PENDANT LE SOMMEIL
PEHS1ANKI1TS.
ire
frissons
sueurs
prostration.
frissons
agitation
frissons
pouls irrégulier, agi-
tation
fièvre d'accès
sueurs
prostration.
fièvre d'accès
sommeil lourd
dépérissement.
fièvre d'accès
sueurs
pouls irrégulier ,
sueurs
stupeur
sueurs
stupeur •
pouls irrégulier
disposition à la som-
nolence
sueurs
fièvi'e continue avec
exacerbations ves-
périennes.
lie
douleurs, frissons
sommeil lourd, sueurs
douleurs, frissons
pouls irrégulier
douleurs, frissons
insomnie.
lie
douleurs, fièvre d'ac-
cès
sommeil lourd, sueurs
douleurs
sueurs
douleurs, prostration
douleurs
pouls irrégulier.
sueurs
douleurs, délire
rêvasseries
douleurs
sommeil agité
douleurs , exacerba-
lion nocturne de
celles-ci
pouls irrégulier
douleurs, mouvement
fébrile du soir ,
pouls irrégulier
sueurs
suspension totale des
douleurs, adynamie.
i22 RECHERCHES
Nous avons détaillé ci-dessus les parlicularilés relatives aux accidents locaux ; indiquons actuellement celles qui ont trait aux symptômes issus de l'étal général.
a. Mouvements fébriles survenant le soir. — Ce mouvement léactionnel surgit vers la fin de chaque après-midi , pour persister trois, quatre, cinq heures, puis faire place à un sommeil accompagné d'abondantes sueurs. Une chaleur sèche à la peau , un état d'inquiéiude et d'agitation , de la céphalalgie; un pouls accéléré, dur, tantôt petit, tantôt large; enfin une peiiie soif incessante , voilà le faisceau de signes qu'il comporte. Sa réapparition peut avoir lieu plusieurs semaines de suite ; il oppose d'ailleurs une insurmontable ténacité à tous les moyens thérapeutiques.
p. Exacerbation de la fièvre liée au fait de la phlogose. — Cette exacerbation diffère du paroxysme quotidien des fièvres typhoïdes en ce qu'elle commence aussi vers la fin de l'aprèsmidi pour cesser à l'heure oii naît ce paroxysme. Un caractèi e qui ne lui est pas moins spécial , c'est que , lors de son déclin, les malades sont pris de sueurs.
y. Fièvre d'accès. — Au moment où l'hépatite va déterminer la suppuration, il survient parfois des accès de fièvre appartenant aux types quarte, tierce ou quotidien. Ces accès sont constamment diurnes. L'intervalle pendant lequel ils se réitèrent, embrasse de trois à dix jours s'ils sont tierces ou quotidiens , et jusqu'à six semaines s'ils sont quartes. Chez certaines personnes ils consei vent opiniâtrement leur type originel ; chez d'autres ils se rapprochent par degrés, au point d'acquérir peu à peu le type double ou triple quotidien, et même de simuler une fièvre rémittente. Lorsque leur série a atteint son terme, ils se dissipent en menus phénomènes réactionnels , tels que sensations fugaces de chaleur, d'éloulfement, de malaise, céphalalgie légère , état vertigineux ; ou bien, ils sont brusquement remplacés par un flux abdominal. On ne saurait, du reste, les distinguer des accès propres à la fièvre iniermiitente légitimé ni par l'heure de leur arrivée, ni par la manière dont leurs siades se dessinent ; tout au plus, la succession de deux
OU trois d'entre eux dans un seul jour autoriseraii-elle à soupçonner la cause d'où ils dépendent, si l'impossibiliié de les réduire par l'emploi des anti-périodiques ne dévoilait leur nature réelle.
0. Frissons étrangers aux fièvres d'accès. — Faibles , erratiques ou irréguliers, ces frissons se déclarent habituellement vers la fin du jour. Leur durée varie d'un quart-d'heure à une heure. Les plus légers sont aussi ceux qui se prolongent et se réitèrent le plus longtemps.
Le frisson lié à la suppuration du foie ne s'accompagne que d'une concentration médiocre des forces. En revanche, les malades sont fréquemment pris d'angoisse au moment où il se développe.
£. Sueurs. — Les sueurs se manifestent pendant le sommeil, principalement pendant le sommeil de nuit. En général , elles sont universelles'; et quand elles se limitent à une partie du corps, c'est d'ordinaire à la tète, ou uniquement au front. Un de leurs caractères essentiels c'est d'être profuses et de se continuer tout le temps du sommeil. Universelles ou non, elles ne manquent jamais de se réitérer plusieurs jours de suite. Durant leur cours, le pouls se montre presque aussi souvent accéléré, dur et petit que lent, souple et volumineux ; assez fréquemment encore on le trouve. irrégulier à leur début.
Sommeil. — Un sommeil mêlé de rêvasseries et d'agitation coïncide avec l'origine du travail pyogénique chez un huitième des malades ; cela a lieu surtout quand il existe simultanément des sueurs. En d'autres circonstances le sommeil semble accabler le sujet, lequel n'en son que dans un éiat de prostration. Le mouvement fébrile du soir, l'exacerbation de la fièvre liée à la phlogose, enfin le stade moyen de la fièvre intermittente symptomatique excluent tout sommeil pendant leur durée.
■i-f Somnolence, adynamie, slupcur. — Aux approches du même travail et dans son cours, beaucoup de sujets sont pris d'une disposition continue à la somnolence. Cet accident est l'indice que la suppuration va commencer ou commence déjà
sur une vaste échelle : on doit en dire autant de l'adynamie et de la stupeur qui , dans les cas où elles viennent se joindre à une réaction fébrile, donnent à l'ensemble des accidents généraux la physionomie d'une afTeclion typhoïde.
ô. Irrégulariiés du pouls. — L'irrégularité du pouls est parfois l'acolythe des mouvements et des paroxysmes fébriles du soir ; elle persiste alors pendant toute la durée de ces accidents. On l'observe encore au moment du sommeil , quand celui-ci a été précédé de souffrances très-vives , ou quand ap- , paraissent les sueurs.
t. Dépérissement. — Le dernier symptôme que nous ayons à examiner, c'est le dépérissement lent dont beaucoup de sujets sont atteints après l'invasion de l'hépatite. Malheureusement ses dehors n'ont rien de bien spécial ; tout ce qu'on peut préciser à leur égard , c'est qu'ils sont intermédiaires à ceux de la cachexie palustre et de la chloro-anémie. Aussi ne faut-il les regarder comme significatifs qu'autant qu'on ne saurait les rapporter à ces affections ou au développement de tubercules.
6. Modifications et troubles survenus vers l'appareil digestif.
a. Isolée ou simultanée, la dilatation de chaque lobe du foie a pour conséquence de refouler à gauche et dans un espace proportionnellement moins étendu qu'auparavant la sonorité spéciale à l'estomac. Nous avons même vu la dilatation générale de l'organe être assez forte pour effacer entièrement cette sonorité.
Quand l'estomac est comprimé par la saillie de l'abcès , les malades éprouvent souvent pendant les repas une oppression épigastrique, laquelle augmente avec la quantité d'aliments ingérés et se dissipe après que ceux-ci ont passé dans l'intestin grêle. D'un autre côté, en repoussant l'estomac en bas et en arrière, la dilatation excessive de Toigane sécréteur de la bile semble avoir pour effet d'occasionner des vomissements opiniâtres dans les circonstances où elle s'opère avec rapidité ;
SUR LES SUPPURATIONS ENDÉMIQUES DU FOJE. 125
d'ordinaire, alors, ces vomissements sont le présage d'une mort prochaine.
p. 30 fois sur 143 cas, soit 21 fois p. 100, la phlegmasie aiguë du parenchyme jécoral s'est accompagnée des signes d'une gaslro-duodénite, tels que pesanteur à l'épigastre, anorexie, bouche amère et pâteuse , selles demi-liquides ei, outre cela, plus bilieuses que d'habitude, vomissements bilieux aussi , légère suCfusion ictérique. Ces signes n'ont jamais persisté au delà de quatre ou cinq jours. Jamais, non plus, ils n'ont manqué de se présenter réunis ; et l'un d'eux, la disposition à vomir s'est fait remarquer entre tous par son caractère tenace. Leur manifestation première a eu lieu :
avant celle de tout antre accident 9 fois.
de concert avec celle d'autres accidents propres aii début de
l'hépatite 5 —
dans le cours ultérieur de l'alTeclion 16 — '
Chez un grand nombre de sujets, qui en avaient déjà souffert à l'origine du mal, ils se sont reproduits au bout d'une certaine période. Mais, lors de ce retour, comme quand leur invasion a été tardive, ils se rattachaient selon toute probabilité à ce que l'irritation, d'abord concentrée dans l'intérieur du foie, s'était étendue ensuite par degrés jusqu'à la tunique péritonéale de cet organe.
Dans l'hépatite chronique les signes précédents ont été un peu plus communs , moins accusés et toujours primitifs. Des renvois fréquents, des digestions pénibles, un peu d'amertume à la bouche; ou bien, des régurgitations de bile, un endolorissemeni vague de l'épigastre et, pendant les périodes extrêmes de la digestion, un état nauséeux, tels ont été les dehors, tels ont été les modes d'association sous lesquels ils se sont dessinés durant un laps de temps qui a varié d'une semaine à un mois.
Ainsi , tandis qu'en Europe les signes d'embarras gastrique sont le prélude habituel de l'hépatite, le contraire a lieu en Algérie. Une autre particularité qui s'observe exclusivement dans celte seconde région, c'est que quand ils cessent après s'être
mêlés au début de la phlegraasie, les accidents dont nous parlons sont toujours suivis d'une dysenterie intense. Or, une pareille succession de symptômes annonce qu'un mouvement fluxionnaire se développe au sein du foie; on doit, par conséquent , la classer au nombre des indices propres à éclairer le diagnostic.
y. Dans'sa moitié droite, la sonorité du colon transverse est abaissée, moins étendue en hauteur et moins prononcée lorsque le lobe hépatique correspondant a éprouvé une dilatation ; dans le même espace, aussi, elle peut être dissimulée complètement par la maiilé du lobe , si le bord inférieur de ce dernier est descendu à une grande dislance des cartilages costaux.