‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 4)Chapitre 47 sur 87 · III. La Dynastie des Soei Pf · texte numérisé non relu

III. La Dynastie des Soei Pf

Les Soei |îjf, après l'unification des deux cours Nord et Sud, remirent les lettres en honneur, elles avaient été en baisse sous la dynastie Tch'en |$.

Le principal promoteur de ce mouvement fut le grand lettré Wang T'ong 3E M-

Wang T'ong 3E 38,' prénom Tchong-yen jfy *j$ naquit à Longmen fl P1] ; son père Wang Long 3E |H était un docteur des Soei |ïjf, il s'appliqua à l'étude de tous les canoniques, sous la direction de bons maîtres, et montra tant d'ardeur du travail, qu'on raconte qu'il dormit tout habillé pendant six ans. Il fut l'auteur de beaucoup de nouveaux commentaires sur les Canoniques. Il tint école à Ho-fen 'JpJ ffi, ses élèves se comptèrent par milliers. Ils lui donnèrent le nom posthume de Wen-Tchong-tse "£ 41 "?• H mourut en 617. Ses disciples réunirent dans un ouvrage en 10 livres les principales idées qu'il avait développées pendant ses conversations avec eux (2).

L'empereur Wen-ti 3£ 'rff\ le fondateur des Soei pjf , fut favorable aux lettrés pendant un an environ, puis passa au taoïsme et bientôt donna sa préférence définitive au bouddhisme. Yang-ti Vk *?&> son successeur, était lettré et collectionneur de livres, mais pendant ses voyages restés légendaires, il se faisait accompagner

(1) Gnié-se-che-che-lio Liv. VI. p. 7.

(2) Cf. Recherches. IIIe. Partie Confucéisme. Notice sur Wang T'ong.

d'une multitude de taoche et de bon/es.

C'est donc le mélange des trois religions ; longtemps elles lutteront avec des alternatives de succès et de revers, jusqu'au jour où l'éclectisme religieux sera consommé.

Même pendant les époques de luttes acharnées entre ces trois sectes, chacune d'elle, comme à son insu et malgré elle, s'imprégnait des idées de ses adversaires. Prenons comme exemple 3 bâtons aux mains de trois lutteurs. Si ces bâtons sont recouverts chacun d'une fraîche couche de peinture de couleur différente, tous les heurts, tous les coups reçus ou donnés déflorent leur couleur primitive, et leur impriment quelque ressemblance mutuelle. Ainsi en arriva-t-il pour les confucéistes, pendant leurs luttes contre le taoïsme et le bouddhisme, ils s'imprégnèrent comme malgré eux des nuances doctrinales de leurs antagonistes.

Peu à peu des hommes de talent supérieur se dirent: Je ne veux point du culte des taoche et des bon/es, mais leur doctrine a du bon, elle a l'avantage de donner une récompense aux bons, une punition aux méchants, après les épreuves de la vie présente. elle est plus moralisante". D'autres pensèrent que tous ces récits des annales et des Odes, sur le souverain Dominateur, avaient été inventés purement et simplement par les anciens sages, comme moyen de gouvernement, pour effrayer le vulgaire, par l'appréhension de châtiments futurs, mais qu'ils n'y croyaient pas euxmêmes. Ainsi se développa le rationalisme, qui aboutit à la négation totale d'une Providence.

ARTICLE VI

LA DYNASTIE DES T'ANG Jj& (618-906).

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