LA TRIADE DES DIEUX ANCÊTRES
Dans la grande salle tout au fond de la pagode siègent les trois dieux ancêtres des médecins: Foii-hi ijt ^, Chcn-nong t^^ M, Hocmg-ti ^ ^. Les tao-che les désignent fréquemment sous les noms de Tkn-hoang '^ M, l'empereur céleste, Ti-hoang i^ M, l'empereur terrestre, Jen-hoang A M- l'empereur humain. Beaucoup d'auteurs en effet appellent Fou-hi i)i % Tien-hoangche % ^ J^, Chen-nong t^ M Ti-hoang-che ït È. ^, et Iloangti ^ -1^ Jen-hoang-che A M .K- (1)
Le tao-chc qui nous faisait les homicurs de sa pagode, nous dit que le tlicu c|ui siège au milieu est aussi appelé, tantôt P'ankou ^ -é", tantôt Fou-hi ffc ^- Comme il tient dans ses mains
(1) Il y a en outre les trois séries d'cnipt-rcurs icMcstes, terrestres et
liiiinains. avant /• an lit.
les huit trigrammes, il n'y a pas de doute possible, c'est évidemment Fou-Jti f/c ^, à qui on attribue la découverte des huit trigrammes Pa-koa A i]". Mais ici encore les explications du tao-che reposent sur un fondement plausible, car nombre d'auteurs» et la tradition commune, regardent Fou-hi jji % comme le premier homme; il n'est donc pas étonnant que l'un soit souvent pris pour l'autre dans le langage ordinaire. Nous donnerons ici une courte notice sur P'an-kou ^ -^ , Fou-hi f/c %, Chen-nong %^ M, Hoang-ti ^ 0.
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Si nous en croyons l'auteur Jen-fang -jï gÇ, ce mythe aurait été introduit en Chine par des délégués revenant du royaume de Siam, vers le VF siècle ap. J. C. et n'aurait été inséré dans le Wai-ki^\> fË qu'au XT siècle par Lieou-chou (1). L'imagerie populaire représente P'an-kou |f "é" sous diverses figures : tantôt il est armé d'une hache et sépare le ciel de la terre ; tantôt il taille une montagne pour en extraire, comme d'une mine, la matière composante des astres et des êtres vivants.
Au temps du chaos primitif soudain un homme apparut, il avait une stature quadruple d'un homme ordinaire, sa tête avait des cornes, étrange était son aspect, son corps était couvert de poils et ses dents sortaient hors de sa bouche. Il connaissait les relations du ciel et de la terre, ainsi que les lois des transformations du iyi et du yang : cet homme s'appelait P'an-kou ^ "^, ou encore Hoen-toen i^ ^ (P'an-kou signifie solide, robuste ; Hoen-toen, le chaos initial). Les chaînes de montagnes n'étaient pas encore nettement tranchées, les fleuves coulaient au hasard sans lit stable. P'an-kou combla les vallées, tailla les montagnes pour faire communiquer les rivières, et enseigna aux hommes l'art de construire des bacs et des ponts; tous lui obéirent; il fut le
(1) Cf. AVieger. Textes historiques. Tom. I. p. 19.
Fig. 217
Les dieux ancêtres de la médecine Hoang-ti, Fou-hi, Chen-nong, The ancestral Gods of Medicine : Hwang-ti, Fuh-hsi, Shen-nung.
premier souverain. Il eut 17 fils, l'aîné s'appela Hé-t'icn-che ^ ^ \^ ; il fut enseveli sur le mont Tcliong-chan. (1)
P'an-kou 4? "é" n'est qu'un mythe cosmogonique pour expliquer la transformation du chaos initial ; quand les éléments se séparèrent pour former le ciel et la terre, l'homme fut placé entre les deux, et on dit que ce premier homme sépara le ciel et la terre à l'origine des mondes La légende suivante nous montre plus clairement encore qu'il s'agit bien ici de l'exposé d'une cosmogonie populaire.
Le premier homme formé par la combinaison du in et du ycing fut P'an-kou ^ "é"- A sa mort, son haleine forma les vents et les nuages, sa voix le tonnerre, son œil gauche le soleil, l'œil droit la lune, ses quatre membres les quatre points cardinaux, son sang les fleuves, ses muscles la croûte terrestre, sa chair les champs, sa barbe les étoiles, sa chevelure les arbres et les herbes, ses dents et ses os les rochers et les métaux, la moelle de ses os les pierres précieuses, sa sueur les pluies.
Maintenant que le lecteur a une idée de P'cm-hou ^ "é", que notre tao-chc paraissait confondre avec le Fou-hi fjç ^ de sa pagode, passons aux trois dieux ancêtres des médecins.