Paroi abdominale
Chez beaucoup d'individus la dilatation, imprimée au foie par le développement d'abcès , conduit cet organe à descendre plus bas que le thorax, et à repousser devant lui la paroi abdominale. Alors, suivant les degrés, son bord inférieur occasionne seul un relief, lequel se dessine sous la disposition d'une arête obliquement étendue des fausses côtes droites à l'épigastre, ou bien la paroi est soulevée par toute la p'ortion dont la face antérieure de l'organe dépasse la base du thorax : en ce cas, la saillie simule une sorte d'escalier qui , à droite, part des fausses côtes, de la crête iliaque ou de plus bas encore, pour remonter vers les fausses côtes gauclies. Linéaires ou planes, les saillies ainsi créées reproduisent les différentes altérations de forme que le viscère peut présenter à leur niveau , excès de convexité, bosselures, etc.
Les autres lésions de la paroi abdominale sont : 1° Les tumeurs liées à l'acheminement du pus dans son épaisseur ; 2" les perforations au moyen desquelles le liquide gagne l'extérieur de l'économie.
Parmi les tumeurs, les unes sont le résultat d'un gonflement œdémateux ou phlegmoneux ; au-dessous d'elles , la couche musculo-aponévrolique se trouve détruite progressivement ; elles-mêmes s'ouvrent à leur tour comme si la suppuration avait son foyer au sein des parties molles extérieures. Un deuxième ordre de tumeurs se rattache à ce que le pus, après avoir franchi la couche musculo-aponévrolique, repousse devant lui une sorte de sac membraneux : d'où la formation d'un petit noyau réductible, lequel s'épanouit peu à peu sous la peau, de manière à paraître pédiculé. Le sac dont nous parlons est organisé aux dépens du fascia superficialis ; il ne contracte d'adhérence avec l'enveloppe cutanée qu'autant qu'une distension croissante leur a donné à l'un et à l'autre la ténuité d'un feuillet séreux. Les tumeurs d'un troisième ordre naissent sous l'influence d'ujj refoulement que le pus fait subir à la paroi ; de
là, UQ lasseraeul graduel des couches de cette paroi , puis leur fusion en une plaque bombée et d'aspeci fibro-celluleux , laquelle s'amincit bientôt de la circonférence au centre, où elle finit, soit par être frappée de gangrène (obs. XV), soit par se perforer. Dans l'origine, les tumeurs de ce troisième genre offrent presque toujours à leur périphérie la trace d'une légère infiltration séreuse ; il en est de même pour celles qui appartiennent à Ja deuxième catégorie.
Les perforations dont la couche musculo-aponévrotique devient le siège sous les tumeurs du premier ordre, sont orbiculaires et possèdent des bords taillés à pic. Elles peuvent n'avoir que quelques millimètres de diamètre , comme aussi en comprendre dix ou vingt. Souvent la peau qui les recouvre reste intacte pendant longtemps ; et quand cette membrane livre passage au pus, ce n'est que par une étroite fissure. Les perforations qui intéressent les tumeurs du deuxième ordre ont constamment très-peu de largeur. A l'égard de celles qu'éprouvent les tumeurs 4u troisième ordre , leur diamètre est également minime lorsqu'elles succèdent à un simple amincissement de la paroi; mais, dans les cas oîi leur production a été le résultat d'une gangrène , elles ont plusieurs centimètres d'étendue en tout sens.