‹ Recherches sur les termes élevés de la série grasse saturéeChapitre 4 sur 20 · CAT · texte numérisé non relu

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209 Quand la température atteint 90°, l’évaporation à la surface refroidit l’eau, ce qui produit des variations de température rendant incertaine la détermination du point de fusion. Nous y remédions très simplement en versant sur l’eau une couche d’huile de vaseline de quelques millimètres d'épaisseur. Grâce à cet isolant, les points de fusion sont aussi facilement pris à 95° qu’à 50°.

30 La température de l’eau étant montée de plusieurs degrés au-dessus du point de fusion, le refroidissement du liquide se fait très lentement, d'autant plus lentement que l’évaporation est supprimée; il faut donc attendre assez longtemps pour observer le point de solidification.

On peut accélérer le refroidissement en insufflant de l’air dans le liquide.

Pour répondre à ces desiderata, nous avons imaginé le dispositif suivant :

Sur une plaque de clinquant au-dessus d’un bec de gaz, brûlant en blanc et réglé, par une pince à vis fixée sur le tube de caoutchouc, est placé un vase cylindrique en verre de Bohême de 250% environ contenant 150% d’eau surmonté d’une couche d’huile de vaseline liquide d’un demi-centimètre d’épaisseur. Le thermomètre, qui porte, tenu par une bague de caoutchoue, le petit tube contenant le corps en expérience, est fixé à l’aide d’un bouchon par la pince d’un support ordinaire, de telle façon que son réservoir occupe le milieu du liquide. Sur la plate-forme du même support est adaptée une seconde tige verticale contre laquelle est accolé un prisme en bois portant trois pitons, qui servent de guides à l’agitateur. Cet agitateur est formé d’un tube en étain, de 5mm environ de diamètre, dont la partie inférieure, aplatie, est recourbée en un tour de spire, de faible pas, entrant dans le bécher dont il épouse la surface interne. Pour produire l'agitation, le tube dirigé verticalement, en sortant du bécher, traverse deux pitons, puis, se recourbant vers le bas en forme d’'U renversé, un troisième piton, le mouvement est ainsi guidé; ce mouvement est produit par une corde attachée au coude du tube, elle passe sur une poulie et se continue par un fil de fer (1) terminé par une

(*) Pour éviter la combustion de la corde au contact de la flamme. Sans cette précaution, quand on commence à chauffer, la corde libre viendrait se griller au gaz.

Et

boucle, dans laquelle passe l'index de la main' posée sur la table: l’abaissement du doigt produit l'ascension de l’agitateur qui retombe par son propre poids à quelques millimètres du fond du bécher; pour cela deux buttées sont ménagées sur le tube par deux fils de fer serrés autour de lui.

Pour produire le refroidissement, l’extrémité inférieure du tube étant fermée par écrasement, la partie recourbée en spire est percée de trous d’aiguille, tandis que l’autre extrémité recourbée, vers le bas, porte un tube de caoutchouc, terminé par un embout que l’on prend entre les dents quand il y a lieu de refroidir. En soufflant plus ou moins, on produit au fond du liquide un dégagement de petites bulles d’air qui le refroidissent rapidement. Des bulles d’air s'arrêtent souvent sur le réservoir du thermomètre; une simple chiquenaude, appliquée sur la tige du thermomètre, les détache.

Cet appareil permet de déterminer les points de fusion et de sohdification plus rapidement, avec plus d’aisance et autant de précision, que le procédé primitif.

Quand ül s’agit d’un corps obtenu définitivement et dont on possède une dizaine de grammes, le point de sohdification est pris par immersion du thermomètre dans le produit fondu. Celui-ci étant contenu dans un tube à essai, de 3°" de diamètre, immergé dans l’eau de l'appareil précédent.

Bloc de M. Maquenne. — Nous avons employé également le bloc de M. Maquenne, fort utile lorsqu'on veut comparer plusieurs corps, par exemple les différents états de purification d’un produit, en voie de préparation, ou bien quand il s’agit de corps fondant au-dessus de 1002, Il est intéressant de comparer les deux méthodes :

Dans la première, la masse d’eau, emmagasinant plus de calories que la masse de cuivre, il est plus facile de régler le chauffage. On peut aisément maintenir la masse à une température fixe.

Dans les tubes en verre, le produit fondu reste en surfusion et, lorsqu'il est impur, on observe plusieurs degrés de différence entre le point de fusion et celui de solidification. Avec les produits purs, au contraire, les deux températures se confondent et l’on peut, sans variation sensible du thermomètre, passer d’un état à l’autre.

Pour avoir la température exacte de fusion, il faut ajouter au

OS

nombre trouvé une correction correspondant à la colonne du thermomètre hors de l’eau, elle est calculée d’après une formule classique.

Enfin, s’il s’agit de comparer plusieurs corps, on peut fixer les différents tubes autour du réservoir du thermomètre, mais cela est plus compliqué que de les placer sur le bloc l’un près de Pautre.

Le bloc évite la correction, si l’on dispose de thermomètres de longueurs telles que la colonne de mercure ne sorte jamais sensiblement du bloc de métal. Mais il est plus difficile de régler la marche de la température, celle du métal est souvent en avance sur celle du thermomètre, de telle sorte que la température de fusion trouvée est un peu trop faible et inversement celle de solidification trop élevée, souvent même la solidification paraît se produire à une température supérieure à celle de la fusion.

Il faut ajouter que sur le métal le corps fondu ne reste pas en surfusion comme dans le tube de verre et, même pour les corps impurs, les deux températures diffèrent peu. Avec l’habitude on arrive à régler le chauflage de telle sorte que, lorsqu'on approche de la température intéressante, les variations de température ne dépassent pas un demi-degré par minute; on arrive même, si l’on est à l’abri des courants d’air, à maintenir la température à un point fixe et à voir Le corps rester moitié fondu, moitié solidifié, ce qui donne le véritable point de fusion quand le corps est pur.

Le produit dont on détermine le point de fusion doit être placé sur le bloc dans la région située au-dessus du réservoir du thermomètre et au milieu, il y a une différence de température qui atteint souvent 1° entre le centre et les régions extrêmes.

Nous avons pris un grand nombre de points de fusion par ces deux méthodes, et bien des fois constaté que la température trouvée était la même quand on opérait en suivant les précautions indiquées et que l’on ajoutait la correction calculée.

Mais la détermination du point de fusion avec le bloc exige une expérience beaucoup plus grande, de la part de l’opérateur. Des élèves peuvent, de suite, trouver le vrai point de fusion avec le bain d’eau, tandis qu’ils obtiennent avec le bloc un point trop bas pour la fusion et toujours un point de solidification plus élevé.

Quand le corps dont on veut déterminer le point de fusion est un acide, le métal du bloc s’oxyde au contact de l’acide fondu et le

die sel formé trouble lopération; il est pratique alors d’intercaler, entre le bloc et ce corps, une lamelle de verre extrêmement mince (couvre-objet des micrographes). Le résultat n’est pas sensiblement modifié à condition d’opérer très lentement.

MÉTHODES DE TRANSFORMATION. — Nous avons appliqué plusieurs fois la. méthode de M. Simonini et celle de MM. Bouvault et Blanc, nous les décrirons ici :

Transformation d'un acide en alcool, possédant un atome de carbone de moins, par la méthode de Simonini (1). — L’iode agissant à chaud sur le palmitate d’argent donne de l’iodure d’argent, un dégagement de gaz carbonique et l’éther palmitique de l’alcool pentadécylique :

2 C16H3102Ag + 21 = 2Ag1+ C16H310?2, C15H31+ CO?.

Pour réaliser cette réaction, une molécule de sel d’argent, sec, est triturée avec un peu plus d’un atome d’iode, et le mélange, introduit dans un matras, est chauffé à 1102-1150 pendant { heures, dans un bain de chlorure de calcium.

Le mélange prend d’abord une coloration saumon, que le chauffage fait virer au jaune clair, pendant que la masse devient pâteuse et se perfore de trous, correspondant au dégagement des bulles de gaz carbonique.

Après 3 ou 4 heures, la réaction est terminée, la masse est plus ou moins colorée, suivant la température atteinte, plus rougeâtre si elle est montée à 1209 que si elle est restée au-dessous de 1150.

Cette masse est épuisée par l'alcool fort (9902), chauffé au bainmarie. On filtre à chaud. L’iodure d’argent reste sur le filtre (2). La solution alcoolique, de couleur jaune rougeâtre, laisse déposer, par refroidissement, des cristaux de.palmitate de pentadécyle que l’on recueille. L'alcool mère renferme des traces d’iode, d’acide palmitique et d’un autre produit coloré en jaune.

Les cristaux (P. F. 559,5), purifiés par de nouvelles cristallisa-

(1) Simonixr, Mon. f. Chem., t. XIII, p. 320-326. (2) Si l’on emploie la benzine au lieu d'alcool, l'iodure d'argent traverse

le papier du filtre.

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