II. Rétribution empruntée au bouddhisme et au taoïsme
1° Au bouddhisme.
Yen-wang |f|j 3£, le roi des enfers, tient un registre détaillé de toutes les actions humaines, bonnes ou mauvaises, récompense les bons et punit les méchants, change ces derniers en chiens, chevaux, bœufs etc, dans des existences futures. — Recours constant à la métempsycose pour endiguer le vice et exciter à la vertu.
Esprits apparaissant en songe pour punir ou récompenser les hommes. C'est un grand crime de ne pas leur offrir de l'encens, ou de les mépriser; d'horribles punitions sont réservées aux profanateurs des livres bouddhiques, ou des statues. Ces esprits sont les distributeurs ordinaires du bonheur et de tous les biens terrestres; les maladies et toutes les infortunes viennent par leur entremise.
Les revenants, les T'eou-cheng-koei tx ^ %, vengent les crimes commis par les hommes. Les moyens efficaces d'obtenir le bonheur, la richesse, la longévité, une heureuse descendance, sont: l'abstinence bouddhique, l'application à sauver la vie des êtres animés, insectes, fourmis etc, une résolution fixe de ne jamais manger de bœuf et de chien. Des punitions exemplaires sont infligées à ceux qui ne craignent pas d'enfreindre ces préceptes. Consultation des bonzes, dans les difficultés de la vie.
2" Au taoïsme.
Fréquentes apparitions de Koan-ti |§| ^, de Hiu-tchengrhiun ,i'|- îpt 3a, du dieu de Pâtre Tsao-kiun jgf /i'. du Tch'eng-hoang M
|>r,!:, du Tou-ti Hfc ^, gardien du sol. A tous ces Ksprits, il est nécessaire de bâtir des pagodes, ou de les restaurer quand elles tombent en ruines. De grandes récompenses sont accordées à ceux qui s'adonnent a ces bonnes (ouvres; ceux au contraire qui les entravent sont affreusement punis, ou même tués par ces divinités. La même chose est mise en pratique pour le culte des San-hoan JE 1ÊF, Trois Principes, et Tong-yo % $, l'Esprit du mont sacré de l'Est.
La récitation assidue du Kcui-Ing-pc ien [$ fiS |f, traité taoïste de la récompense et des peines, est vivement recommandée par la plupart des lettrés, comme un moyen très sur d'obtenir des succès aux examens, des richesses et des dignités. Même la doctrine des talismans, et leur efficacité pour guérir les maladies, est clairement consignée dans les codes de morale cont'ucéistes.
Si le confucéisme tient théoriquement la place d'honneur dans la vie du lettré, on peut dire cependant, sans crainte de se tromper, qu'en pratique il est bien réellement l'homme des trois religions.