‹ Recherches sur les superstitions en ChineChapitre 13 sur 47 · II · texte numérisé non relu

II

FOU-HI 1^ ft

Fou-hi ^ % est assis sur le trône central, c'est le premier souverain chinois, qui régna 11 5 ans, de 4477 à 4362 av. J. C, d'après certains auteurs. 11 est connu aussi sous le nom de Taihao k ià^ "u <lc T'ien-hoang-che ^ M. !^ ■ l'empereur céleste; son grand-père maternel s'appelait lïoa-siu ^ n et sa mère Tchou-ing M %■ (-) Quelques-uns disent que Fou-Jii iJt ^ fut

(1) Cf. Chcn-sien-t'oufi-hicn iiiifi {[Il M ÎE 1'^". '. -'"'t. I. p. '^.

(2) 'l'dtou-hxçi se ti-nii\ait ;iii hoi'd d'iini' ii\i(':c. elle \il des p;is d'hommes empi-fints sur Ir sable cl l'ut saisie du desir de mettre au monde un être semblable à ci lui dont elle voyait les traces. Chnit-lsing-t><c lui apparut et elle conçut /■'(tii-hi.

le fondateur de la dynastie des Fong Mi qui aurait compté une quinzaine de rois pendant une période de 1260 ans.

Fou-lii i)i ^ régla les mariages, divisa le peuple en cent familles, leur assigna un nom. Ce fut l'origine du "Pé-kia-sing" : "livre des cent noms de famille''.

Il établit comme règle qu'un mariage devait, sous peine de nullité, être contracté entre deux personnes d'un nom de famille différent. Il mit le feu aux broussailles pour chasser les animaux sauvages qui infestaient les campagnes, et trouva le fer dont il se servit pour fabriquer des armes pour la chasse et des hameçons pour la pèche ; ce fut lui qui commença la culture des terres.

Foii-hi j^ ^ s'avança du côté de l'Est et découvrit tout le pays compris aujourd'hui dans les provinces du Ho-nan ^ 1^ et du Chan-tong {[} M, jusqu'à la mer orientale. Une partie de ses sujets l'y suivirent; il bâtit la ville de Tch'eng-tou ^ ^^, actuellement Tcli eng-tcheou ^ jl'l'l dans la préfecture de K'aifong-fou ^ El" iî^ au Ho-nan ^pj 1^. On lui prête l'invention des premières règles pour la formation des caractères chinois, destinés à fixer la pensée humaine au moyen de l'écriture. Le premier il offrit des sacrifices au ciel, prenant parmi ses troupeaux des victimes de choix, qu'il immolait dans un lieu spécial, et à un jour déterminé chaque année. Il mourut dans sa ville capitale et fut enterré au Nord, à trois ly de distance.

D'après l'histoire, la Chine au temps de Fou-hi ijt ^ comprenait le Chen-si ^ M, le Ho-nan fpf ^ et le Chan-tong \U ^•

Dans la pagode susdite, Fou-hi ^ ^ tient dans ses deux mains une planchette de forme octogonale sur laquelle sont peints les huit trigrammes ou. Pa-koa A §1% qu'il vit écrits sur le dos d'un monstre sortant du fleuve. Ces huit trigrammes ont fourni la base d'une multitude de superstitions, employées par les médecins chinois, pour se donner du crédit auprès des malades. Voici comment on raconte l'origine des Pa-koa A ^^. Fou-hi i)t ^ se trouvait sur les bords du Mong-ho '^ pj ; \\ vit un monstre à la surface des eaux, sa taille était de huit pieds cinq pouces, il avait un corps de cheval, des écailles de poisson, et des pieds;

les autres parties de son corps étaient couvertes de poils, et il portait une tablette sur son dos. Fou-hi f/c ^ s'adressa à cet être étrange et le pria de bien vouloir monter sur la rive, au cas où il devrait en résulter quelque utilité pour lui. Le monstre sortit aussitôt de Teau et Fou-hi jji % prit la tablette en question. Cinquante-cinq lignes entremêlées formaient les figures qui y étaient tracées. Il emporta la tablette à Foii-chan .]% [Ij. où il Tétudia à loisir, et composa son traité des Pa-lcoa A M"- (1)

§ ni

CHEX-XOXG pjj^

Chen-nong j/i^ ^, souvent nommé Ti-hoang-che JJ^ ^ ^, l'empereur terrestre, et Yen-ti ^ ^, naquit au Hou-pc ^ :\t dans la vallée de la Han ]^, non loin de Han-k'eoii ^ U . he lieu de sa naissance s'appelait Lié-chan ^,\[ llj. Il eut pour père Lichan-che ^ llj ^ et pour mère ISgan-teng ^ ^. Li-chan-che eut deux fils, l'aîné nommé Che-nieyi ^ ^ et un second appelé Tsoei-ki j^ ^.. Chen-nong %^ M: était l'aîné. La légende lui donne huit pieds sept pouces de haut, et un corps d'homme surmonté d'une tête de bœuf. Trois jours après sa naissance il pouvait parler, au bout de cinq jours il se Tiiit à marcher, le septième jour il avait toutes ses dents, et à trois ans il cultivait la terre.

Il se fixa d'abord dans les vallées de la Kiang ^-, et de la Wei ï*^. Plusieurs historiens le considèrent comme le fondateur de la dynastie Kiang ^-, qui aurait eu six princes régnants, pendant une période de 380 ans, c'est-à-dire de 3077 à 2G98 av. J. C.

Chen-nong jjitjJ M transporta la capitale de son rovaume à K'iu-fcou-hien |Mj /,«. %, au Chan-iong il] ^ ; on raconte qu'avant

(1) (T. Chen-sien-fntig-lncn 0\i i\\\ Ml le l'v. I, art. (>, p. '). !*(!-chen-sicn-tclu)a)i 'g' jjjiti f|I| fî'/ litic /■'<iii hi. I'' xol. Textes historicuics, Wieger. 'l'om. !, p. '2'A. /■'(ui-hi Histoire de ChiiK-. (rli' Maillfi.) id.

le transfert de sa capitale, il éleva un tertre sur remplacement où sacrifiait Fou-hi j)^ ^. puis il offrit au ciel un sacrifice solennel au nom de tout son peuple, les premiers jours de la XIP lune. On lui attribue l'invention de la charrue et des ustensiles aratoires; il fit défricher le paj^s et cultiver les céréales les plus appropriées à la sustentation des hommes.

Ayant remarqué que les divers pays produisaient des denrées différentes, il établit les marchés. Pour favoriser les échanges, et faire pénétrer par tout le pays les produits spéciaux de telle ou telle contrée, il édicta une loi enjoignant à tous les habitants de ne transporter sur les foires et marchés que les denrées spéciales à leur région.

Chen-nong f$ M ne s'occupa pas seulement de favoriser l'agriculture et le commerce, mais il s'appliqua aussi à 1 étude de la médecine, au discernement des plantes vénéneuses et des contrepoisons. Dans un seul jour, dit-on, il discerna soixante-dix sortes de poisons végétaux. Il parvint à classer 365 sortes de plantes médicinales, et composa un herbier destiné à les transmettre à la postérité. Chen-nong f^ M. est considéré comme le premier herboriste chinois, cest lui qui donna les premières indications précises sur les propriétés des plantes, les poisons et contrepoisons.

Le Chen-sien-t'ong-hien ^ fllj j§ 1^ donne à Chen-nong ii4 Jft le titre de Yo-xoang ^ ï : le roi des remèdes. Pendant une nuit, il mit sur son épaule la bêche dont il se servait pour déraciner les herbes et les plantes médicinales, puis il prit le chemin de Heng-chan ifr LU (Montagne Heng). Un envoyé l'introduisit dans la grotte de Tch'e-song-tse # fè ^ ; sous la direction de ce maître accompli, il étudia la science du grand secret, et changea son nom en celui de Feou-k'ieou if- Jr. ; il avait alors 168 ans, il devint immortel.

Sous le règne de Ming-ti 0^ ï^, empereur de la dynastie des TsH]^, pendant la période Kien-ou ^ ^, 494 ap. J.C, Tchangtsic 5f Ixi, ministre des travaux publics, se retira sur la montagne de Wen-ts'iuen M ^ \U à Tchang-cha -^ fp, pour y mener la

vie érémitique. De là il alla jusqu'à la montagne de Feou-k'ieoiichcni i^ Jîi lij où il rencontra un ermite tao-che, le maître de Tchang-ting ^ 'M. ; (1) il se nommait Feou-k'ieou if: Ji et se donnait le titre de Yo-wang M ï, roi des remèdes; il lui donna une pilule mystérieuse et Tchang-tsié ^ ',3^ put se métamorphoser à

son gre.

Il est probable que la légende, sur la prétendue vie érémitique de Chen-nong |$ M et sur sa retraite dans la grotte de Tch'esong-tse ff ^ ^ , aura été inventée pour pallier les faiblesses de sa vieillesse. L'histoire nous raconte que Chen-nong T^ M. devenu vieux perdit de sa fermeté ; chacun de ses gouverneurs aspira au trône, il s'en suivit des troubles dans tous ses états, et comme il refusait de se démettre de sa charge, on fut obligé de l'y contraindre par la force armée. Chen-nong f^ M. détrôné mourut de tristesse. (2)

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