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dans les flots. Un des magiciens de la cour dit à Ts'in-chchoang ^ Aa M : "Cet esprit doit être redouté comme la foudre et honoré comme un père, alors il devient serviable, un soldat aux mains de ses officiers. .A ujourd'hui on a commis une maladresse." Pendant plusieurs jours les vagues déferlèrent sur le rivage avec une fureur inouïe, elles étaient soulevées par la puissance de cet esprit. — "Quel est son nom, demanda Tempereur?' — "L'esprit de la mer s'appelle Yang-heou % ^. Parce que votre Majesté Ta trompé, la reine des fleuves et le préposé des vagues sont pleins de fureur."
(Il s'agit donc ici du même esprit des mers Yang-heou |# 'g|, donné aussi comme esprit des vagues).
Che-hoang ia ^ bâtit le temple de Yang-tchou-ts'e 1^ 3Ë P sur la montagne de Tche-fcou-chan t. ^ Ûi- et une pagode à l'esprit des mers au bas de la montagne de Wen-teng-chayi
4" L'esprit de la mer est une donzelle de joie.
Sous le règne de l'empereur Ou-tsong |^ ^ des Ming 0^, (Tcheng-té JE '^,, L506 ap. J. C). un homme du Ngan-hoei ^^ nommé Tch'eng-tsai fl ^ emporta une forte somme d'argent à Liao-yang M % (Liao-tcheou M ji] du Chan-si [Jj tS). Pendant de longues années il éprouva des revers de fortune, et finalement aboutit à la «-uine ; pour gagner sa vie, il fut obligé de se mettre au service d'un autre commerçant. Douze ans après, en 1518 ap. J. C, un soir, la pluie et le vent faisaient rage ; Tch'eng @ se coucha et s'endormit.
Il se réveilla en sursaut, sa chambre était inondée de lumière comme en plein jour, il vit irois belles femmes au visage rose, aux cheveux verts et coiffées d'un élégant chapeau, orné de plumes bleues ; plusieurs centaines de femmes les entouraient. L'une de ces trois belles femmes s'approcha de son lit et le sollicita à vivre maritalement avec elle. Les deux autres belles
,1) Chen-sien-r<nuj-l,icn 0^ f|i| M M liv. 7. art. :?, p. 2: liv 7. art 2. p. Yuen-kieu-lei-han m M M v'H 'i^ • •^~^^- P- '"*•
femmes disparurent soudain avec toute leur suite. Celle qui était restée auprès de Tch'eng lui dit: "Je ne suis pas une immortelle, je suis l'esprit de la mer. nous sommes prédestinés pour vivre ensemble, c'est pourquoi je viens aujourd'hui te trouver".
Au premier chant des coqs du voisinage elle s'en alla ; elle continua à venir ainsi toutes les nuits et à disparaître au chant du coq. (1)
5° Tch'ao-lwng ^ ^.
Jou-i in M, roi de Tchao H, apparut sous une forme sensible pour se venger de Liu-che S ^ : "' souleva un raz de marée, qui fit déborder le lac K'iong-tch'e S\\ iiÈ- et plus de deux mille personnes périrent dans ce cataclvsme. L'Esprit de la mer Tch'ao-hoy^g ^ ^ informa Chang-ti J: ^ que ce génie avait, sans permission, employé les eaux de la mer pour nuire aux gens. Pour le punir de ce crime, Chang-ti Jl "^ le changea en dragon du K'iorig-tch'e Vil 'HÈ' et lui enleva tout pouvoir sur les pluies et sur les eaux du lac, de sorte que. par suite de grandes sécheresses, le lac vint à se dessécher ; le dragon exposé aux ardeurs du soleil, dévoré intérieurement par une chaleur intense, vit se former un ver sous chacune des 84.000 écailles qui couvraient son corps, et se sentit dévoré vivant au milieu d'intolérables tortures.
Un matin, une éclatante lumière irradia les nuages de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ; dans le centre lumineux apparut un noble personnage aux cheveux violets et enroulés sur le sommet de la tète, son visage brillait comme la lune. Devant lui, les génies des montagnes, les esprits des eaux pliaient le genou, l'air était embaumé de parfums d'encens, et une pluie de fleurs tombait des cieux.
Notre dragon leva la tête vers le ciel et implora en gémissant le secours de cet être puissant. La troupe céleste lui dit que c'était le bouddha Che-kia-wen ^ ?& "^j en mission dans les pa3's de l'Est- Bouddha accueillit sa prière, lui tît promettre de laisser
(1) Kou-kin-clioun-hai-chnitn-i/uen-ping-tfii (Hai-chen-tchoan) : fi^ 4" IS ?^
de côté toute idée de vengeance, et de réparer sa faute, enfin il lui accorda la faveur de renaître sous une forme humaine, dans la maison d'un mandarin de Yang-tcheou ^ ^'l'I, nommé Tchang-yu 51 ^. Ce nouveau-né reçut le nom de Tchang-kiun 5S Wl et devint mandarin de Ts'ing-ho-hien ^ fpf !M ^ù il s'acquit une réputation de bienfaisance et de probité.
D'après cette légende, l'esprit de la mer se nomme Tch'aohong ^M- ('l)
§ IL Adiuiiiisl l'ai ion des eaux salées, en particnliei*.
Il s'agit ici de la délimitation des sphères d'influence de chacun des esprits des eaux salées.
1" Les quatre rois-dragons.
Chacun des quatre grands rois-dragons étend sa juridiction sur l'une des quatre mers.
Le roi-dragon Koang-té ^ ^ est le souverain de la mer Orientale ,, Koang-li ^ TpJ ,, ,, du Sud
,, Koang-joen^'^ ,, ,, Occidentale
,, Koayig-tché MW -. ^7 du Nord.
Ces noms sont inventés par les mythologues, probablement
taoïstes, qui se sont approprié les légendes indiennes, pour les
adapter à leur système de gouvernement transcendant, modelé
sur les administrations du monde présent (2)
Dans un article précédent nous avons parlé des quatre roisdragons : Ngao-koang %iM^ Ngao-k'in |5[ #:, Ngao-choen ^ jl[i, Ngao-]oen ^ -jf^, qui sont des personnages bouddhiques : une légende tirée du Chen-sien-t'ong-kien # fjlj j§ Mi nous le fera comprendre.
Les huit Immortels se rendaient à la montagne Tchang-li ■^ îll iJj pcjiir y célébrer la fête anniversaire de la naissance de Sien-wong f[|j ^, le dieu de la Longévité. Un serviteur était chargé des présents qu'on devait offrir à l'immortel. Arrivés
(1) Chen-sien-t'ong-kien jf|i|) f|l| jjlî jg liv. (l, nrt. 'i, p. /i
(2) Cf. Même référence que pour le tableau: Conseil suprènn
sur le bord de la mer, les Immortels entrent de plain pied et marchent sans difficulté sur les flots. Lan-ts'ai-houo ^ 7^ ^ fit remarquer que leur suivant ne pourrait pas les y suivre ; qu'il fallait aviser à un moyen de transport. Ts' ao-houo-kieou "^ ^ H prit une planche de cyprès et la transforma en radeau, le domestique y monta et put suivre ses maîtres. Arrivé en pleine mer, un typhon s'éleva, le radeau chavira, le serviteur et les cadeaux coulèrent au fond de l'eau.
Certainement c'est un diable des eaux qui a causé ce naufrage, se dirent les Immortels; il faut en demander raison au Longwang Ngao-k'in ^ ifc. T'ié-koai-li ^ |55 ^ saisit sa gourde, en dirigea l'orifice vers le fond des mers ; il en sortit une projection de lumière si intense qu'elle éclaira le palais du roi des eaux. Ngao-k'in ^ j0^ surpris se demanda d'où pouvait venir cette traînée lumineuse et députa en toute hâte une estafette chargée d'en demander la cause.
Le courrier arrive en présence des immortels, qui lui expliquèrent comment un vent violent, suscité par la malveillance, avait coulé l'embarcation de leur serviteur et jeté à l'eau tous les présents qu'ils avaient apportés avec eux. "Que Long-wang f| ï nous rende notre serviteur et nos présents, nous n'exigeons rien de plus." L'envoyé raconta à Ngao-k'in i5f §^ ce qui venait de se passer, le roi-dragon soupçonna son fils d'être l'auteur de ce méfait; il le mande, l'interroge et reconnaît sa culpabilité. Il le réprimanda sévèrement de lui avoir suscité cette affaire. Le jeune prince saisit son sabre, et suivi d'une escorte, s'en va trouver les mécontents, et de si loin qu'il les aperçoit se met à les invectiver.
Han-siang-tse 1^ ^§ ^ trouva de mauvais goût ces injures imméritées, il changea sa flûte en une ligne de pêcheur et dès que le prince dragon fut à sa portée, il l'accrocha avec son hameçon, puis le retint comme otage.
Les suivants du petit prince retournèrent en toute hâte avertir Ngao-k'in ^ ^ de la mauvaise tournure des affaires.
Ce dernier reconnaissait finalement qu'il était dans son tort; aussi proposa-t-il de rendre les présents et le naufragé. Les officiers de sa cour furent d'un avis différent. "Ces Immortels, dirent-ils, osent détenir captif le fils de votre Majesté, pour quelques présents perdus et un serviteur naufragé; l'injure est notoire, permettez-nous de venger cet outrage." Ngao-k'in ^ ^ se rendit à leur avis et les armées des eaux se mirent en branle-bas pour une expédition guerrière contre les intrus. De leur côté les Immortels firent appel à tous les autres immortels et iiéros du tao'isme, si bien qu'en quelques instants deux armées formidables se trouvèrent en présence.
Hoai-nantse f^ 1^ ^ essaya d'enrayer le combat, mais il échoua. Lieou-i t|p ^, le gendre du roi-dragon de Tong-t'ing i|p) M et son épouse vinrent supplier Ngao-k'in ^ i^ de traiter cette affaire à l'amiable, mais ils durent se retirer sans succès. Le combat fut des plus vifs. Ngao-k'in ^ ^ reçut une balle de fer en pleine tète ; les événements tournaient au tragique, quand tout à coup parut Ts e-hang-ta-che M- ^ '^ '^ avec sa bouteille d'eau lustrale dont il aspergea les combattants avec un rameau de saule. Tous les charmes magiques disparurent.
Choei-koan 7K l^- souverain de l'élément aqueux, apparut et admonesta vertement Ngao-k'iyi %^ |^. lui représentant qu'il était pleinement dans son tort et que, si l'afïaire parvenait à la connaissance de Chang-ti }[^ '^, il risquait fort de s'attirer une grave punition et de perdre sa charge. Ngao-k'in ^ ^ se soumit à ces observations, rendit les présents et le serviteur et dut faire des excuses aux Im.mortels.
Nous voyons ici clairement les gens du taoïsme en guerre contre un ennemi bouddhique Ngao-k'in ^ ^ et ses armées. (1)
2° Les quatre mers et leurs esprits.
Mer de l'Est: Ngo-ming ^ ^}\.
Mer du Sud : Kiu-tch'eng Lî ■^■
(1) Chen-.sien-t'ong-kien jf4 # M M liv. 22, art. 3, p. 6, 7, 8, 9.
Mer de TOuest : Tchou-leang fJt ^.
Mer du Nord : Yu-k'iang ^ H. (I)
Ces quatre noms ne sont que des appellations différentes des personnages que nous trouverons énumérés plus bas au N° 5. Les fabulistes du taoïsme ont d'abord pris les esprits des cinq directions pour en faire des esprits des quatre mers, puis par un second travail de transformation, ils ont changé leurs noms pour en composer une série nouvelle.
Ngo-ming ppf H^ est Keou-mang ^ t?.
Kiu-tch'eng E ^ est Jou-cheou ^ 1|JC.
Yu-k'iang ^ |g est Hiuen-ming 'p^ ^. (2)
3" Fong-Sieou-ts'ing >% f^ ^ est le souverain des mers de FEst ; son épouse est Tchou-in-ngo ^W:^^.
Che-tch e "^ff est le souverain des mers du Sud; son épouse s'appelle I-i-liao ^ j^ ^.
Keou-ta-k'ieou-pé "èj :k '^^ ^ est le souverain des mers d'Occident ; son épouse est nommée Ling-souo-kien S ^ ^.
Che-yu-tchang-li ;ê ^ ifii M est le souverain des mers du Nord; son épouse est appelée Kié-lien-k'iao $q jÈ M '3).
4" L'esprit Yu-hao H f^ [hao |t) habite une île de la mer d'Orient, il a un visage humain ajusté sur un corps d'oiseau ; deux serpents jaunes lui servent de pendants d'oreilles, deux serpents jaunes sont sous ses pieds.
C'est le petit-fils de Hoang-ti ^ ^, son père s'appelait Yu-yang ^ ^.
(1) Cf. Che-on-i-ming-lou |? #j ^ =^ || liv. 28, p. 6.
(2) Chen-sien-t'ong-kien H^ i\i\ M M '■ liv. 2, art. 3, p. 5. Siu-wen-hien-t ong-kao f$% if M :# Hv. 214, p. 5.
(3) T'ai-p'ing-yu-kien iSi ^ W Wi Hv. 881, p. 4.
Siu-iven-hien-t' ong-kao ff ^ Dî M # liv. 214, p. 5 ; liv. 208, p. 34. Yuen-kien-lei-han M ^ %fk W\ liv. 320, p. 11.
L'esprit Pou-t'ing-wei-yu xf^ S G -î^ habite une île de la mer du Sud, il a une forme humaine, à ses oreilles pendent deux serpents bleus, et il foule aux pieds deux serpents rouges. Il est encore appelé du nom de Pou-fan-hou-yu ^ jH ^ ^ (1).
L'esprit Yeyi-tse ^ U habite une île de la mer d'Occident, il a un corps d'oiseau surmonté d'un visage d'homme, deux serpents couleur d'azur sont suspendus à ses oreilles, et ses pieds sont placés sur deux serpents rouges.
L'esprit Yu-h'iang ^ |g habite une île de la mer du Nord ; visage d'homme et corps d'oiseau, ses pendants d'oreilles sont deux serpent azurés, deux serpents rouges forment l'escabeau de ses pieds (1).
5° Tchou-yong MME est l'esprit de la mer du Sud.
Keou-mang ^ 'E ,, ,, d'Orient.
Jou-cheou M i\% ,, ,, d'Occident.
Hiuen-ming ;£ g ,, ,, du Nord.
Ces noms ont déjà paru dans un article précédent où il est parlé des esprits des cinq directions Ou-fang jG. ij .
Les mythologues taoïstes ont simplement pris quatre des esprits des cinq directions, et leur ont confié le gouvernement des mers, situées dans le territoire qu'ils régissent. (Cf. Ou-fangchen 3l t #) (2).
(1) Chan-hdi-king jlj •/$ f,f liv. l^i, p. 5. I.cm-chc hcnu-ki ^"^ ;t ^ fli liv. 5, p. 23.
(2) r-ai-p'hu, yu-lden :k ^\^ M ïi' liv. 882, p. 4.
7'c/(0(/-i/o/)fy fsl honoré trrs ffi'tu'T.ilcmcnt comme l'esprit du feu. Du reste il h.iliitr le Sud qui est l;i direction du feu.
§ III. Administration des eaux douces. I. Esprits des quati'c grands cours d'eau.
A. Se-lou-chen \^\ \$, #.
On appelle Se-toii-chen H i^ î^ les esprits préposés aux quatre grands fleuves: Kicing /X, Hoang-ho ^ '/pj, Hoai 'i^, Tsi
D'après l'ouvrage taoïste précité, quatre grands rois-dragons régnent en souverains dans les eaux de ces fleuves :
Le roi -dragon Koang-yueyi ^ fi^, dans les eaux du Yang-tse.
,, Ling-yuen S. W-, ,, du Hoang-ho.
,, Tch'ang-yuen -^ ij^, ,, du Hoai.
,, Ts'ing-i/uen ^ W-> >) du Tsi.
Ces rois-dragons ont été concrétisés et personnifiés; le Cheoii-chen-hi ^ Jjif fE donne les noms des quatre personnages honorés maintenant sous ces titres.
1° L'esprit du Yang-tse-kiang ^ --f* fX se nomme Ckouyuen ^ j^, du royaume de Tch'oii, où il fut grand mandarin ; canonisé sous les T'ang )M, et les Song 5i^, il reçut le titre de roi sous la dynastie des Ming B^ ; son nom honorifique est Koang-yiien-choen-tsi-wang M M M i^ ï-
2" L'esprit du fleuve Jaune est Tch'en-siu f$. W. qui vécut sous les Han i^. Les T'ang j^ lui accordèrent un titre d'honneur en deux caractères, les Song ^ en ajoutèrent deux autres, et les Ming B^ l'honorèrent du titre de roi Ling-yuen-hong-tsi-wang S
(1) Le Yang-tse-kiang ^^ ^ yl ou fleuve Bleu, le Hoang-ho |S inf, fleuve Jaune sont trop connus pour qu'il soit besoin d'en parler.
Le fleuve Hoai 'j^ prend sa source à la montagne de T'ong-pé-chan >^^ -^g Jll dans le Xan-yang-fou "Wi % M, f^u Ho-nan -Jqf ]^ : il traverse le Nord du Ngan-hoei ^ ^, de l'Ouest à l'Est et se jette dans le lac Hong-tche 'il\ {'§.
Le Tsi ^ était jadis un grand fleuve du Chan-tong |ll ^^ : le fleuve Jaune changeant son cours roule maintenant ses eaux dans le lit de ce fleuve. 11 y a encore le Tsi méridional ou Lo-choei f^ y\<, de moindre importance.
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3° L'esprit du fleuve Hocd ^ est un homme des T'ang ^ nommé Fei-yué ^ |^, qui fut canonisé successivement par les empereurs des T'ang ^ et des Song ^. La d3^nastie des Ming 0^ le proclama roi, avec le titre posthume de Tch'ang-yuen-tsitsi-wang -fi: il?, ^ if ï .
4" L'esprit du fleuve Tsi \^ est un grand dignitaire du royaume de Tch'oii ^, à qui les premiers empereurs de la dynastie des T'ang M et ceux de la dynastie des Song ^ accordèrent des titres d'honneurs.
Finalement il reçut le rang de roi sous les Ming B^ : Ts^ingyuen-han-tsi-ioang '^ yj?, i$, \^ ï. (I)
B. Esprits adjoints nu Se-tou-chen ffl /S #•
Plusieurs autres esprits vinrent s'adjoindre aux quatre grands souverains de ces cours d'eau. Voici quelques noms plus célèbres.
i" Fleuve Kiang fX-
a) Ki-siang ^ /fi.
Le "Che-ou-i-ming-Lou 4*- #J -^ :^ ^" raconte que l'esprit du Kiang fL s'appelle Ki-siang ^- ^^. (2)
h) Kiang-nan-pé iX ]§ fÔ • Le comte du Sud du Kiang.
Nous avons déjà vu dans la notice sur lùil-iang-cluni ZL Êl^ jji^ comment son père Li-ping ^ 7K engagea un combat avec l'esprit du Kiang yX et le tua. Rapportons ici brièvement le récit un peu diff"érent du (' hen-sieyi-f onq -Icien ^1^ fil] jii i^.
Li-pi7ig $ 7K était un descendant de l'immortel Li-pa-pé ^ A "§" ou Li huit-cents. Ts'in-che-hoang ^ iu M le nomma préfet du Se-tch'oan ffl )\\ appelé alors Chou ^. Li ^ perça une montagne pour donner un écoulement aux eaux- L'esprit du Kiang '/X, furieux de cette innovation, apparaissait sous la forme d'un b(L>uf, puis disparaissait soudain. Li-ping $ 7K lui livra combat et lui coupa la tête. Cet esprit s'appelait le comte du Sud du Kiang fL-
(1) (•heou-chen-ki (Chang-kiucn) ^ ^iiji JH (X #) P 22.
(2) Che-nu-i-ming-lnu ijj: ^ % i^^ lij; liv. 28, p 7.
D'après d'autres auteurs, cet esprit serait plutôt le souverain du Kiang fX, creusé par Li-ping ^ 7K, pour permettre aux eaux de s'écouler. (1)
c) Yang-tse-kiang-san-choei-fou f^ ^ fL H 7K ilï>
Les trois palais des eaux du fleuve Bleu.
Outre les esprits ci-dessus éoumérés, il J a encore les trois palais ou les trois préfectures des eaux du fleuve ; ce sont trois pagodes situées le long de son cours, et qui ont reçu ce nom honorifique.
Le Palais du Haut Yang-tse 1^ ^ est situé au Sud de la montagne de Ma-tang ^ '^.
Le Palais central est sis au bas de la montagne de Ts^ai-che ^ ^, au Sud de T'ai-ping-foii :;fe ^ j^ du Ngan-hoeî ^ ^. Le dieu de la pagode, plusieurs fois canonisé, a reçu le titre de Roi pacificateur du Kiang fji, sous la dynastie des Song tJc.
Le Palais du bas Yang-tsc î^ ^ est la pagode célèbre de Kin-chan-se ^ |i| ^, sur la montagne d'Or, à Tchen-kiang ^ Ùl au Kiang -sou tL ^■
Les navigateurs du Kiang ^X n'implorent jamais sans succès les esprits de ces pagodes ; au passage ils leur offrent des victimes, des soieries, et des collecteurs sont chargés d'organiser des fêtes annuelles en leur honneur. (2)
Cette dernière pagode très connue joue un grand rôle dans les diverses publications bouddhiques : v. g. Si-yeou-ki Pé-chétchoan ; nous en donnerons ici une courte description.
La pagode de la moiitayne d'Or Kin-chan-se 3e LU ^■
La montagne d'Or, Kin-chan ^ [Jj, s'élève sur la rive droite du fleuve Yang-tse ^ ^, à l'Ouest de la ville de Tchen-kiang 1^ yX, à un ]y environ de l'extrémité la plus occidentale de la concession européenne. Une tour à cinq étages, de forme très élégante, couronne son sommet, et domine le cours du fleuve.
(i) Che7i-sien-t'ong-kien jjii}i {[Il M ^ Hv. 2, art. i, p. 9. (2) Cheou-chen-hi (hia-khten) ^ # |E (T #) p. 63
Comme il n'est pas rare que les voyageurs, de passage à Tchen-kiang H fL- entreprennent la visite de cette pagode bouddhique, nous croyons utile d'en donner ici une description sommaire, qui puisse leur servir de guide. Dès l'entrée, le visiteur se trouve devant le bouddha gardien, un gros ventru, assis à l'indienne dans sa tourelle, en face la grande porte : c'est le bouddha de l'avenir Mi-lai-fou Wi W\ #•
Dans les côtés du vaste vestibule, quatre statues monstrueuses, de cinq mètres de hauteur, gardent l'entrée du temple; ce sont les quatre grands rois célestes, Se-ta-kin-kang ffl :k ^W\^ dont nous avons longuement décrit les engins belliqueux, et étudié l'origine.
On passe une cour intérieure, et on se trouve devant la grande salle consacrée à la triade bouddhique. L'autel monumental a une double face. L'avers tourné vers le Nord est dominé par les statues gigantesques de Che-kia-foii # ^ #, Yo-che-fou ^ Bl fi, Bhaishajyaguru, et Mi-lai-fou MWi i^ Maitreya, les trois bouddhas du présent, du passé et de l'avenir. Deux bouddhas serviteurs sont aux côtés de Che-kia-fou ^M f* qui occupe le centre du groupe (1). T'ouo-t'a-li-t'ien-wang tt ^ ^ 3R ï : Li porte-tour, un roi du ciel, et Wei-t'ouo $ p, un général des rois du cieK sont debout à droite et à gauche de l'autel.
Le revers de cet autel est dédié à une autre triade bouddhique : Koan-iyi M "b, Wen-ckou ^ % et P-ou-hien # ^ (2). Un monstre marin porte Koan-in M a" au-dessus des flots de la mer, en face des rochers de P'ou-t'ouo # l^'È- Une remarque intéressante, c'est que les bonzes de cette pagode reconnaissent parfaitement que Koan-in fi ^ lut primitivement un homme et non une femme. Chan-tsai # ;f ^^ Loiig-niu f| ^ lui offrent leurs services, et le rocher est creusé d'une quantité de grottes dédiées à des immortels et à des bouddhas.
(1) Ce sont ses deux disciples Kashiapa et Ananda.
(2) Cette triade est nommC-e encore San-ta-che H ;^ ± : f es trois grands maîtres.
La deuxième grande salle, ou le palais du Kiang fL, dédiée à Tesprit du fleuve Bleu Kiang-chen tL #, sert maintenant de caserne aux soldats républicains; pour souvenir de son glorieux passé, il ne reste plus qu'une statue du dieu, de moyenne grandeur, dans une niche latérale, un grand poisson en bois sculpté de trois mètres de longueur, et un écusson en cuivre ouvragé, avec l'inscription de ses titres.
La troisième salle contient la Koan-in ^ W aux enfants, flanquée de petites statuettes représentant la triade bouddhique, Ti-ts'cmg-ioang M ^ ï etc.. Un pagodin particulier, sur main ffauche, renferme une statue de Koan-in |^ g" aux mille mains et aux mille pieds.
Après avoir monté un escalier taillé dans le rocher, on arrive au pied de la tour, au sommet de la colline. Le bonze gardien permet l'ascension moyennant quelques sapèques.
Cette tour à huit pans, solidement bâtie, est ornée de galeries à chaque étage ; un escalier en bon état permet d'en faire facilement l'ascension. Le pilier central est creusé en forme de niche à chaque étage, et contient une ou plusieurs statues. Les murs du pourtour sont également ornés de quatre bouddhas dorés, installés dans des excavations murales. Les noms des bouddhas nichés dans les murs latéraux, sont écrits en caractères d'or aa-dessus de chaque statue, inutile donc de les donner ici. Voici seulement les noms des divinités qui figurent à la place d'honneur, dans les excavations du pilier central.
Au premier étage : la triade bouddhique, Che-kia-fou # M §,, Wen-chou ^ ^ et P'oii-hien # ^ ; au second étage : Tits'ang-wang it ^ ï^ 'e dieu- des enfers, et les quatre grands rois du ciel.
Au troisième étage: Çakiamouni (Che-kia-fou^ M i^) après son arrivée à la perfection suprême.
Au quatrième étage : Çakiamouni pénitent, avant d'avoir atteint la perfection ; un oiseau est perché sur le rocher de sa grotte.
Plus haut, l'espace réduit n'a permis de placer que des petites statuettes sans intérêt.
Qui se sent le cœur solide, et désire compléter sa visite, peut descendre dans une grotte enfumée, noircie par la fumée crasseuse de l'encens, et remplie d'un air vicié et nauséabond. Dans cette grotte il verra deux vilaines statuettes de Yen-ltoangp'ou-sah 0^ :^ W ^ et de Koan-in ^ "3. Cette dernière a des enfilades de sapèques suspendues en ex-voto devant l'enfoncement du rocher où elle se blottit.
Tout au fond de cette grotte figure la statue du bonze fondateur de cette pagode, un Hounanais, nommé P'ei ^. De là vint le nom de cette grotte P'ei-tsou-tong ^ jJH 'l^ : Grotte du fondateur P'ei. Des bâtonnets d'encens brûlent jour et nuit devant sa statue.
Le fondateur de la pagode de Kin-chan-se ^ \U ^, dont la statue se voit dans une petite grotte au sommet de la montagne, s'appelait P'ei-t'eou-t'ouo ^ M l^'È ; en creusant la montagne il trouva de l'or dans cette grotte et l'employa à la construction de la pagode. C'est de là que vint le nom de Kin-chan ■^ [Jj donné à cette montagne: La montagne d'Or. Kin-chan-se ^ |ll ^ était déjà bâtie vers le temps de T'ang-ming-hoang ^ §^ M, quand r'ang-jo-chan ^ ^ \li J aborda, (l)
Les bonzes actuels prétendent que le fondateur P'ei ^ était un Honanais ; l'auteur précité ne donne point d'indications sur son pays natal.
SOI\G-KIAr\G-'VEOl -i-ciii;.\ iK ÎL M ^ ^
Apparition de cet esprit à Tch'en-yao-tse 1'^ ^ "Sf •
Tch'en-yao-tse fM % ^< '^^^ cours d'une navigation sur le Kiang fX, aborda à San-chan-ki H lil Si- Un vieillard vint lui dire de ne pas mettre à la voile le lendemain, pa>"ce qu'il surviendra une tempête pendant laquelle beaucoup de bateaux feront naufrage. Le matin venu, la journée s'annonçait superbe, les
(1) Chen-sien-t'ong-hien jf|i{i f|I| M iJ liv. Ci, art. (1, p. J.
bateliers voulurent lever l'ancre. Soudain, vers midi, arriva un ouragan terrible qui coula tous les bateaux, des vagues énormes venaient battre le navire de Tch'en-yao-tse P^ ^ ^ qui était plus mort que vif. Le même vieillard lui apparut de nouveau et lui dit: "Je ne suis pas un homme, je suis un esprit; parce que tu es destiné à devenir ministre d'Etat, c'est mon devoir de te protéger.'" — "Comment pourrai-je jamais payer vos bienfaits, reprit Yao-tse ^ ^ ?" — "Je ne veux aucune récompense, je suis l'esprit-dragon du fleuve, c'est mon devoir de te protéger parce que tu es un homme supérieur. Je désire seulement qu'après ton élévation à la dignité de ministre d'Etat, tu me procures un exemplaire de l'ouvrage intitulé Kin-koang-ming-king ^ ^ 0>^ f^." Yao-tse ^ ^ le lui promit, et dès qu'il eut été admis au Ministère, il expédia un délégué porteur de trois exemplaires de cet ouvrage, avec mission de les jeter à l'eau à San-chan-ki H lll ^- Ees temps suivants Tch'en-yao-tse M ^ ^ vit le vieillard lui apparaître en songe; dans ses mains il tenait les trois exemplaires, et il lui dit: "Je ne vous avais demandé qu'un exemplaire, vous êtes bien bon de m'en avoir expédié trois."
Il lut ensuite quelque pages de l'ouvrage et disparut (1).
2° Le Hoang-ho % M-
a) Fong-i >"% ^.
Le comte du Hoang-ho ^ fp]" a pour nom de famille Fong iWi ; I ^ est son nom, et Kojxg-tse ^ ^ son prénom (2).
h) Liu-kong-tse S -^ 'f-
Le comte du Hoang-ho ^ fpj" est nommé Liu-kong-tse § ^ ^ par un autre auteur, et ce serait son épouse qui aurait porté le nom de Fong-i <^ ^ (3).
(1) Cheou-chen-ki fchang-kiuen) ^ |iji ^2., (h#) p. 51.
(2) Siu-wen-hien-Vonc/-kao fg ^ if M ^ 'i^- 214, p. 1.
(3) T'ai-p'ing-iju-kien :^ ^p f^ ^ |iv. 881. p. 4. Yuen-kien-lei-han f^ ^ $fî iîî Hv. 320, p. 11. Siu-ioen-hien-t^ nng-kao f|f ^ $^ M ^ liv. 214. p. 1.
c) Ou-i M %.
Le comte du Hoang-ho ^ '/p[ est Ou-i É^ ^ ; il a sa résidence dans le fïeuve Hoai */|| et pour ce motif il est aussi le souverain de ce fleuve. Ou-i n'est autre que Fong-i % ^ (1).
d) Ping-i tK M.-
Sur un plateau au Sud des montagnes de Koen-liien %-^ s'étend une forêt de trois cents lys de surface ; là se trouve un gouffre rempli d'eau dont la profondeur est de deux mille quatre cents pieds; Ping-i tK ^ en est le souverain. Il a la figure d'un homme et monte deux dragons. Ping-i 7K M est le même personnage que Fong-i >^ ^ (2).
Ces quatre versions reviennent à dire que le comte du Hoangho % ÏP]" est Fong-i >^ ^, puisque tous ces autres appellatifs ne sont que des noms différents du même personnage.
Il serait natif de Hoa-in-hien ^ H M> au Chen-si |^ H (3) ; d'après les uns il parvint à la science du grand secret et fut promu à la dignité de comte du Fleuve Jaune; suivant d'autres il se noya en passant ce fleuve, et le souverain des cieux lui accorda le titre de comte du Hoang-ho. Une autre légende prétend qu'après son illumination il se cacha dans les eaux profondes des fleuves, où il exerce sa charge.
Enfin des auteurs le donnent comme un roi tributaire de l'antiquité, qui fut honoré après sa mort par son peuple reconnaissant, sous le titre de comte du fleuve. Il règne en souverain dans le gouffre de 2400 pieds de profondeur et rempli d'eau; ses descendants exercent leur autorité sur les rives (4).
[\j Mou-V ien-tse-tchoau ^ Jz ^ \% '■ 'iv- 1- P- 4.
(2) Chan-hai-king |il ^ $4' : Hv. 12, p. 5.
{:^) Se-chou-tse-kou (Fong-tseï 29 \B ^ U VM ^) ■ ''\- ^^^ P "^^
ffeou-Han-choii. Tchang-heng-tcluian (tchou) tt M tfr 3ê W M (ïïè)
liv. 'il, p. 10.
Che-wen-lei-tsiu (ts'ien-tsi) Hî % M ^ iwi M^ ■ ^'^' ■ ^'' ■ P ■ '' ■
Che-ki-tch'é-i ^ H M ^ : Hv. 12G. p. 1'.. (4) Pnun-nu-tclie W ¥^ M ■ l'v. 7. p. 1.
e) Dragon blanc.
Le comte du fleuve s'étant un jour métamorphosé en un dragon blanc, eut l'œil gauche percé par une flèche que lui décocha Tarcher I ^ (i).
Le Mariage du comte.
Dans les temps reculés on célébrait les fêtes du mariage du comte ; c'est ici le lieu de raconter un épisode qui concerne cette ignoble cérémonie.
l.e fait se passa à l'époque de la féodalité, sous le règne de Wen-heou '^ -^, premier souverain des U^ei ^, 423-386 av. J. C.
Un magistrat nommé Si-men-pao M H HJ exerçait la charge de sous-préfet dans l'antique ville de Yé i|i, au S. O. de la souspréfecture actuelle de Lin-tchang-hien ^p ']$ !^,, dans le Tchangté-foii ^^. M, HU Ho-nan ^ ^.
Trois officiers ruraux et un collecteur d'impôts grugeaient le pauvre peuple et exigeaient chaque année plusieurs millions de sapèques pour les dépenses occasionnées par le mariage du comte du fleuve. Deux ou trois cent mille sapèques servaient pour subvenir aux frais des noces, pour payer les prieurs et les sorcières, tout le reste de la somme était empoché.
Les sorcières s'en allaient de maison en maison, chercher une jeune fille remarquable par sa beauté, et digne d'être l'épouse de l'Esprit du fleuve. L'avait-on trouvée, on l'amenait, efle était revêtue d'habits neufs, et devait garder l'abstinence bouddhique une dixaine de jours, dans une sorte de palais flottant érigé sur le fleuve. Ceci fait, on la parait d'une riche toilette, comme une jeune mariée dans la chambre nuptiale, puis on la conduisait
(1) Tch'oii-ts'e-tsi-tchou ^ ^ M 'Gâ '• liv. 3, p. 7.
I.'archer dont il est question ici, est un génie réincarné sous divers noms. 11 s'appela Tch'e-tsiang-tse-yu "^fr- M ^ M sous le règne de Hoang-ti ^ ^ ; il se nommait Kiao-fou ^^ ^ aux temps de l'empereur Yao M, qui le surnomma Chen-i jfi^ ^ : l'archer divin.
Cf. Chen-sien-t'ong-kien f^ ^ilj M ^ : 'iv. 2, art. 2, p, 4 ; liv. 3, art. 2, p. 9.
une dizaine de lys plus loin, au milieu du fleuve, où elle était immergée. Aussi tous les gens qui avaient des filles d'une beauté remarquable les éloignaient avec soin pour leur sauver la vie.
Un dicton populaire circulait dans la contrée : Si le comte du fleuve ne prend pas femme, l'inondation ruinera le peuple. Le sous-préfet Si-men-pao H P^ |^ se rendit sur les bords du fleuve, au jour fixé pour les noces ; les trois officiers et le collecteur d'impôts étaient présents, toutes les notabilités du pays et une foule évaluée à deux ou trois mille personnes, étaient venues assister aux fêtes nuptiales. Une vieille sorcière de soixante-dix ans présidait la cérémonie, ses suivantes au nombre d'un millier vêtues d'habits bariolés se tenaient en arrière de leur supérieure. Si-men-pao M P^ l'iJ commande qu'on lui amène l'épouse de l'Esprit du fleuve, pour qu'il soit juge de sa beauté. On lui présenta la fiancée qui jusque là était cachée derrière un rideau; il l'examina attentivement. "Cette fille n'est pas belle, dit-il, en s'adressant aux notables et à la grande sorcière. Envoyez de suite cette supérieure prévenir le comte du fleuve et le prier d'attendre qu'on lui choisisse une femme plus digne de lui ; demain on la lui livrera." Les employés du mandarin saisissent la vieille et la jettent dans le fleuve. Après un moment d'attente, le sous-préfet dit : "Pourquoi tarde-t-elle à revenir? qu'une de ses suivantes aille la stimuler." Les satellites prennent une de ses compagnes et la précipitent dans les eaux du fleuve, et on attendit quelque temps.
"Enfin, pourquoi cette novice reste-t-elle si longtemps? Envoyez-en une seconde la prier de se presser."
Les hommes du mandarin en expédient donc une seconde, puis une troisième, et comme personne ne revenait, Si-men-pao W P^ flï ajouta avec humeur : "Les femmes ne savent point traiter les affaires. Que les trois officiers ruraux aillent euxmêmes régler cette question." Ils furent de suite jetés dans le fleuve. Tous les notables et ceux qui attendaient sur les rives du fleuve étaient saisis d'épouvante.
''Personne ne revient, s'écrie le sous-préfet, je vais envoyer les notables les presser de revenir." A ces mots le collecteur d'impôts, les notables se jettent à genoux, frappent la terre du front comme s'ils voulaient se rompre la tête, le sang ruisselle, ils sont blêmes de terreur. "Alors attendons encore un peu, répliqua le mandarin." Finalement il dit au collecteur d'impôts : "Allez annoncer au peuple que le comte du fleuve tarde trop, qu'on peut lever la séance et que chacun retourne chez soi." Les habitants de cette contrée furent si terrorisés, que depuis ce temps il ne fut plus jamais question de célébrer le mariage du comte du fleuve Jaune. (1)
3° Le fleuve Hoai )§..
Le grand Yii ^ alla trois fois jusqu'à la montagne de T'ongpé-chan M ^ Ûi où le fleuve Hoai î§ prend sa source; il voulait régulariser son cours. J-'esprit de ce fleuve souleva un vent impétueux accompagné de formidables coups de tonnerre, qui faisaient résonner les pierres et gémir les bois : on dut renoncer aux travaux. Yu ^ se fâcha, fit saisir l'esprit du fleuve Hoai f§ et d'un de ses affluents la Kouo ii^îj (2) ; cet esprit se nommait Ou-tche-k'i ^'^]i$ (3\ c'était un beau parleur, connaissant merveilleusement tous les bas-fonds et tous les endroits profonds du Hoai ')^ et du Kiang iL. et la distance exacte qui les séparaient. Il avait la forme d'un singe au nez aplati, au front élevé, son pelage était gris et dans sa tète blanche brillaient des yeux d'or, ses dents avaient la blancheur de la neige. La longueur de son cou dépassait cent pieds et sa force surpassait celle de neuf éléphants. Fi/ le livra à Heoii-tsi Jo ^, qui lui passa au cou un grand collier et l'enchaîna ; il lui accrocha une sonnette d'or au nez, et l'emmena au pied de la montagne de Koei-chan ^
(1) Che-ki-xch-é-i ^ |E M M- liv. 126, p. 14.
(2) La rivière A'o»fi j)!^, descend du Ho-nan ^ |^, passe à Po-tcheou •% 'j'H. Kouo-yang -((^ ^, Mnng-tch'eng #. jl^ et se jette dans le neuve Hnai ti à Hnai-yuen ^ ^.
(8) Son nom s'écrit aussi : Ou-tche-k'i /E ^ M.
llj (1). Depuis cette époque le fleuve Hoai '/§ suivit paisiblement son cours. (2)
Pendant Tépoque Yong-t'ai :^ ^, 765-766 ap. J.C., du règne de T'ang-tai-tsong M' ft ^^ un pêcheur jeta sa ligne au pied de cette montagne ; c'était pendant la nuit, un être invisible tira son hameçon : il tomba à l'eau et vit une longue chaîne, de fer qui entourait la base de la montagne : un monstre, assez semblable à un singe, était immobile et comme abruti par l'ivresse, une bave immonde découlait de sa gueule et inspirait de l'horreur.
Au S. O. de la montagne, un rocher escarpé domine un gouffre profond, c'est là qu'est détenu l'esprit du fleuve.
Cette même année 765 ap. J.C. un sous-préfet de Chanyang-hien \h ^ M- au Kiang-sou ^X ,^, nommé Li-t'ang ^ #, fit tirer cette chaîne par un attelage de cinquante bœufs ; on vit au bout un singe haut de plus de cinquante pieds, qui replongea en entraînant les bœufs. (3)
(1) La montagne Koei-chan # jJLi s'élève dans la sous-préfecture de Hiu-i-hien ^J- '^ If. du Se-tcheou 'M '>H, au Ngan-lwei.
La ville de Hiu-i |Jf Ui U est située au S. O. du lac Hnng-tché ^ M, près de l'embouchure du fleuve Hoai fi dans le lac. Le site de cette ville est des plus pittoresques: bâtie en amphithéâtre sur le versant d'une petite montagne, avec ses rues en lacets, coui-ant en zigzag sur le flanc de la montagne, cette ville est d'un aspect très original, et dn sommet de la montagne on domine le lac et les pays environnants.
La légende citée ici est fort connue dans tout le pays, les bateliers prétendent qu'on voit encore le bout de la chaîne, qui retient prisonnier l'esprit du fleuve au fond des eaux.
L'imagerie populaire raconte le fait à sa fai^oii : j'ai pu ii)e procurer une peinture intitulée: Choei-yen Se-tcheou 7\k '4. 'M W : I e.sprit du fleuve, en colère, inonda la ville de Se-tcheou 'M '>H et l'immergea dans les eaux du lac.
Plus généralciDciit on inscrit ce méfait au compte de Choei-niou-niançiniang ■j\< ^ M M, lf> déesse de Se-tcheou-
(2) l.ou-che-yii-lnen U ^ U m ■ 'iv. '^K p. 8- Chan-hai-king, itchou) lil -(^ %f {^)\ Hv. l'i, p. «. Che-wen-lei-tsiu (IVien-tsi) f\i. % M\ ^ (^ J|.) : liv. 17. p. 7.
(3) Tchouo-keng-lou ipJl ^Jt- I* •' 'i^'- 2λ p- »''>• Ming-i-fong-tche ^ — ,^ J^ : liv- 7. p. 7. Lou-che-yu-luen î^ A U m ■ •''^- ^- P- ^-