‹ Recherches sur les superstitions en ChineChapitre 16 sur 47 · I. Le Roi des remèdes Suen-se-miao · texte numérisé non relu

I. Le Roi des remèdes Suen-se-miao

Le dieu de cette pagode, honoré sous le titre de Yo-wang ^ 3E, est Suen-se-miao ^ ,@. ^, son prénom est Tche-wei ^0 |^; il naquit à Hoa-yuen ^ j^. A l'âge de sept ans on l'envoya à l'école, il pouvait apprendre jusqu'à mille caractères par jour. "C'est un saint (2) disait de lui le mandarin de Lo-tcheou "/^ j'I], mais il a un caractère altier, difficilement on pourra se servir de lui." Pendant les troubles qui survinrent sous le règne de Hiuenti M. '^> 827-781 av. J. C, il se fit ermite sur les monts T'ai-pé-

(1) Chen-sieyi-t'ong-kien îi{Sii i\\\^^^]h'. 2, art. 1, p. 8, etc.; art. 5, p 6. Wieger. Textes historiques Tom 1, p. 08-32. Hoang-ti.

Histoire de Chine (de Nnilla) Hoang-ti.

Pé-chen-sien-tchoan "S" jif {[Il fÇ ( Hien-yuen) l'^"' vol.

(2) Le mot saint, d'après les idées taoïstes, n'a pas le sens que nous lui donnons généralement; il signifie ici un homme doué d'une qualité émïnente, peu importe sa vertu.

Fig. 218

Le roi des remèdes et des herbes médicinales Suen-se-miao. The Lord of remédies and médicinal plants: Sun Sze-miao.

chan :;&: Ê lil : il eut pour maître Kieou-tcheng-jen f^ ^ A qui lui apprit le grand secret, la méthode de nourrir l'enfançon, les secrets du m et du yang. Après s'être fait initier à la science des immortels, il partit pour un voyage; sur la route il rencontra un berger qui frappait un serpent pour le tuer. Suen-se-miao ^ S ^ donna ses habits au jeune homme pour sauver la vie au serpent, puis il pansa ses plaies, les oignit d'un onguent, le guérit et le lâcha dans les herbes. Une dixaine de jours après, pendant un de ses voyages, il vit venir à lui un cavalier tout habillé de blanc qui l'aborda, mit pied à terre, le salua respectueusement et lui dit: "Mon père m'envoie vous prier de bien vouloir venir chez lui pour y recevoir ses remerciments." Il le fit monter son cheval et dans un moment ils arrivèrent au milieu dune cité superbe, devant la porte imposante d'un palais. Alors, le jeune homme le prie d'entrer. Un noble personnage, suivi d'une escorte nombreuse, se présente devant lui et l'introduit. "J'ai envoyé mon fils aîné vous inviter à venir ici, lui dit-il, afin que je puisse vous offrir mes plus sincères remerciments." Un moment après une jeune femme amena un enfant vêtu d'habits bleus, et lui dit : "Mon enfant était sorti seul pour s'amuser, un berger le rencontra et le frappa rudement, vous l'avez racheté au prix de vos habits, et vous lui avez sauvé la vie, permettez-moi de vous exprimer toute ma gratitude." Suen-se-miao '% ,§, jfl se rappela alors l'histoire du serpent, qu'il avait sauvé les jours précédents. (1)

Les officiers de ce prince lui donnaient le titre de roi, et appelaient reine cette femme qui venait de lui parler.

Se-miao ,§% ^ demanda alors à son entourage qui était ce souveram, on lui repondit que c'était le roi King-yang '® \%, du palais des eaux. Le roi fit servir un banquet superbe en l'honneur de son hôte. Se-miao ,@, ^ pria le roi de l'excuser parcequ'il ne mangeait aucune des céréales, mais qu'il vivait exclusivement

(1) Le lils de l.oiig-iicoiç/ fj^? 3£, lo roi-dragon, se promeiiail oe jour là sous la forme d'un serpent. I)"autres lois il voyage dans les eaux sous la figure d'une carpe. Le roi ici en question netait autre que Long-wang.

d'air, cependant, ajouta-t-il, je bois du vin. On lui fit fête pendant trois jours, le roi lui offrit ensuite des pièces de soies brodées, de l'or et des perles.

Suen-se-miao |^ ,g, M refusa tous ces présents. Le prince commanda à son serviteur de lui remettre trente chapitres du livre de médecine intitulé: Long-ts'ang f|^: les "Secrets du Dragon", afin qu'il puisse s'en servir pour le bien de l'humanité. Il fit ensuite seller un cheval, et on reconduisit Suen-se-miao ^ S 'Ml cjui s'empressa d'ajouter ces trente chapitres de recettes merveilleuses à son grand ouvrage 7Vien-lcing-Jcien-i-fang ^ '^ Wi ^ ~^ • Cet ouvrage célèbre se compose de trente kiuen ^ ou livres, et chacun de ces livres contient un chapitre des "Secrets du Dragon".

Un autre jour Suen-se-miao ^, ,§l M aperçut un tigre qui semblait implorer son assistance, parce qu'un os s'était accroché au fond de son gosier. Notre médecin lui ouvre la gueule avec un instrument de fer, et extrait l'os avec ses pinces, le tigre se mit à agiter la queue et à balancer la tête comme pour lui dire sa reconnaissance, il se mit à son service et garda sa porte. (1)

Notre immortel ne fait plus parler de lui jusqu'au règne de Soei-wen-ti pj ;^ '^, 590-605 ap. J. C. L'empereur ayant appris qu'il possédait les arcanes du dragon et du tigre, l'éleva au titre de: "Docteur du royaume"; mais il refusa cet honneur, alléguant que cinquante ans plus tard, il viendrait un saint. l,es cinquante ans révolus, Suen-se-miao ^ ,@. ^ consentit à être introduit au palais, oi^i l'empereur le tint en grande vénération. Il lui donna une charge honorable, et voulut le garder comme médecin de sa capitale. (2)

L'empereur T'ang-kao-tsong M "M ^^ pendant sa période de règne Chang-yuen ^ tC, 674-676 ap. J. C, fut pris de violents maux de tête, il envoya chercher Suen-se-m,iao |^ ,g, ^ qui habitait Chao-ché 'J^ ^, et qui le délivra promptement de son

(1) Chen-sien-t'ong-kien j^/Sjt i\^\ M M. Uv. 13, art. 7, p. 9.

(2) ,, ,, liv. 13, art. 8, p. 1.

mal. L'empereur en reconnaissance voulut le nommer censeur, le médecin refusa cette dignité sous prétexte qu'il désirait rentrer pour soigner sa santé, mais l'empereur ne voulut pas écouter son refus, il lui fit cadeau d'un beau cheval, et lui donna en présent les domaines de Pan-yang §[) ^.

Il fut le familier et le conseiller de tous les hauts dignitaires de cette époque ; Song-tse-wen ^ ^t f<^y Mong-ki â: l7t, Loutchao-ling /S M P^^ et le célèbre Wei-^c/ieng ^ ^j: aimaient à s'inspirer de ses conseils.

Lou-tchao-Ung jS! M ^, atteint d'une maladie pernicieuse, fut promptement guéri par les soins de Siien-se-yniao ^ ,@» ^Ë- (1)

L'empereur Kao-tsong "0) ^ lui-même fut atteint de la dysenterie ; les médecins les plus célèbres furent convoqués, et présentèrent leur mémorial ; d'après leurs décisions il fallait fortifier l'estomac pour arriver à une amélioration. Suen-se-miao ^ <§» M fut appelé et contrecarra hardiment leur opinion, soutenant qu'il s'agissait avant tout de fortifier les reins. Séance tenante, il écrivit une ordonnance, l'empereur s'y conforma et fut promptement rétabli,

Pendant l'automne de 682 ap. J.C., à la huitième lune, Suense-miao mourut ; il recommanda instamment qu'on lui fit des funérailles toutes simples, et qu'on ne déposât dans sa tombe aucun objet précieux. Pendant un mois entier son corps resta dans un parfait état de conservation; après qu'on l'eut déposé dans le cercueil il ne resta que les habits, le corps avait disparu. (2)

Deux petits serviteurs sont aux côtés du dieu des remèdes, l'un porte sa gourde, qui contient des pilules d'une merveilleuse efficacité, l'autre lui présente une feuille d'herbe médicinale.

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