La dysenterie a existé chez 128 individus sur 143 , soii
chez 90 p. dOO.
Elle a figuré :
comme accident antérieur à tout autre 80 fois.
de concert avec d'autres accidents du début 25 —
comme accident consécutif 23 —
Elle a conslilué à elle seule toute l'expiession de la maladie chez 6 individus, soit chez 4 1/2 p. iOO. Dans 65 cas où les dates d'invasion ont été fournies, elle s'est
déclarée ;
1 an avant tout autre accident 1 fois.
de 200 à 180 jours, idem . . . . 2 —
70 jours, idem 2 —
de 60 à 31 jours, idem 12 —
de 30 à 1 jour, idem 24
de concert avec d'autres accidents du début 15 —
de 1 à 80 jours après le début du mal 6 —
vers le 60= jour 2 —
le 126» jour 1
Cette dysenterie se suspend ordinairement à l'époque où la période inflammatoire de l'hépatite commence ; elle renaît ensuite pendant la détente qui succède à la formation du pus. Dans 87 cas où l'on a assigné une époque précise à ce dernier phénomène, elle s'est déclarée :
avant la suppuration ■' 7 i. fois.
pendant le début de la suppuration 6 —
après le début de la suppuration 7 —
Ici, la différence d'époques a varié de 1 à 200 jours pour la première série de cas , et de 1 à 125 jours pour la troisième , sans qu'il ait été possible d'élablir de règle précise à cet égard.
7. Mod'ifîcal'wns ei troubles vers l'appareil resp'xraloire. a. Troubles sympathiques.
La respiration n'éprouve de troubles par pure sympathie que sous l'influence de la fièvre liée à la forme aiguë du mal ; d'ailleurs, ces troubles ne diffèrent en rien de ceux qui sont propres à la réaction des autres maladies inflammatoires.
b. Modifications et troubles idiopathiques.
Selon les circonstances , les troubles idiopathiques se raitachenl : a) à la vivacité des douleurs locales ; p) à la dilatation du viscère; y) à la propagation de la plilegmasie jusqu'à la plèvre ou au poumon ; Sj à l'arrivée du pus jusque dans l'intérieur de ces parties.
a. Même quand ils n'ont que leur étendue normale, les mouvements respiratoires suflîsent pour exaspérer les douleurs de la région hépatique; aussi le malade restreint-il l'étendue de ces mouvements, d'où une accélération dans le rhythme d'après lequel ceux-ci se réitèrent. Les douleurs excessives paralysent en plein le jeu du diaphragme; et alors la i-espiration , ne s'elfectuanl plus qu'au moyen des côtes, devient pénible, saccadée, irrégulière. Les douleurs qui sont répandues au loin cl, simultanément, violentes , frappent d'inaction non-seulement le diaphragma , mais encore toute la paroi du flanc qui correspond à leur siège.
p. La dilatation du foie entrave les mouvements respiratoires. Cependant, si elle s'opère avec lenteur, le sentiment de
gêne qui en résulte esl peu prononcé, de telle sorte que beaucoup de malades accusent à peine un léger embarras vers les régions inférieures de la poitrine, malgré le volume énorme que le viscère a atteint chez eux. Ce sentiment peut encore ne pas exister ; dans ce cas, l'anhélation dont les sujets sont pris dès qu'ils se livrent au moindre exercice , l'oppression qu'ils éprouvent pendant les efforts , pendant le décubilus et à la suite des secousses , enfin une accélération permanente du rhythme respiratoire , voilà autant de signes qui doivent faire admettre que la liberté des mouvements dont il s'agit est entravée. Or, la dilatation de l'organe produit la gêne de ces mouvements :
■ï° En augmentant le poids que le diaphragme est appelé à supporter ;
2° En occasionnant la distension de ce muscle, et, par suite, le refoulement du poumon qui recouvre le lobe hépatique envahi ;
3° En maintenant repoussés hors de leur situation normale ■, et, souvent aussi , sur eux-mêmes, les autres viscères qui , dès lors, opposent à la mobilité du foie une résistance proportionnelle ;
4° En empêchant les côtes de s'abaisser jusqu'au point voulu par la respiration physiologiq^ie;
5" En altérant la courbure naturelle de ces os, c'est-à-dire la seule direction à laquelle s'adaptent leurs surfaces articulaires.
Cette cinquième modification consiste en ce que la courbure des côtes , loin de rester parabolique , est ramenée plus ou moins à celle d'un arc de cercle , ce qui accroît d'autant la capacité circonscrite par ces pièces du squelette. Chez beaucoup de sujets elle ne saurait être reconnue sans le secours du thoracomètre ou d'un compas d'épaisseur ; mais l'emploi de ces instruments n'a de portée que si l'on a relevé la voussure des deux hypochondres avant l'invasion de la maladie.
Le refoulement du poumon donne naissance à des signes spéciaux. Ainsi, au niveau des points qui ont reçu son inipres-
sion , la sonorité et l'élaslicilé sont légèrement ailénuées ; on trouve celle atténuation d'autant mieux dessinée qu'on la recherche plus bas ; enfin, l'espace et le degré sous lesquels elle se caractérise sont en rapport rigoureux avec la dilatation du parenchyme jécoral. Dans le même espace et d'après la même progression, le murmure respiratoire a subi un affaiblissement sensible, et se mêle soii d'un peu de retentissement bronchique, soit de soulïles doux. Ces nouveaux phénomènes sont beaucoup moins prononcés quand le malade exécute de grands efforts d'inspiration ; ou bien , ils sont remplacés alors par des râles sibilants.
y-ô. La propagation de la phlegmasie du foie jusqu'à la plèvre détermine une inflammation simplement chronique de celle-ci.
Quant à l'arrivée du pus dans l'intérieur de la séreuse dont il s'agii, elle détermine les accidents propres à la pleurite subaiguë ou aiguë.
En conséquence , si , dans le cours d'une hépatite , on voit surgir une inflammation du sac pleural, les dehors revêtus par celte dernière pormetti ont de fixer la période que la marche des abcès a atteinte.
La propagation de la phlegmasie du foie jusqu'au poumon occasionne un engouement subaigu à la base de cet organe. Mais on ne saurait tirer de là qu'une induction approximative, cet eng(tuement pouvant ne se déclarer qu'à l'époque où le pus se fraie un passage vers les bronches.
Certains sujets s'aperçoivent à peine des désordres que l'arrivée du pus au sein du poumon a produits en eux : malgré la toux qui se manifeste par intervalles , malgré l'abondance dos matières fournies par l'abcès , le rhythme de leur respiration est régulier, calme ; 1h jeu des côtes paraît s'exécuter dans des conditions physiologiques. Toutefois, si ces individus se livrent à un effort, s'ils sont pris de quintes violentes, s'ils veulent respirer à pleine poitrine, un sentiment d'obstacle maîtrise aussitôt le mouvenieni imprimé aux rôles. Chez d'autres personnes, les désordres dont nous parlons éveillent des souffrances continues. Par exemple, les mouvements de la respiration sont multi-
pliés outre mesure, de telle sorte qu'on en compte vingt, trente, quarante par minute, selon l'embarras qu'occasionne le mal; le temps de l'inspiration est plus prolongé, celui de l'expiration plus court ; de grands efforts sont nécessaires pour mettre les côtes en action ; et, afin d'échapper à la suffocation qui semble imminente , les sujets se tiennent couchés sur le flanc malade, ou bien restent assis sur leur lit , le dos appuyé contre des oreillers. Nous avons déjà énuméré les causes de ces divers accidents : adhérence du diaphragme , distension démesurée, destruction partielle de ce muscle; hépatisation du tissu pulmonaire , enfin, formation d'une caverne souvent considérable au milieu de ce tissu , voilà les particularités qui expliquent les phénomènes dont nous venons d'exposer les détails.
£. Le hoquet, que l'extrême fréquence des atteintes subies par le diaphragme devrait rendre commun , est, au contraire , un fait très-rare durant la suppuration hépatique. Nous n'en avons relevé que quatre exemples; et encore, dans trois des cas où il a été observé, pouvait-il être regardé comme l'un de ces phénomènes ultimes qui , résultant de la seule gravité du mal, se déclarent à propos des affections les pUts variées.
8. Troubles vers l'appareil circulaloire. a. Troubles sympathiques.
En dehors des cas où l'hépatite se dessine sous une forme aiguë ; en dehors des sueurs ou des (Vissons liés au développement de la fonte pyogénique, le pouls est susceptible de n'olfrir aucune modification sensible, quelque rapide que soit la jnarche du travail destructeur, quelque étendue que celui-ci embrasse.
Durant la période inflammatoire do l'hépatite , le pouls se montre large el résistant; jamais inférieur à 85, son rhylhme atteint parfois jusqu'à MO. Ces modifications se retrouvent presque toujours dans le cours de la chaleur fébrile dont différents sujets sont pris au début de la suppuration.
Non moins accéléré que ci-dessus , mais plus dépressible et
fréquemment inégal, le pouls se présenie petit et serré lors des frissons qui se rattachent à cette dernière phase de l'hépatite. Chez un grand nombre de malades aussi , il éprouve une diminution notable de volume pendant le mouvement réactionnel du soir ; mais il devient en même temps dur, saccadé, vite.
Quand elles succèdent à ce mouvement réactionnel, les sueurs sont en un grand nombre de cas le signal d'une délente dans le pouls ; cette détente prélude, tantôt par une souplesse et un ralentissement excessifs , tantôt par une irrégularité plus ou moins marquée.
b. Troubles mécaniques.
Ceux de ces troubles qui sont de nature à surgir vers l'arbre circulatoire semblent peu communs dans le cas d'abcès confirmé : nous ne les avons observés qu'une fois; en outre, chez le sujet qui nous en a offert l'exemple, ils n'avaient occasionné qu'une légère anasarque, laquelle disparut aussitôt que la colleclion se fut vidée par les bronches.
La concentration du pus dans les points situés immédiatement au-dessous du péricarde occasionne des palpitations , un sentiment d'angoisse et une sorte de suffocation ; tous ces accidents cessent dès que le pus a trouvé issue vers le dehors.
c. Troubles idiopathiques.
Ces troubles ne sont autres que ceux qui caractérisent l'invasion d'une péricardite aiguë: douleur au niveau du cœur ou à l'épigastre , augmentation de la matité précordiale, bruits de frottement, anxiété, etc. Comme les précédents, ils sont trèsrares, ce qui se rapporte, sans doute, à ce qu'un feuillet fibreux de plus, celui du péricarde, est interposé à l'organe «entrai de la circulation et au foie.