I-ao-Cse et Tchaiis; 'rao-liiis
Le taoïsme charlatanesque, qui remplaça le taoïsme primitif, a pour "Chef" Tchang Tao-ling- ^- jg |^, vulgairement appelé Tchang T'ien-che 5I ^ Ûijl- Pour autoriser toutes leurs supercheries, les tao-che ont inventé des récits d'apparitions de Lao-tse, qu'ils ont consignées dans le Tao-tsang-king M Mi, M- Ce sont ces entretiens de Tchang Tao-ling avec Lao-tse qui feront le sujet du présent article.
Les talismans tirent leur merveilleuse efficacité de la puissance des dieux, des génies et des saints dont les noms sont écrits ou symbolisés d'une façon visible sur le tracé de la figure. Ce sont des proclamations, des édits officiels, munis du sceau de l'autorité, et qui imposent le respect à tous les esprits bons et méchants de l'un et de l'autre monde. Le sceau officiel du T'ienche yi fii]i. grand maître du Taoïsme, commande le respect universel, car Lao-tse vint en personne apporter à 'i^hang Tat)-ling les 24 fascicules de talismans de Chang-ts'ing Jt: |ff. Ce fut à partir de ce jour mémorable, cpie le grand maître du Taoïsme commença à dessiner des talismans pour guérir les maladies,
écarter les malheurs et chasser les influences néfastes. Lao-tse lui donna encore des li\res et des recettes pour prolonger la vie, attirer le bonheur et remettre les péchés.
(i) Tao-tsanK-tsi-yao ii >M 'lift ^, P- 4 3-44.
La préface du Nan-teou-king ^ J\- ^^ atteste que T'aichang Lao-kiun descendit en l'an 142 sur la montagne de Homing-chan @ ^% iJj. '^u Se-tchoan, et y donna à Tchang Tao-ling des talismans, des incantations, des prières pour pardonner les péchés et retirer les âmes de l'enfer. (1). Après la visite de Lao-kiun, 'l\-hang 'J^'ien-che séjourna trois ans sur cette montagne, s'occupant d'alchimie et de la composition de la pilule conférant l'immortalité. Quand il eut réussi ses expériences, il dit à son disciple Wang Tchang 3E -j^ '■ "J'ai réussi à composer la pilule d'immortalité; quiconque la mangera, s'envolera au ciel et deviendra un génie; mais je n'ose pas la manger: mes mérites sont insuffisants; je dois faire bénéficier l'Etat de mes recettes libératrices, et en user pour le bien du peuple. Il me faut d'abord travailler pour le bien commun; puis je mangerai cette pilule : mon corps deviendra léger et subtil, il pourra monter au ciel, et je jouirai alors de mes travaux passés."
Une seconde fois, Lao-kiun descendit du ciel et donna à Tchang Tao-ling une recette importante; puis il lui recommanda de travailler pendant mille jours au grand œuvre de sa transformation. /\u bout de ces exercices, il put voir tous les viscères à l'intérieur de son corps, et tous les esprits qui peuplent les airs. Ts'ing-houo Yu-niu î^ %I Hî ■^, députée par Lao-tse, lui apprit la gymnastique respiratoire, l'art de dompter les mauvais esprits, la divination et l'appel des esprits. Après ces diverses instructions, il mangea sa pilule, et son intelligence fut éclairée soudain d'une indicible lumière. Dans un combat contre les six rois des démons, il remporta une glorieuse victoire: vingt-quatre de leurs repaires tombèrent en son pouxoir et de\inrent l'emplacement de temples taoïstes. Le généralissime des démons fut défait, et Tchang Tao-ling lui donna une situation officielle dans le monde des morts. A Jen-cheou-hien f:i ^ j|f , il soumit encore 12 génies féminins, qui devinrent les esprits des puits (2). Lors
(] ) Hoen Yuen cheng-ki, K. VII, p. 22-25. (2) Cf. Ile Partie: Esprits des puits.