‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 5)Chapitre 63 sur 100 · ART. II. — LES FAUSSES MÉTHODES · texte numérisé non relu

ART. II. — LES FAUSSES MÉTHODES

des petits ou pondent des œufs; on remarque la même différence de sexes dans l'humanité: l'homme et la femme s'unissent par le mariage et élèvent des enfants. Or les unions engendrent de? affections sensuelles; l'éducation des enfants ])r()(luit l'amour et la reconnaissance: de ces trois sources sortent toutes les partialités et tous les maux, (|ui désolent la vie, amènent les maladies et conduisent à la décrépitude. C'est pour tirer l'humanité de cette mer de douleurs, que Lao-kiun a écrit son traité sur l'immortalité, et que In tchen-jen >+ ^ A a coordonné et expliqué toutes ces données (jui nous ont été transmises par son disciple.

Innombrables sont les recettes, plus ou moins efficaces, qui ont été employées jusqu'ici pour prtKuirer aux hommes l'inestimable bienfait de la vie éternelle; mais toutes ont manqué le but.

Les uns ont usé de la chaleur artificielle, se sont bouché l'orifice frontal ou le nombril ; d'autres ont remué les yeux, prati([ué des massages autour du nombril, sur les testicules ou le long des vertèbres lombaires. Plusieurs se sont mis au régime lacté, ont essayé de retenir dans leurs poumons l'air aspiré, se sont exercés à la gymnastique respiratoire; on en trouve même qui, après s'être exposé le dos au soleil, ])our s'incorporer le yang, se sont couchés ensuite sur la glace, pour s'as-fimiler le in. Il y a eu des mangeurs de sorgho, de champignons; des buveurs d'air, ([ui essayaient de l'avaler mêlé à leur salive. Il y a eu les méditatifs dont le regard était comme cloué vers l'intérieur de leur corps; les jeûneurs, renonçant pour leur alimentation à toutes sortes de céréales, ne se nourrissant que d'aliments dégoûtants et restant exposés au froid ; les gymnastes respiratoires, tout préoccupés de diriger leur souffle vers certaines parties du corps pour l'unir au s])erme, leur regard tourné vers le bout du nez, ])our unir le feu de leurs yeux à l'air aspiré, ou bien encore fixé sur un miroir. ])our s'inoculer la lumière solaire. Quitter femme et enfants, se retirer dans la solitude des montagnes, aspirer les nuages rouges, rester debout sans jamais se coucher, demeurer silencieux et occupé à la méditation, garder l'abstinence : voilà des moyens qui ont été fréquemment employés.

Les Imaginatifs se sont promenés par la pensée dans le pays des Immortels, on sont allés faire leur cour à Chang-ti ; les magiciens ont eu recours aux incantations pour chasser les influences pernicieuses; les "priants" ont récité leurs formules déprécatoires ou écouté ceux ({ui priaient. Certains, pour enrayer ou compenser la déperdition des forces vitales, ont eu recours à des moyens que la bienséance ne nous permet pas d'exposer ici (1). Des hommes sérieux m'ont affirmé que ces expédients sont prati(|ués de nos jours encore (2). Le sang des menstrues, mélangé au plomb argentifère, donna du pltjmb rouge, plus réputé encore que le sulfure de mercure, contenant la quintessence du in et du yang, et n'ayant pas, comme le sulfure d'arsenic, l'inconvénient d'empoisonner les expérimentateurs. Une paire de sabres, mâle et femelle, fondus en ploml), et exposés à la porte comme talismans exorcistes, pouvaient, cro}ait-on, écarter les atteintes de la mort. On eut recours à des massages méthodiques, pour expulser des organes les fluides nocifs, afin de les remplacer par des fluides nutritifs. Il y eut des ascètes qui méditèrent les yeux fermés pour mieux concentrer leurs pensées, ou qui restèrent, pendant !) années entières, le visage tourné vers un mur, dans le but d"arri\ er à commander aux dragons et aux tigres.

D'aucuns aspirèrent la lumière solaire et les rayons lunaires pour fortifier en eux les deux principes yang et in ; d'autres s'exercèrent à acquérir la subtilité, afin de pouvoir monter le phénix et le dragon; d'autres enfin, sur les ailes de leur imagination, entreprirent des voyages idéaux dans les étoiles T'ienkang % 3JV, au (juadrilatère de la Grande Ourse. Certaines herbes

(1) Cf. Ouvrage cité, p. 18.

(2) Cf. id. La description du "Ta-tong-hoei" dans le journal de Chang-hai L'Echo de Chine, 27 Septembre 1923. Le 3e degré. Manducation du sperme en guise d'alimentation. — Dan.s les pharmacies, on vend à un prix très élevé un médicament nommé Tse-ho-tché ^ vpj" :Ç, composé en partie avec des fragments de la secondine, recueillie après la naissance d'un enfant. On s'en sert pour faire des bouillons réconfortants, très réputés pour accroître les énergies génératrices.

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