‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 42 sur 100 · LA COSMOGONIE TAOÏSTE. CIEUX, TERRES, GÉNIES ET HIERARCHIE · texte numérisé non relu

LA COSMOGONIE TAOÏSTE. CIEUX, TERRES, GÉNIES ET HIERARCHIE

ARTICLE I

l-'oiMiialioii de riinivoi's el ••«'voliilîons eosi)ii(|iio.s.

Peut-on attril)uer à un saint la formation du ciel et de la terre? — Le ciel et la terre sont d'énormes masses qui tombent sous les sens; or tout ce qui a une forme sensible vient d'un i:)rincipe sans apparence; il n'y a donc qu'une cause sans apparence qui puisse créer le ciel et la terre. Cette cause intangible, c'est le Tao ^. Elle est la première de toutes les causes, la source de l'air primordial, et n'a elle-même ni commencement ni cause. Cette cause première et unique n'est ni l'être ni le néant (1) ; d'elle viennent le ciel, la terre et l'air. Au commencement, la matière pure et le légère forma le ciel, la matière impure et lourde composa la terre. Le ciel, c'est le Yang, ou principe fécondant; la terre, c'est le In, ou principe fécondé. Du ciel

(1) Ailleurs il est dit qu'elle est le vide et le néant, et que par conséquent tous les êtres viennent du vide et du néant. T^eur source est le néant, leur cause formelle est le néant. — Notons ici, dès le début, la divergence avec le Confucéisme. Dans le Tchong-yong 4* iW' il ^st dit que le Tao ^ vient du Ciel, et de ce fait est postérieur au Ciel. I^ao-tse est le premier auteur connu qui donne au Tao ^ la priorité d'existence sur le Ciel. Des dizaines d'explications diverses ont été données sur le vrai sens du mot Tao M- Tchoang-tse ^± ^ dit judicieusement que Lao-tsc n'a point expliqué ce qu'il entendait au juste par cette expression, et que nous n'en savons rien.

père, de la terre mère et de l'air médian fut formé l'homme. Tel est le sens du texte: '"La cause première engendra un, un produisit deux, deux donnèrent naissance à trois". L'air médian est la matière; le ciel et la terre sont les ancêtres producteurs de tous les êtres qui existent, et tous sont de même nature. L'univers ainsi formé est soumis à une succession indéfinie d'évolutions appelées tsié ^j ou kalpas. Lorsque le Yang est épuisé, le In lui succède; ce kalpa se nomme le kalpa de la "Grande eau". — Après l'épuisement du In revient le Yang. qui constitue le kalpa du "Grand feu". Le Yang a son apogée à la neuvième puissance, et ce dernier kalpa prend alors le nom de Neuvième puissance du Yang. Le In |f^ a son apogée en six, et ce kalpa est nommé la "Sixième puissance du In." Chacun des cinq éléments: Kin ^, Mou tJv;. Choei y}^, Houo ^, Tou J^ : or, liois, eau, feu, terre^, régit un kalpa, de sorte qu'il }• a le kalpa de l'or, celui du bois, celui de l'eau, celui du feu et celuj de la terre. L'un commence quand l'autre finit; pendant qu'un monde se désagrège, un autre se reforme. Le petit kalpa comprend une période de 3.300 ans; le kalpa moyen s'accomplit en 9.900 ans; le kalpa final se termine au bout de 810.000 années. Chacun de ces kalpas se subdivise de la fai;on suivante: 30 jours font un kiao ^ (ou un mois) ; 12 kiao font un tou f^ (une année de 360 jours); 3. ;)00 tou constituent un petit kalpa; 9.900, un kalpa moyen; 810.000 tou, le grand kalpa. (1).

Voici le commentaire c[ue les meilleurs lettrés chinois donnent du système précédent.

L'air primitif avant sa division s'appelle T'ai-ki -jk "^'^ '^^ était un; se divisant, il engendra deux, ou Liang i M fÉ : '^^ deux éléments tangibles: le ciel et la terre: de même que un est le principe de deux. Le ciel et la terre engendrèrent les c|uatre éléments: or, bois, eau. feu; puis l'homme parut entre le ciel et la terre.

(1) Tao tsanj,' tsi yao (Wei tsi ou) MMi'Jf^ iMMS^h P. 1 ; P- S-T. Si cheng king, j,^ ^ J^|, p. S -10.

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