‹ Recherches sur les suppurations endémiques du foieChapitre 74 sur 89 · L. PHLEGMASIE DES PREMIÈRES VOIES , DYSENTERIE · texte numérisé non relu

L. PHLEGMASIE DES PREMIÈRES VOIES , DYSENTERIE

En s'appuyanl sur celle circonstance que les abcès du foie sont souvent précédés d'une phlegniasie des premières voies, et que, souvent encore, ils naisseni dans le cours d'une dysenterie, on a voulu subordonner leur développement à l'existence de ces nouvelles déterminations. nioibides. On a rappelé à cet égard des faits avancés par C. Broussais , faits tendant à prouver qu'un mouvement inflammatoire peut se propager du duodénum au foie par l'intermédiaire de l'appareil excréteur de la bile. On a rappelé encore une observation de M. Cruveilhier, relative à

un sujet chez lequel une inllammaiion du rectum s'était transmise des veines hénionhoidales au foie, où elle avait produit une muliitude d'abcès. En dernier lieu , a-t-on ajouté, les recherches de Ribes démontrent que l'inflammation qui caractérise la gastro-duodénite , pourrait gagner le l'oie fen envahissant successivement les veines de la muqueuse intestinale , puis les petites veines mésaraïques, et, à son tour, la veine porte. Mais, en Algérie: I" L'inflammation intestinale, quel que soit son siège , ne précède pas toujours l'hépaiile : ainsi , chez les individus qui figurent sur nos relevés comme ayant offert des accidents vers l'estomac ou le duodénum , ces accidents ont commencé de concert avec ceux du début de la phlegmasie jécorale, ou bien leur ont été postérieurs ; ainsi , chez 37 p. \00 de ces malades , c'est-à-dire chez plus du tiers , l'invasion de l;i dysenterie s'est trouvée retardée d'une manière analogue ; 2° lors des cas de suppuration limitée au foie aucun médecin n'a jamais remarqué la moindi-e trace de phlegmasie dans les canaux excréteurs de la bile ou dans la veine porte ; 3° chez 10 p. 100 des sujets l'intestin i-este exempi de toute lésion pendant les diverses périodes de l'hépatite.

Des motifs non moins graves empêchent également d'admettre que les ulcérations del'inlesiin auraient fourni à la veine porte certains matériaux qui , amenés ensuite par celte veine au sein du foie, y auraient occasionné la formation d'abcès métasiatiques ; ces motifs sont les suivants. 1" Si une résorption de ce genre était susceptible de s'opérer, d'autres organes, tels que les poumons, la rate, les reins, le cœur, le cerveau, le tissu cellulaire, etc., renfermeraient fréquemment des collections de pus, ce dont on n'a aucun exemple; 2" les neuf dixièmes des abcès rjtie nous regai dons comme idiopathiques entraînent l'appai ition d'accidents locaux , tandis que ces accidents sont fort rares dans le cas d'abcès issus d'une résorption purulente ou d'une phlébiie; 3" quand elles donnent naissance à des ulcérations intestinales, ni la fièvre typhoïde, ni la dysi^nterie épidémique d'Europe, ni la dysenterie qui s'observe dans les régions nimécageiisesde ce continent, ne s'accompagnent jamais de sup-

puralioa du foie. Vainemeni leulerail-on d'expliquer celle parliculai ité en invoquant la nature des maladies dont il s'agit : que l'afîection qui existe soit, l'une de ces dernières , ou qu'elle soil la dysenterie d'Afrique , le travail d'ulcération développe ses atteintes sur la même multiplicité de points, sous la même variété d'étendue en superficie ou en profondeur, et sous la même forme; le travail réparateur s'accomplit d'après les mêmes termes et à l'aide des mêmes moyens; les conditions de l'état général s'y rencontrent sous les mêmes différences : pourquoi la marche des choses ne comporterait-elle pas alors les mêmes chances? 4° Dans 24 p. \00 des cas il ne s'est pas manifesté d'accidents dysentériques ; ou bien le début de ces accidents a coïncidé avec celui de la suppuration hépatique ; ou enfin , il a été postérieur à l'arrivée de cette suppuration.

Maintenant si les opinions qui viennent d'être discutées nous semblent inadmissibles, nous n'en pensons pas moins que, quand le foie est déjà prédisposé à la suppuration , la dysenterie doit être placée au rang des causes occasionnelles de cette fonte morbide , car elle fait affluer une quantité démesurée de sang vers le tube digestif et, par conséquent, vers les branches de la veine porte ; outre cela , les altérations qu'elle produit dans le réseau capillaire de cette veine sont de nature à amener l'insufiîsance des éléments nécessaires à l'aptitude fonctionnelle , autrement dit à la viialiié de l'organe sécréteur de la bile : d'où une réaction au sein de celui-ci.

Des médecins du Sénégal ont cru remarquer que les astringents mis en usage lors du début de la dysenterie, et avec assez de succès pour supprimer le cours de cette maladie, donnent lieu à la formation d'abcès dans le foie. Y a-t-il ici simple coïncidence entre l'administration de ces agents médicamenteux et une suppression que le flux aurait éprouvée natui-eliemcni à l'époque de la fonte pyogénique, ou bien la relaiiou de cause à effet exisle-t elle réellemeni? Ces deux opinions soni également acceptables; néanmoins, quand on réfléchit à l'utilité des évacuants comme moyen d'obvier à toute coniplicaiion du côté du foie dans les cas de dysenterie ; quand on se représente com-

bien seul nombreux les faks avancés contre l'emploi des astringents eu égard au chiffre des malades qui voient leur flux s'arrêter par les seuls effets d'une détermination phlegmasique issue "vers l'appareil biliaire, on ne peut s'empêcher d'attribuer une action nuisible aux substances dont nous nous occupons,

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