APERÇU SYNTHÉTIQUE
La doctrine primitive sur le culte d'un Souverain Dominateur, comme base de gouvernement des Anciens Sages, se conserva dans son intégrité, tant que le gouvernement de l'empire resta aux mains du pouvoir central, c'est-à-dire, aussi longtemps que l'autorité impériale se maintint forte. Pendant l'ère du Tch'oents'ieou, au temps des luttes de la féodalité, elle subit le contrecoup de l'anarchie politique : l'empire se morcela et les croyances se ramifièrent suivant le système politique prépondérant.
En 213, Tscin-che-hoang-ti supprima d'un seul coup, tous les monuments historiques et littéraires de l'antiquité, et il fallut plus d'un siècle pour recueillir les quelques débris épars des vieilles traditions, consignées jadis très-sommairement dans les Manuels, ou Sélections, rédigés par Confucius.
Mais déjà les idées taoïstes avaient fait leur chemin, et les lettrés des Han ^|, même les plus orthodoxes, avaient respiré l'air ambiant. Si le rationalisme et l'athéisme, une première fois cyniquement formulés par Wang Tchong, ne gagnèrent pas alors tout le clan des lettrés, cependant le vieux ritualisme orthodoxe, à partir de Ma Yong et de Tch'eng K'ang-tch'eng, commença à glisser sur un plan incliné. De plus, l'apparition du Bouddhisme triomphant acheva de jeter le désarroi dans les idées, à partir surtout de l'époque de Liang Ou-ti. Pendant que les lettrés jouisseurs et bien nourris plaçaient ici bas le terme suprême de la béatitude, le peuple besogneux se précipitait en ruées formidables, vers les pratiques du Bouddhisme moderne, qui lui parlaient d'une survivance et d'une rétribution d'outre-tombe.
Une seconde secousse imprimée au Confucéime par les commentaires de Kong Yng-ta, sous les T'ang, accéléra le mouvement rationaliste, et la philosophie creuse des athées des Song n'eut plus guère qu'à formuler définitivement le panthéisme athée du Neo-confucéisme. Cette doctrine favorisée par la politique intéressée de la dynastie Mongole des Yuen, devint l'enseignement officiel sous les Min g.
Les Mandchoux, pour se concilier la masse des lettrés, et faire oublier en partie leur titre odieux d'envahisseurs, redoublèrent de zèle, et par leur exemple, et par leurs édits, pour élever à son apogée le progrès des lettrés et l'étude des classiques. Comme chef d'Ecole, ce dont ils se faisaient gloire, ils imposèrent tvrnnniquement les Commentaires de l'Ecole des Sang, et proclameront Tchou Hi comme le seul interprète orthodoxe des Anciens Canoniques. Ce fut l'apothéose du Tchou-chisme, jusqu'aux derniers temps de la dynastie, vers la fin du règne de Koang-siu it $#.