LE PROSPECTUS
Ce genre de propagande est à la fois humanitaire et utilitaire, il vient offrir au public des avantages pour son âme et pour son corps; mais le Chinois n'omet jamais le côté utilitaire, le commerce, le lucre. Ces prospectus sont inspirés par la même idée que celle qui a présidé à l'impression de l'almanach du Bon Marché, et de la Belle Jardinière, ils contiennent des choses intéressantes pour les Chinois modernes, des exhortations, des prières, des tracts moraux bien adaptés au goût de la classe d'hommes à qui ils s'adressent, mais sans jamais oublier d'y mêler adroitement la liste et les qualités des marchandises que ces maisons tiennent à leur disposition.
Prenons, entre cent autres, un de ces prospectus, et donnonsen une analyse, comme échantillon de ce genre de littérature de propagande.
C'est Je prospectus édité à Chang-hai h M, la 17° année de Koang-siu jfc $t, par Mr Se-ma Kien-ngan U Jg $!£ )M, le
fondateur de la grande pharmacie T'ong-té-t'ang |ëj ^^. Il est intitulé: Wen-tch'ang-ti-lciun-ing-tch'e-wen-che-tsien ^C H ir^ S" VÊ M % W M: Stances poétiques sur les œuvres méritoires d'après le prince empereur Wen-tchlang (1).
On ne s'attendait guère à un prospectus de pharmacie en lisant ce titre, c'est un moyen adroit de le faire passer aux mains des bourgeois. Il contient de courtes poésies, composées par Se-ma Kien-ngan p\ g, Hr $| et Suen King-hou % H ï$, pour exhorter les hommes à la pratique des -trois religions, mais le Confucéisme a la meilleure part, comme on verra. L'auteur connaît admirablement le milieu auquel il s'adresse, aussi lui donne-t-il une brochure à son goût.