‹ Recherches sur les suppurations endémiques du foieChapitre 78 sur 89 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

LOCALITÉS

par

la moitié la moins chaude

la moitié la plus chaude de

LOCAUTÉS.

de l'année.

l'année.

Blidah

Totaux par périodes ....

244 RECHK«CHES

Si on se bornail à comparer entre elles les séries propres aux différentes localités qu'ils embrassent, ces tableaux montreraient déjà : i° que le plus grand nombre des suppurations hépatiques a pris naissance durant la saison des chaleurs; 2" que les mois pour lesquels on a noté le maximum absolu de fréquence ont été

le mois de juillet dans 1 localité ;

le mois d'août dans 4 localités et dans un groupe de localités ; les mois d'août et de septembre dans 1 localité.

Mais il est possible de préciser davantage, en faisant porter l'examen sur les séries formées par les totaux mensuels. De la sorte, on arrive ù reconnaître que, du mois de juin au mois d'août inclusivement, la fréquence des abcès du foie augmente de plus en plus, pour décroître ensuite jusqu'à la fin de mai, époque à laquelle elle atteint son minimum. Ascendante ou décroissante, cette progression correspond évidemment à celle sous laquelle la température de l'année se caractérise dans toutes les localités du pays. Or, l" parmi les diverses conditions susceptibles de multiplier les cas d'abcès pendant l'été , on ne peut accuser que l'intensité acquise par le modificateur dont il s'agit ; car c'est durant la saison des chaleurs que les variations thermométriques et l'humidité sont le plus faibles, qu'on exécute le moins de marches militaires et de travaux , et que l'immigration fournit le moins à la ce-' lonie; on est, par conséquent, autorisé à admettre une relation de cause à effet entre l'accroissement de la températu"* annuelle et celui que la fréquence des abcès du foie éprouve simultanément; 2» à partir de l'automne les refroidissemenV brusques et étendus, les brouillards, les pluies se succèdeii sans relâche; les campagnes militaires et les travaux extérieu s'ouvrent sur une large échelle, l'immigration augmente, e néanmoins, malgré ces conditions, malgré l'aptitude avec la quelle, plus nombreux que jamais, les individus débilités con tractent alors des hypérémies passives, la fréquence des abc s'atténue progressivement comme la moyenne de tempéra lure, c'est-à-dire comme le seul modificateur qui, durant cclt

pt^riode, soit en voie de décroître. Donc, dans ce deuxième ( US aussi, on est amené à croire qu'il n'y a pas simple coinciilence, ei qu'à l'exemple de ce qui a lieu pour le fait d'accroissement, il existe une étroite liaison entre le degré variable du modificateur et l'influence exercée par celui-ci sur l'économie.

Les maxima de température se montrant de plus en plus faibles après l'équinoxe d'automne, on se demande jusqu'à quel point il est rationnel de leur attribuer la production des hypérémies actives qui, pendant quelque temps encore, se développent après celle époque?

A cela nous répondrons de la manière suivante :

Après l'équinoxe d'automne les hypérémies actives cessent de s'observer dès que les maxima de la température diurne deviennent très-faibles; en outre, elles atteignent uniquement les individus qui ont déjà subi les températures d'un ou de plusieurs étés. Il est donc permis de croire qu'en automne il se passe pour le foie de ces sujets ce qui se remarque pour d'autres organes, quand un étal fluxionnaire antérieur a rendu ceux-ci plus accessibles aux causes de maladie. Ainsi le poumon, lorsqu'il a été éprouvé par une irritation vive, reste très sensible au moindre abaissement de température; les articulations qui ont été le siège d'une phlegmasie ne se prêtent sans douleur aux mouvements qu'au bout d'un temps fort long. Pourquoi le foie, cette fraction non moins importante du tout animé, laquelle puise ses ressources au sein des mêmes éléments, procède selon la même incilabilité, enfin réagit à l'aide des mêmes déterminations matérielles, pourquoi le foie, durant l'état de prédisposition où l'ont placé les hautes températures estivales, formerait-il une exception dans le cas où les modificateurs aptes à peser sur lui revêtent seulement un faible degré d'intensité?

Or, en Algérie l'automne est, comme l'été, beaucoup plus chaud qu'en Europe. Donc, puisqu'à des températures absolument ti'op élevées en succèdent d'autres qui, bien que moindres, dépassent encore celles auxquelles, par le fait de son origine, l'économie était d'abord vouée pendant la période correspondante de l'année, le foie se trouvera maintenu sous un degré

excessif de sollicitation, et la susceptibilité qu'a développée en lui la chaleur estivale donnera à cette sollicitation la portée d'un agent pathologique.

Quant aux suppurations qui s'obsèi'véht en hivér ou aù'printemps, leur développement ne saurait être rapporté à un excès . de température; on doit l'expliquer de la manière suivanie. | Lorsque surviennent les basses températures, le sang est re- ' foulé vers l'intérieur de l'économie; il n'afflue ensuite de nou- "veau vers la périphérie qu'autant que le thermomètre s'élève; ,1 or, les basses températures sont continues pendant tout le cours • des saisons dont il s'agit. Mais duiant les chaleurs, le foie a 'acquis une certaine susceptibilité et, de plus, une aptitude à | recéler des quantités exubérantes de sang; dès lors, sous le» poids du refoulement imprimé à ce fluide, congestion perma-nente du tissu viscéral dont nous parlons, irritation croissante: dans l'intimité de son tissu, et, en dernier lieu, phlegmasie. Il en résulte qu'aux périodes extrêmes de l'année, les suppurations du foie reconnaissent toutes une origine passive.

Pour compléter ce qui précède, disons que les années dont les chaleurs sont très-intenses ne manquant jamais de fournin un plus grand nombre de cas d'abcès que les autres. Telles! furent celles de 1843, 1847, 1833 et en particulier celle de 1849.'

Sept indigènes figurent parmi les sujets qui nous ont offert des exemples de suppuration du foie; il semblerait donc qu» l'action du climat n'est pas constamment la source de la ma-t ladie. Mais ne voyons -nous pas chaque jour les indigènes d'autres pays contracter, comme les étrangers, des affections qui se rattachent à la seule influence du climat avec lequel iisl sont familiarisés dès leur naissance? Cela suppose simplemenli ou que les modificateurs d'où a dérivé le mal ont acquis trop d'énergie pour les indigènes eux-mêmes , ou que l'organisme de ceux-ci a fléchi de manière à rendre toutes-puissantes les causes pathogéniques auxquelles ils avaient tenu tête antérieo^ rement.

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