I. Adniînîsl ration des caiiv salées, en g-énéral
1° Yang-heou ^ ^
Dans plusieurs ouvrages on trouve seulement ces deux mots: Yang-heou |^ ^, pour désigner le nom de cet esprit des mers. L'auteur du Che-wen-lei-tsiu ^ "^ ^^ ^ ajoute cette explication: Yang-heou ^ ^ était un prince ou marquis, Heow^, du royaume de Yang j^, il se noya et devint esprit des mers. (1)
2° Ma-hien ,^ f^
L'esprit de la mer a pour nom Ma-hien ^ fi/, il a l'apparence d'un dragon, sa tète est armée d'une corne (2)
3° Visite de Ts'in-che-hoang ^ ip ^ à l'esprit de la mer, Yang-heou. Ts'in-che-hoang ^ in M fit l'ascension de la montagne de Tche-feou-chan jt. ^ \h q^ii s'avance dans la mer en forme de promontoire. Lise ^Wr, son ministre, y fit graver une pierre commémorative des hauts faits de l'empereur. On éleva ensuite un kiosque sur la montagne de Tan-ya-chan :Ph |É il] ; de là on devait contempler P'ong-lai ^ M, 1 île des génies. Le Tao-che Pouo-che dit à l'empereur qu'au milieu de la mer une huître énorme vomit une substance merveilleuse dont l'accumulation forme une sorte de tenir appelée : le marché de la mer. Chaque année, à une certaine époque, le souffle qui sort de sa bouche ressemble aux brillants raj^ons du soleil. L'empereur manifesta le désir de la voir. "Je puis, reprit Pouo-che ^ i, écrire une lettre à l'esprit de la mer, et demain vous pourrez la voir".
Sur ces entrefaites, l'empereur se rappela le songe qu'il avait eu les années précédentes : Deux adolescents se disputaient le soleil, l'un d'eux tua son concurrent et emporta le soleil (3) ; il désirait donc visiter les contrées où se lève le soleil. Pouo-che i# i, in-
(1) Che-wen-lei-tsiu (ts'ien-tsi) f^i S. M iK (liîî #) 'i^ • '"• P- '•
(2) Chan-hai-king tsa-chou |il ^ fë' H àÈ P- !'•
(3) Ce rêve présageait à Ts'in-che-Jwang >îç i& ^ qu'il triompherait de ses concurrents et s'emparerait de l'empire.
formé de ce projet, lui fit savoir que rien n'était plus facile, qu'il se chargeait de pousser les rochers dans la mer et d'\^ construire un pont sur lequel il pourrait franchir la nappe d'eau qui l'en séparait. Sur ce, il agite sa sonnette magique, la terre et les vallées tremblent, il prend son fouet mystérieux, les rochers se soulèvent sur leurs assises et s'ébranlent ; comme ils s'avançaient trop lentement, l'envoyé les cingle de coups de fouets, le sang ruisselle et depuis lors les roches demeurèrent tachetées de rouge. Les quartiers de rocher arrivèrent au bord de la mer; on voulut construire le pont projeté, mais il fallut bien se rendre à l'évidence, l'entreprise dépassait les forces humaines.
Le Tao-che envoya une nouvelle missive à l'esprit des mers, le pria d'élever une colonne et d"v adapter une poutre en guise de pont. Les esprits sous-marins accoururent se mettre à la disposition de l'empereur qui, touché de ces bons procédés à son endroit, demanda une entrevue. "Volontiers, répondit l'esprit de la mer, mais à une condition, c'est qu'on ne s'avisera pas de faire mon portrait, parce que ma figure est plutôt laide et mon extérieur peu engageant." Instantanément on vit surgir au-dessus des flots une digue de pierre d'une longueur de cent mille pieds; l'empereur monte son coursier, s'y engage avec une nombreuse escorte et arrive au palais de l'esprit de la mer, après un parcours d'une trentaine de li. Dans l'entourage impérial il ne manqait point de bons dessinateurs, mais ils n'osaient pas prendre la figure de l'esprit.
L'un d'eux, nommé Loii-tong-che ^ 3| 0ijî, avait laissé à Wei-choei 'j^ 7K le portrait de l'esprit de la mer, qu'il avait jadis dessiné; il se cacha dans l'eau' et se mit à faire le portrait avec son pied. L'esprit des mers s'en aperçut et se mit en colère. "Vous manquez à votre parole, dit-il brusquement à l'empereur, est-ce que vous avez envoyé ici Lou l'immortel pour m'insulter? Retirez-vous vite, sinon il vous arrivera malheur." L'empereur comprit la gravité de la situation, il sauta sur son cheval et s'enfuit au galop. Au moment même où il arrivait sur la grève, la digue de pierre s'effondra et toute la suite de l'empereur périt
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