fai-chan. Actuellement il y en a encore une centaine, groupées çà et là autour des cinq pics du massif. Les pèlerins y affluent par milliers. Mongols et Chinois s'y rendent en foule. C'est un des grands pèlerinages chinois.
2° Ngo-mei-chan ll§t .1 |1|, pèlerinage à Samantabhadrâ.
Ng-o-mei est la montagne sainte du vSe-tcii'oan, où, d'après la légende. Samantabhadrâ P-ou-hien ^ ^ serait arrivé montant un éléphant: c'est pour ce motif que, dans le temple antique, derrière la pagode \\'an-nien-se ]% ^ ^-, on trouve sa statue en bronze, où il est représenté sur le dos d'un éléphant colossal en cuivre blanc.
Peut-être est-ce la statue que l'empereur Song T'ai-tsong fit couler en 980, lors de la restauration ou de la fondation des pagodes. Ce souverain envoya Tchang Jen-tsan à Tch'en-tou, pour fondre une statue en l'honneur de Pou-hien. Cette statue de 20 pieds de hauteur, en cuivre doré, fut érigée dans la pagode Pou-hien-se -^^ ^ ^. On y bâtit aussi un pavillon artistique (K'o). L'empereur fit restaurer cincj pagodes: Pou-hien-se ^ ^ ^, Hoa-yen se ^ j^ ^^, Tchong-fong f^ |||f . Kien-ming |^ B^ et Koang-siang ^ i^.
En 983, T'ai-tsong fit fondre deux cloches énormes, l'une pour ()u-fai-chan. l'autre pour Ngo-mei-chan (1).
(La vieille cloche qu'on voit encore de nos jours à Ngomei-chan remonte à l'époque des Ming).
En 987. l'empereur envoya une couronne et des habits l)récieux pour la statue de P'ou-hien, et en 987 on termina, après 8 années de travail, la belle tour à 11 étages, d'une hauteur de 360 pieds. Ce monument, situé à côté de la pagode K'ai-pao-se fM ^ ^, fut nommé Fou-cheng fa-yuen |g |^ i^ [^. Le sommet de Ngo-mei-chan, dominant la plaine fertile, est un des plus beaux points de vue de la Chine occidentale. Les grottes creusées çà et la dans les parois rocheuses, le long de la rivière Min et du Yang-tse, et nommées vulgairement Man-tse t'ong ^- ^ -JIs], offrent aux savants un beau sujet d'études. Elles sont disséminées sur une longueur de 200 milles, de Kia-ting ^ %, à Liutcheou r}i ^-H (2).
(1) Cf. Description de Ngo-mei-chan, Eoyal asintic Society, 1913, p. 100-107.
(2) Ihid., p. \02; — Fou-tsov-fong-li, \Av. 43, p. 11 fi 27.
Etat général du yclerinagc en 1888. — IVestern China, l).v liev. Yirgil C. Hart. Résumé des ch. X., XI et XII.
La première pagode élevée à Ngc-mei-chan date, dit-on, de 26.'i ap. J.-C; elle fut érigée en l'honneur de P'ouhien. qui, d'après la légende, serait arrivé sur cette montagne montant un éléphant blanc. C'est l'un des quatre grands poussahs honorés d'un culte très particulier en Chine. Les trois autres sont Wen-chou, à Ou-t'ai-chan, au Chan-si; Ti-tsangwang, honoré à Kieou-hoa-chan, au Xgan-hoei; et Koan-in, vénérée à P'out'ouo-chan, dans les îles Tcheou-chan. Ce sont des Bodhisattvas, au !"• degré de sainteté, qui passent par le monde, avant d'arriver au suprême honneur du Bouddha; le peuple Its honore même plus que Bouddha lui-même. Au bas de li montagne, parmi les nombreux ol.ijets qui fixent l'attention, on remarque tout spécialement une tour à 15 étages, en bronze, d environ 30 pieds de hauteur: 470 figures de Bouddhas sont finement exécutées sur ses parois: c'est une œuvre datant des INling.
Plus haut, dans le temple Wan nien-se, on admire une colossale statue en bronze représentant P'ou-hien sur un éléphant. Le monument mesure vingt cinq pieds de hauteur, exactement 8 mètres 10 centimètres, et remonte à un niillitr d'années. Là se voit aussi une énorme cloche en bronze d'un poids de 20.000 livres, fondue sous les Ming ]3ar le lionze Piétchoan, mort en 1.579. Virg. C. Hart considère ces trois œuvres d'art comme des monuments de l^i' ordre, hors de pair dans toute la province du Se-tch"oan (1). On trouve encore à Xgo-mei-chan une statue d'Amida en Inonze doré, reposant sur un socle en bronze et mesurant 2 5 pieds de hauteur. C'est une œuvre de l'époque des Song. Le temple dans lequel elle avait été érigée fut sans doute détruit: la statue reste seule sur le versant de la montât ne.
A l'arrivée au grand monastère, au sommet de la montagne, la porte d'entrée est confiée à Yu-hoang, le grand dieu taoïste; à droite et à gauche figurent les status de Bodhidharma et de l'Esprit gardien de la montagne.
Devant cette porte monumentale s'ouvre un grand hall de 140 pieds de longueur, haut et large en proportion. P'ou bien, dieu central, monte un éléphant Iilane: il t st entouré des 18 Arhats. Koan-in se tient assise à droite; un enfant est sur ses bras, un second, à ses pieds, sourit
(1) Cf. Figure de cette tourelle: Western China, liy Kev. Virgil C. Hart, p. 188 et 210. — Figure du monument )mti en 1580 par l'impératrice, mère de Wanli, pour renfermer la statue de l'ou-hien niontant son éléphant.
38 CHAP. il. —LE BOUDDHISME EN CHINE.
aimablement. Wei- fouo % %%, le général gardien et protecteur du bouddhisme, se tient près de la porte. Sa statue est artistique.
On traverse une cour et on se trouve en face du fameux temple de bois, élevé par l'empereur Yong tcheng en 1723. Un l^rûle-parfums monumental, de 20 pieds de hauteur et à trois étages, se dresse devant la porte d'entrée.
Une triade bouddhique: Çakyamouni, Vairotehana, Lochana, siège sur trois socles. Ces statues de bronze, hautes de IG pieds, datent de huit siècles. Devant l'autel au centre trône le Bouddha de l'avenir, Maîtreya; il a deux assesseurs, ou plutôt deux servants, qui tiennent des encensoirs de chaque côté de lui. Mais le clou de cette bonzerie est la rotonde de l'éléphant. Sur quatre lotus en lironze, d'un mètre de diamètre sur 2 0 centimètres de hauteur, de dresse un éléphant du bronze le plus pur, haut da 2m 95, et long de 4"i 90. La statue de bronze de P'ou bien repose sur .son dos, et le monument a une hauteur totale de S '^ 10. La rotonde en ))riques et en pierres fut élevée aux frais de la mère de l'empereur Wan li des Ming, qui, lors de son pèlerinage à Ngo mei-chan, donna ordre de construire cet édifice original, au dôme rond et de forme carrée, une des plus extraordinaires constructions de Chine. (Cf. loc. cit., figure p. 210). La statue fut fondue â Tch'eng tou au Xe siècle par ordre de l'empereur. La rotonde-carrée fut en partie détruite par un incendie, il y a une centaine d'années. La statue de l'impératrice-mêre se trouve dans un beau temple proche de la rotonde ou porte de Caal>a chinoise, vénérée par les pèlerins tibétains et chinois.
Les lionzes font vénérer aux pèlerins une prétendue dent de Bouddha, longue de 14 pouces, et du poids de 18 livres anglaises, une énormité taillée dans la défense d'un éléphant!
Kn outre, on peut se procurer, pour la modique somme de quelques sous, un passe-port ou lettre officielle de P'ou bien, que, défunt, on présentera à Ti-tsang-wang, le dieu des Lnfers. Ce document est Inûlé lors des funérailles, et l'âme du mort est assurée de trouver grâce devant le dieu des Enfers. Le sceau du dieu de Xgo-mei-chan est posé sur le document. Cette coutume remonte au règne de l'empereur Sou tscng des T'ang, Epoque Tche-té, 856-857. Jadis, au sommet du mont, on admirait un merveilleux pavillon en bronze et or, d'un travail parfait. Sa base avait environ seize pieds carrés, et le monument à trois étages atteignait environ 30 pieds de hauteur. La splendide construction en bois qui enchâssait ce bijou d'architecture fut deux fois frappée de la foudre et réduite en cendres. Le monument lui même a été détruit et dilapidé (1).
(1) Cf. R. Virgil C. Hart; Western China, p. 240.
La montagne de Xgo-mei-chan a 3.3S5 naètres d'altitude; 56 pagodes sont échelonnées sur ses pentes.
La grande pagode de Wan-niense est sise à une altitude de 1.300 mètrr-s: du sominet de la montagne la vue est admirable. A l'est s'étend l'immense plaine de Tch'eng-ton, à l'Ouest s'élèvent les cimes til»étaines, la grande muraille du plateau asiatique. A mesure que le soleil monte, le cône de la montagne s'illumine et se projette sur les brumes l)lanches de la vallée comme sur un écran: la lumière grandit, envahit le ciel: "C'est la gloire de Bouddha", disent les pèlerins, qui ignorent la cause de ce phénomène lumineux, analogue à celui du Brocken dans les montagnes du Harz. Dans leur enthousiasme, plusieurs se jettent du plus haut sommet dans un affreux précipice, et vont se Ijriser sur les rochers à quatre mille pieds plus lias.
Le mont Ngo-mei (Latit. 29o 32', Long. 103o 3S') domine la grande plaine de Tch'eng-tou au Se-tch'oan; il se dresse ma jestueux avec ses flancs abrupts, couverts d'une riche végétation. Au milieu des pins, des bambous et des camphriers, des escaliers très raides et des sentiers escarpés serpentent le long des pentes, et d'étapes en étapes conduisent à des pagodes, espacées de cinq li en cinq li le long de la montée. Au dessus de la bonzerie Wan-niense, la route, pratiquée au milieu d'un réseau inextricable de broussailles, traverse une région fortement tourmentée, et passe quelquefois sur une sorte de digue liordée des deux côtés par des abîmes. Souvent le sommet de la montagne est noyé dans la masse laiteuse des nuages; mais quand le ciel est clair et limpide, on jouit, de ces hauteurs, d'un des spectacles les plus grandioses qui se puissent voir en Extrême- Orient: c'est l'avis de tous les visiteurs (1).
Tchen-tsong M ^, 998-1022.
A son avènement, en 998, il composa une adresse louano-euse en Thonneur de Bouddha.
En 1007, il envoya une chape en fils d'or à Bouddha, dans la pagode Tchong-ko-se.
En 1010. un édit accordait aux bonzes la faveur de se racheter à prix d'argent, dans les cas où. pour une faute, ils seraient punis par les mandarins. Ordre était donné aux fonctionnaires et au peuple de ne pa.^; invectiver les bonzes, et de ne
(1) Cf. Johnston, From FeMncj to Mandalay, ch. VI et VII,
pas les appeler "Teigneux". Les officiers coupables perdraient leur charge, et les gens du peuple seraient bannis à mille H.
En lOli), ']'chen-tsong réunit lo.OHG bonzes dans son palais.
Entin, en lOKi. par ordre impérial, les temples-grottes de Long-nien (T-k-iué). au noml)re de 17.3:39, furent restaurées sous la direction du bonze Si-yen Ig /ff. Nombre des bonzes en 1019; 230.127; des bonzesses : 15.64.3 (1).
Jen-tsong fr '^. 1023-1063.
En 1023, la première année de son règne, il lit ciseler une statue de Koan-in p'ou-sa sur sa couronne impériale. Comme ses Ministres lui faisaient des représentations sur cette singularité, l'empereur leur répondit : "Moi. personnellement, je ne mérite pas de recevoir vos hommages; mais elle, elle est digne de votre vénération".
En 1034, le dénombrement des bonzes donna les chiffres de 38"). 520 bonzes et 48.740 bonzesses.
En 104:), prières publi(pies et honneurs rendus à une dent de Ijouddha, pour obtenir la pluie. Les processions ayant mis iin à la désolation universelle, Fa-Yuen-wen ^ 1^ "^, dressa le ])rocès-verbal de la faveur obtenue.
Le lettré Ngeou-yang Sieou |St P^ fl^. s'étant permis de criti(|uer le culte de la dent de Ibjuddha, fut envo}-é en punition à Tch'ou-tcheou 'i\i;f: 'Jli, en 1045. On \-oit encore, gravés sur marbre, les caractères écrits par ce célèl)re lettré calligraphe pendant son séjtnir dans ce pays.
En 1049. nouvelle procession en l'honneur de la phalange de liouddha. aller et retour fie 4\'h'en-lieou bien |!^ ^ i^^ au l'alai'^ imi)érial (2).
(1) Textes historiques, p. 1848.
Coi'dier, Jlist. gén. de la Chine, T. II, p. 9 2. Foiitsout'ong-1d, Liv. 14, p. 1-S.
(2) Fou-tsou-Pong-lvi, L,iv. 45, p. 1 à 14.
CJien-tsong ^^ 9^. 1068-1085.
La première année de ce règne, collecte déguisée pour la réparation des digues. Les bonzes durent acheter à prix d'argent leur certificat d'admission. Aussi l'an 1075. au nouveau recensement, les chilïres avaient considérablement baissé. Nombre des bonzes: 220.660; des bonzesses : :i4.080 (1).
Hoei-tsong % iyl, 1101-1125.
Hoei-tsong. très superstitieux, se laissa pendant cpielque temps complètement mener par les tao-che. et très particulièrement par le fripon Lin Ling-sou # g •^. qui persuada à l'empereur de transformer le bouddhisme en taoïsme.
Par un édit j)ublié en 1119. les bonzes devaient être incorporés aux tao-che. et les pagodes bouddhiques transformées en temples taoïstes. Les bonzes récalcitrants furent sécularisés, d'aucuns même furent punis du dernier supplice.
\ (lici les noms nou\eaux imposés par ce dispositif. Fou fl|i, llouddha. s'appelait Ta-kio-kin-sien -j<. ^ ^ filj. l'Lnmortel d'or illuminé. P'ou-sa ^ j^ était remplacé par Ta-che -^c i- Grand ]\Liitre : Ilouo-chang fii fif. bonze, par Té-che ^,^, ^t, ]\Iaitre en vertu : Gni-kou /g \}{. Ixmzesse. par Xiu-té-che -^ @, -^, Maîtresse en vertu: Se ^p. pagode, par Kong 74": Yuen f^. bonzerie. par Koan |||.
Lin Ling-sou. alors tout-puissant sur l'esprit dévoyé du souverain, avait rêvé d'éteindre le boucldhisme. non par proscription, mais par assimilation, par absorption. Son orgueil insensé le perdit: il insulta le prince impérial, fut chassé de la Cour et mourut de chagrin.
Le bouddhi.^me. délivré de bon mortel ennemi, reprit le cours ordinaire de ses succès (2).
Cl) Fon-tsou-t'ong-Tci Liv. 4.5, p. 21-25. (2) Fou-tsou t'07ig-l-i, Liv. 46, p. 7 à 19.
B. Les nouvelles Ecoles.
Quatre nouvelles écoles prennent naissance pendant cette période.
1° Ecole protectrice des poissons et des crustacés, fondée par Yong-ming Yen-cheou tK 0^ 5^ #• -'''" ancêtre de l'Ecole Ts'ing-yuen-tsong, et mort en 97.").
C'est plutôt un agrégat de trois doctrines qu'une Ecole al)solument distincte. Elle compta sept chefs. (Voir notice de Yen-cheou).
2° Ecole de la Pureté ou de la Terre pure, Tsing-hingché if ^f itt-
L'Ecole primitive- du Lotus, Lien-ché ^ |f- fondée à Liu-chan par Hoei-yuen ^ ;^. se scinde en deux branches.
En !)i)l. Cheng-tch'ang liu-che ^ '^ f|; 0ifi, septième chef de l'amidisme. changea le nom de Lien-ché ^ f\j- en celui de Tsing-hingché }f ff /If. Ecole de la Pureté, ou Tsing-t'ou, de la Terre pure, comme on la nommera désormais. (\'oir notice de Cheng-tchang liu-che).
?}" Ecole du Lotus blanc, Pé-lien-ché |Éj ^ /[[]:. propagée par Pen-jou fa-che y\\ ^p j^ i\\\i. par le ministre Tchang Té-siang ^ m^ %k^ en 1042, et par Li Tsuen-hiu. gendre de l'empereur.
C'est cette école du Lotus blanc, une des deux branches de bamidisme, qui ])lus tard va être i)rohibée sous l'administration du bonze Mao Tse-}uen, Ibvb (\ cnr notice de Pen-jou fa-che).
4" Secte (lu Nuage blanc, Pé-yun-tsai |^ % ^. Les végétariens du Xuage blanc curent jjour fondateur K'ong Ts'ing-kio jfL '/n %.• bonze habitant la ^jagode du Nuage blanc, Pé-yun-ngan è ® /^- près de Ts'ien-t'ang, en 1108. (Voir notice de K'ong Ts'ing-kio).
ART. XII. — SOtJS LES SONG DU NORD. 43
Doiible réforme de J- Ecole des riliialistes, Nan-chan Uutsong ]^J i\\ (^ çj^'. fondée p<tf Tao siuen. mort en 667.
Le premier réforniateur est le bonze Yun k'an 7^, i^, mort en 1061 auteur de l'ouvrage Hoei-tclieng-ki -^ JE |g. De là le nom de ses sectateurs: "Ritualistes du Hoci-tcheng-'ki".
Le second réforniateur fut le bonze Yuen tchao liu-che j£ BS ^^ fiifi. mort en 1116, auteur de l'ouvrage Tse-tch'e-l'i ^ # |p. De 13 ses disciples s'appelèrent: "Ritualistes du Tse-tclre-hi".
Ces deux dénominations ne correspondent point à la fondation de deux nouvelles Ecoles, mais elles indiquent seulement les deux dernières périodes de l'Ecole ritualiste disciplinaire de Xan-chan. (Voir les notices des deux bonzes réformateurs).