‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 43 sur 100 · ART. I, — FORMATION DE L 'UNIVERS · texte numérisé non relu

ART. I, — FORMATION DE L 'UNIVERS

Le T'ai-ki -}^ ^S ^" ^^te. c'est le Yang; le T'ai-ki en puissance, c'est le In. Cela ne signifie nullement que le Yàng soit produit par l'action du T"ai-ki. et (|ue le In soit le résultat de l'inaction du T"ai-ki ; en d'autres termes, le In et le Yang n'ont [)oint le T'ai-ki pour principe producteur, mais le T'ai-ki est dans le In- Yang, et le In-'^'ang sont dans le T'ai-ki.

Le lettré Tcheou Toen-i )^J ^ \i^^ a écrit un célèbre traité intitulé: T'ai-ki-t'ou -js: ^^ |1|- "Le commentaire de cet ouvrage dit: Tout être a un principe. De l'ait, dans tout l'univers, il n'y a aucun être qui soit à ])roprement parler le T'ai-ki ; ce n'est qu'une manière de parler pour exprimer l'origine de tous les êtres cjui sont dans le nu)nde ; car tout être a son principe. Comme on ne connaît pas le nom de cette cause première, de cette cause efficiente de l'universalité du monde existant, on lui a donné le nom de T'ai-ki. Le T'ai-ki ne peut être circonscrit par aucun espace créé; il n'a aucune substance tangible, aucune apparence saisissable. On n'a pas de nom à lui donner, pas d'expression appropriée pour le désigner, et l'ignorance de l'origine de l'univers a fait inventer cette expression: T'ai-ki: Origine suprême."

C'est en revenir à r"ignoto Deo' d'Athènes.

Un ouvrage chinois, Tai tcli'ou kou fou tclie tehe tcien sinK yu lou 5k In "S" # jt ^p ^ ft |§ #■ Kiuen ±, p. 10 seq., donne une explication différente de la formation de l'univers. D'après cet ouvrage, les trois périodes qui suivirent le chaos i^rimitif, IToeii toen -/g, ï'|î, furent les suivantes:

l'J T'ai 1 ;fc ^ : la première mutation: la formation de l'eau; l'air n'existait pas encore (V/ei yeou k'i ^ :^ %{).

2° T'ai tch'ou :i; ^ : le ])remier commencement: la formation du feu; l'air comment^a à exister, mais il n'y avait encore aucune l'orme ou configuration (Wei >'eou hing 7^ '-^ W) ■

3" T'ai che -^ jn^: \si première origine: la formation du bois, des plantes, des arbres, et rapparition des formes et des figures; mais les

( 1 ) IjC texte se trouve dans l'ouvrage Tsi-chouo-l.'^'iui'n -tclicn ( 'l"ai-

i<i) * ig M ^ (?k M). V. 1.

éléments constitutifs de l'univers, les métaux manquaient (Wei yeou tche

40 T'ai sou ::^ :^: le premier classement des simples: la formation des métaux, des covps simples extraits d'alliages confus; alors il y eut les éléments constitutifs, mais la substance manquait, l'essence des choses restait à former (Wei yeou t'i ^ :^ f§).

50 T'ai ki is;. Jfé'- la première origine des choses: la formation de la terre, des formes et des éléments constitutifs. L'univers est formé: cieux, terre et astres sont formé.s, avec ces cinq éléments: eau, feu, bois, métal, terre.

Yuen che T'ien-tsuen jc iê 5Ç ^j expliquant le Grand Véhicule taoïste devant l'assemblée des génies, raconte comme il suit l'origine des êtres.

"Yuen che T'ien-tsuen, l'Etre sans origine, produisit de son souffle les Trois Purs, San Ts'ing H JW» ^t tous les génies.

1" Yu ts'ing ^ }^, dont le nom est Ning t'ien (Hiuen-sien) jf^J ^ (^ ^)> et dont le titre honorifique est Chang-i-kieou-ti t'ien-kiun J; — ■ il ^ ^ ^- Il a deux acolytes: Hiuen-i tao-kiun ^ — M ^- ^t T'ai-houo lao-kiun in :^a ^ 1S^.

2» Chang-ts'ing Jb ^, nommé Chen-tchou (Tse-tan) jjii^'.EÇ (^-)f)'' son titre honorifique est Tchong-yuen san-i-ti-hoang "f 7C H — * ï^ ^•

Il a deux acolytes: Tchen jen ^ \ et Koang-kien ^ g.

30 T'ai-ts'ing 5k jf, nommé Chen tsing (Kou hiuen) # ^ (^ :^); son titre d'honneur est Hia-yuen tchen-i ti tsuen "F TÛ fi — " îS" ^-- I^ a deux acolytes: Yeou-tsing ^ f| et Ti-k'ing ^ J;|p."

Yuen-che T'ien-tsuen commanda ensuite à Hiuen-i tao-kiuen ^—^ j|i ^" et aux autres génies de prêcher par le monde la doctrine du salut: Ta-tch'eng :A; ^, et de travailler de tout leur pouvoir à retirer les êtres de la roue de la métempsycose. (1).

Du premier coup d'œil on reconnaît ici une adaptation du Taoïsme au Grand Véhicule bouddhiste Mahayana.

(1) Tac tsang, Tome 2 8, No 3';

ARTICLE II

I,es fieii.v taoïstes.

Le K'i ^ (air) primordial forma le ciel Ta-Iouo-t'ien :k B^ ^. riiabitat de la Triade. Il se divisa en trois, et ces trois airs supérieurs donnèrent naissance aux trois cieux supérieurs : San ts'ing H îrf' appelés Yu-tsing ':£ |^, Chang-ts'ing [-'^ et T'ai-ts'ing ^ j^- Chacun de ces trois cieux est comme rélysée de trois autres cieux; il y a donc 3x-j = 9 cieux, ainsi nommés :

1" Le ciel grand et sans bornes.

2'^ Le ciel de l'âge sans limites.

3" Le ciel de l'attente.

4° Le "Tusita" pacifique.

5° Le ciel de délices des ascètes.

6° Le ciel de la juste rétribution.

T^ Le ciel des apôtres célèbres.

8° Le ciel du vide élevé et brillant.

9° Le ciel sans pensée, sans désir et sans amour.

De chacun de ces neuf cieux émanent trois airs producteurs, dont la mystérieuse fécondité constitue les 27 cieux inférieurs: 9x3 = 27.

Il y a donc au total 9 + 27 = 36 cieux; cet ensemble d'orbes superposés se divise de la façon suivante.

A. Cieux soumis aux révolutions cosmiques.

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