I. Le Chou-klng ,'! 8 (Annales
l.< s livres historiques chinois se nommaient Cltang-
chou fpf 1 i-dire livres qui traitaient des premiers temps.
Ils comprenaient :
L'Histoire de la dynastie des Hia g, par l'historien Tchong Kou ft ,'..
L'Histoire de la dynastie des In (ft, par Biang Tche |p] f<^. In Ht et Chang $j réunis).
I -Histoire de la dynastie des Tcheou ),'.). par l'annaliste Tan fô.
mteurs prétendent que Tan -flg était Lao-tse £ ^ . a Vieilles Annales des royaumes féodaux, ou Lié-houo M g. du temps de la dynastie des Tcheou lùj. étaient les suivantes: Annales du royaume de Lou $}• par A'/ Nm->? fi |g.
Annales du royaume de Wei ffii par /,o»r/ //or/ gg jff. Annales du royaume de ZeTi'ou $Ë, par / Siang fà ffi.
Tous ces ouvrages furent brûlés par ordre de 7V in-che-hoangti |j§ jka Sk ^, en 213. Comme ils n'existaient qu'à un seul exemplaire dans la bibliothèque du palais, ils furent totalement détruits et la perte fut irréparable.
Deux autres anciennes chroniques :
L'une du même royaume de Tcliou 7e, écrite par T'ao-ou j;Éj ^)[, et une autre du royaume de Tsin ff-, par Tch'eng ^ avaient déjà péri au moment des guerres et des troubles. Elles n'existaient plus, au temps où Tsouo K'ieou-ming fe jrft EJÊj composait ses commentaires historiques sur le Tclioen-ts'ieou § $lc.
Voilà en résumé les principaux monuments historiques des Anciens, avant la période dite du Tch'oen ts'ieou ^ $C.
De ces anciennes histoires Confucius avait extrait des fragments, qu'il avait divisés en 100 chapitres, c'était une sorte de manuel d'histoire, fait de coupures juxtaposées d'après les différentes époques. A peu près comme on recueille de nos jours des coupures de journaux ayant trait à tel ou tel événement. Ce manuel était composé probablement pour l'usage de ses élèves.
Le livre que nous nommons maintenant Chou-hing ^ $£ ou Annales, n'est que le texte incomplet de ce manuel en 100 chapitres, reconstitué péniblement après l'incendie des livres.
Il embrasse une période courant de 2357 à 770 av. J.C., et se divise en 6 parties.
Les deux premières ont trait à ce qui se passa de mémorable sous les empereurs Yao j£, Choen f$, et sous l'empereur Yu |j|, le fondateur de la première dynastie Hia jj.
La 3e parle de la seconde dynastie Chang ]§j, fondée par Tch'eng-t'ang j$ #• Les 3 dernières parties traitent des événements notables de la dynastie Tcheou f$, jusqu'à 770, c'est-à-dire jusqu'à l'agonie du pouvoir impérial et à l'indépendance des princes feudataires.
Cette histoire (si tant est qu'elle puisse mériter ce nom) est une sélection de discours, de maximes, d'exclamations louangeuses en l'honneur des anciens empereurs ou des sages à leur service, et d'anathèmes contre quelques autres tyrans, qu'il est de convention
de flétrir. A ces harangues ou sentences se joint une compilation de laits, le plus souvent sans ordre et sans lien.
Le Recueil de Confucius en 100 chapitres fut aussi brûlé en 213, mais comme il avait été copié par bon nombre de lettrés, ceux-ci parvinrent à dissimuler les fiches ou tablettes de cet ouvrage, dans des murs, ou dans des cachettes soigneusement ménagées. Malgré tout on ne put en reconstituer que 58 chapitres, et avec des peines infinies, comme nous allons le voir. L'édit prohibant la lecture des anciens livres n'ayant été rapporté que l'an 491, les planchettes sur lesquelles était écrit le texte des recueils de Confucius, étaient donc demeurées vingt ans enfouies dans leurs cachettes, soit dans de vieux murs, soit même dans des tombeaux, le temps et l'humidité avaient fait leur œuvre! De ces fiches beaucoup manquaient, sur d'autres, bon nombre de caractères étaient devenus illisibles; il fallut donc reconstituer de mémoire une partie du texte, en confrontant les documents qu'on avait pu retrouver. Encore ce travail de reconstruction ne se fit que peu à peu, car la loi fut plutôt classée, que vraiment abrogée, c'est-à-dire qu'on n'urgea plus l'exécution, à partir de cette époque. Ce ne fut que sous le régne de Han-Wcn-ti ytj. # '?jt, 179-157 qu'eut lieu la première tentative officielle de restauration du Chou- Jdng ,•; rj,* Annales). L'empereur demanda des lettrés qui pussent donner les explications traditionnelles sur cet Ancien livre d'histoire, et on lui désigna le lettré Fou Cheng fJC' Jj$, du Tsi-nan-fou }ft ïf J Jffi vieillard de plus de 90 ans. Sa grande vieillesse ne lui permettait plus de faire le voyage, il désigna à sa place son disciple Tch'ao Ts'ou H $£, pour l'expliquer à la cour. I/empereur envoya aussi des lettrés à Tsi-nan-fou, avec ordre de recueillir les explications de la bouche même de Fou Cheng {fc J$, qui était un lettré remarquable de l'époque des Ts'in <£>. Jadis il avait copié main le recueil de Confucius, puis quand fut lancé l'édit défendant lecture des anciens écrits, il avait caché ses tablettes dans un vieux mur, pour les préserver de la destruction. Dès que la loi eût été rapportée, sous Hoei-ti Jg£ ^, il retira de la cachette les débris de son vieux manuscrit, et essaya de reconstituer
une partie de l'ouvrage de mémoire, en s'aidant de ces restes détériorés. Ce texte écrit de la main de Fou Cheng f£ Jjf reçut dès lors le nom de Kin-wen-chang-chou ^ ^C IpJ uî:> ou "Livre historique en caractères modernes11, c'est-à-dire écrit avec les caractères imposés par l'empereur Ts'in-che-hoang-ti f§ Jp H ^r\ après l'unification de l'écriture dans tout l'empire.
Ce recueil comprenait 34 chapitres. Le fils de Fou Cheng i)i ]j$ transmit l'ouvrage à Ngeou-yang Cheng ^ pj| £È£ et à Tchang Cheng ?j| ;Éfe ; ce dernier eut deux disciples: Ta Hia-heou -fc j^ -01 et Siao Hia-heou >J> jj f^, ainsi prirent naissance les trois grandes écoles pour l'interprétation du Chou hing IJ £J£ (Annales) : 1° L'Ecole de Ngeou-yang HP; |ff|. 2° L'Ecole de Ta Hia-heou ^ JS ou Hia-heou l'Ancien. 3° L'Ecole de Siao Hia-heou 'b H 1fë ou Hia-heou le Jeune. (1)
Une heureuse trouvaille vint ajouter un nouvel élément pour la reconstitution du Chou-hing ^ g. Le prince Kong ^, fils de l'empereur King-ti j^ ^, nommé roi de Lou ^, fit exécuter des travaux pour l'agrandissement de son palais; or, dans une vieille masure qui avait jadis appartenu à Confucius, on retrouva une grande partie du Chang-chou fâ ^ (Annales), écrit en caractères antiques, K' o-teou-wen $|* J|> $. Personne n'arrivait à déchiffrer le vieux manuscrit, on manda K'ong Ngan-kouo ^L ~^C B> un descendant de Confucius et lettré renommé. Il put lire le vieux texte, grâce à ces tablettes, aidé aussi par les lettrés de l'époque et par le texte recomposé par Fou Cheng $ç J$?, il parvint à reconstituer 58 chapitres. C'est cet ouvrage qu'on appela ensuite le Kou-wen- chang-chou "é* 3t fô |f, Annales écrites en vieux caractères.
K'ong Ngan-houo ^L $C 6H offrit gracieusement ce texte à l'empereur, il fut déposé dans la bibliothèque impériale. De ce fait, aux trois écoles déjà existantes, s'ajouta la 4e Ecole dite :
Ecole de K'ong Ngan-houo ^\K -^c (H-
Sous le règne de Han Ou-ti -g| ^ îff, en 430 av. J. C, le
(1) Cf. Recherches. III. Partie. Notice sur Fou Cheng fà
prince Lh M ft, roi de Ho-kien jpJ" FhJ> put retrouver le