ART. VII. —TEMPLE TAOÏSTE DERNIER MODÈLE
tao-che), nous aidera à mieux connaître la mentalité des taoïstes tnodernes. leurs jiratiques favorites et les génies en vogue.
Ce temple, bâti à neuf en 1927. offre un curieux spécimen de l'évolution chinoise.
L'un des pavillons. l)âti en ciment armé, à deux étages, vient d'être ouvert au public, le 26 octobre 1S27, le 1^'' jour de la X'^ lune chinoise, fête du Tch'^eng hoang, qui ce jour-là doit sortir de sa pagode et faire une tournée de charité en faveur des âmes des défunts. Voici en résumé la disposition des dieux et des génies dans la grande salle comprenant tout le second étage.
Ce vaste quadrilatère porte le nom de "Sing-sieou tien" M. ^ ^'- Temple des divinités stellaires.
A. Au millieu de la salle, appuyé à la paroi septentrionale, s'élève l'autel des trois dieux de la Médecine. Ce sont les trois premiers empereurs qui s'occupèrent très spécialement des herljes médicinales et de la science médicale en général : Chennong, Fou-Hi et Hoang-ti (1).
B. Au centre de la salle, on voit en B une grande statue du l'résidentdu Ministère du Temps (T'ai-soei -jl^ ^) : In Kiao hx ^- fi's de l'empereur Tcheou |f , le dernier de la dynastie des In ^ (2). Sous ses ordres, 60 Intendants se ])artagent l'administration supranaturelle des 60 années du c\cle chinois. Chacun d'eux est préposé à une année, et tous ceux (|ui sont nés cette année cyclique viennent le prier.
Ces soixante préposés ont chacun leur statue, et sur une tablette leur nom et leur dignité sont écrits en caractères d'or. Ce préposé à l'année devient ainsi comme le patron spécial de tous ceux qui sont nés sous ce signe cyclique. Les 60 Intendants, génies préposés aux 60 années, sont rangés le long des ninrs de l'Est et de l'Ouest (E et O).
(1) Cf. Recherches, T. X, p. 715 sqq.
(2) Id., T. X, p. 825 sqq.
T. Au coin N. O. de la salle, en T. on voit l'autel des dieux du Tonnerre et des Orages (1).
K. Au coin N. E. est érigé en K l'autel de Koan-in |^ ^. On y voit une belle statue de Koan-in song-tse |^ ^ j^ -f . la donatrice des enfants, que les femmes chinoises honorent d'un culte spécial, pour obtenir la faveur de mettre au monde une nombreuse postérité (2).
K. Au coin S. O., en R, figurent tous les dieux de la richesse, particulièrement vénérés chez tous les Chinois, à quelque rang de la société qu'ils appartiennent. La convoitise de l'or les rend dévots, généreux même, peut-on dire, si l'on considère l'argent qu'ils dépensent chaque année en pétards, sacrifices et repas sacré offerts à ces divinités de la richesse, aux pieds desquelles est représentée la corne d'abondance chinoise, le Tsiupao-pen" ^ ^ ^, plateau des trésors, chargé de lingots d'or et d'argent, qui reparaissent chaque fois qu'on les enlève (3).
En gens pratiques, les tao-che ont eu soin de joindre aux 60 préposés du cycle : le dieu[du Feu, contre les incendies, en F : le dieu stellaire de l'eau, contre les inondations, en I; et l'intendant suprême de toutes les divinités stellaires, dont le palais céleste est situé dans la constellation Tse-wei sing ^ f,^ ^. Dans la salle des astérismes transcendants, 'on voit sa statue en W.
M. Le clou de l'aménagement est certainement le bascôté P, M du S. E., auquel on accède par un escalier Z. Là sont les dévotions utilitaires, bien chinoises, et admirablement adaptées à la mentalité populaire. Leurs titres seuls indiquent les motifs de leur culte. Ce sont :
]° Le roi des serpents, contre la morsure des vipères.
2° Le génie (|ui guérit les blcssuresel les coups.
3" L'esprit qui interprète et exi)li(|uc les songes.
(1) Cf. Recherches, Tome X, p. 7 07 sqq.
(2) id., Tome VI, p. 14 8.
(3) Recherches, T. XI, p. 956 sqq.