Douleur locale
La douleur locale a existé chez 141 malades sur 177, soit chez 85 p. 100.
a. Sur un total de 88 cas, elle s'est manifestée relativement au début du mal :
comme accident primitif et à l'exclusion de tout autre ... 10 fois.
avec d'autres accidents du début 10 —
après le début du mal 68 —
Dans S4 des cas , dont on a relevé les dates , elle a commencé :
comme accident antérieur à tout autre 7 fois.
en même temps que d'autres symptômes particuliers au début
du mal 7 —
du i" au 20» jour après le début du mal, ce début s'élant
annoncé sous d'autres dehors . . .' 20 —
du 21^ au.4.0» jour, idem 10 —
du 41" au 60"=, idem 6 —
du 61= au SO", idem 1 —
du 81» au 100", idem 1 —
vers le 200", idem 1 —
vers le 270", idem , 1 —
Sur 82 cas , soit d'abcès uniques , soit d'abcès multiples parvenus au même point de leur marche, elle s'est déclarée :
avant la suppuration 34 fois.
pendant le début de la suppuration 30
après le début de la suppuration 18 —
SUR LES SUPPURATIONS ENDÉMIQUES DU FOIE. i09
En ne tenant compte que de 58 cas où les dates d'invasion ont été recueillies, nous trouvons qu'elle a pris naissance:
99 jours avant la suppuration 1 fois.
de 40 à 21 jours, idem 4 —
de 20 à 1 jour, idem 17 —
pendant le début de la suppuration 21 —
de 1 à 20 jours après le début de la suppuration 9 —
de 21 à 40 jours, idem 4 —
vers le 60e jour, idem 1 —
vers le 90» jour, idem 1 —
En résumé, i" c'est lors du début de la suppuration que la douleur locale est le plus fréquente ; 2° avant et après cette époque elle se rencontre d'autant plus souvent dans une période donnée que celle-ci est plus rapprochée de l'époque dont nous parlons.
Y- Dans 70 cas où la dysenterie a compliqué la phlegrnasie hépatique, la douleur locale a pris naissance :
avant le flux abominai 9 fois.
en môme temps que le flux abdominal 6 —
après le début de ce flux 5S —
Donc, l'apparition de la douleur locale est ordinairement postérieure à celle du flu.\ dysentérique. Or, en détaillant les dates fournies par 49 cas , nous trouvons qu'elle s'opère le plus fréquemment du 1" au 20" jour après l'invasion du flux; car, elle
a eu lieu :
125 jours avant i fois.
de 80 à 61 jours, idem 1 —
de 60 à 41 jours, idem 1 —
de 40 à 21 jours, idem ... 1 —
de 20 à 1 jour, idem 3 —
pendant l'invasion de la dysenterie S —
de 1 à 20 jours après 16 —
de 21 i\ 40 jours, idem iode 41 à 60 jours, idem 7 —
de 61 à 80 jours, idem 2 —
200 jours, idem 1 —
270 jours, idem . . . , 1 —
l i 0 RECHERCHES
La douleur locale affecte constamment un siège en rapport avec celui de l'abcès : ainsi, elle se déclare dans le flanc droit, à l'épigastre, en arrière de la base du thorax , dans la profondeur des hypochondres, selon que le travail morbide s'est développé à proximité de l'un de ces points. Souvent irès-circonscrite , elle est susceptible d'envahir toute la région hépatique, et même tout le flanc dt oil jusqu'à l'épaule, spécialement quand son apparition se raitache à la première période du mal. Chez certains sujets, elle se réduit à l'impression qu'occasionnerait une gêne obscure; mais, d'habiiude elle est gravaiive, tensive, poignante, soit alternativement , soit d'une manière continue. Sous quelques dehors qu'elle se dessine , son début est fréquemment précédé ou accompagné de sensations secondaires, siégeant comme elle au niveau du foie. Telle est la sensation d'un poids défini que les malades comparent à celui d'un biscaïen logé derrière la paroi du flanc; telle est, chez un plus grand nombre d'individus , la sensation d'une barre qui comprimerait transversalement l'épigastre, on s'étendrait d'un hypochondre à l'autre, en agissant davantage sur la région intermédiaire. Exempte de rémission dans sa marche, cette douleur locale peut n'exister qu'à l'origine de la phlegmasie, ou bien lors de la suppuration ; elle peut surgir aussi à chacune de ces périodes, en restant assoupie pendant le temps qui les sépare ; il est moins commun que les sujets l'éprouvent durant le cours entier de la maladie. Quand elle est gravative ou tensive , elle acquiert presque toujours un caractère pongitif au moment où le pus va se former. Les secousses coramuniquces aux fausses côtes ont pour suite inévitable de la répandre au loin , et de l'exaspérer en la mêlant d'angoisses ; elles vont même jusqu'à la développer dans une foule de cas où la marche du travail pathologique est latente : d'où un excellent moyen de diagnostic.
La douleur locale persiste souvent après la formation du pus; mais elle a dépouillé alors toute acuité, toute violence; et, si ces dernières se reproduisent, c'est seulement à l'époque
OÙ l'une des séreuses voisines du foyer a été atteinte par les progrès du mal.