‹ Recherches sur les œufs issus de poules tuberculeusesChapitre 11 sur 21 · L. Rabmowitsch.| 118 Fab · texte numérisé non relu

L. Rabmowitsch.| 118 Fab

Nous voyons donc que, si la majorité des pourcenages relatifs à l’infection tuberculeuse des oiseaux se tient au-dessous de 10 p. 100, certains auteurs — ReiNnARDT 11 et 14,5 p. 100, RæBicer et LeRoHE 25,93 p. 100, Srivensky 30 à 90 p. 100 — nous donnent des pourcentages beaucoup plus élevés. La tuberculose des oiseaux, et en particulier des poules, est donc loin d’être négligeable et les vétérinaires devraient s’en occuper beaucoup plus sérieusement que cela n'est fait

en France actuellement.

b) Le bacille aviaire chez les animaux autres que les oiseaux } Le bacille aviaire ‘se retrouve non seulement chez tous les oiseaux domestiques ou sauvages (Kocx et Ra- BINOWITSCH) mais encore chez de nombreux mammi-

fères.

Chez le pore, le bacille aviaire est très fréquent. Kiimmer le trouve chez 20 p. 100 des porcs saisis pour

tuberculose.

Dans les mêmes conditions, Juvak en trouve 25 p- 100, et sa statistique s’étend sur 15.000 porcs.

Sur 1183 pores tubereuleux, R. Hezm trouve 35 fois (soit 31 p. 100) le bacille aviaire, et 9 fois les bacilles aviaires et bovins mêlés.

Sur 9 porcs tuberculeux, Alfred Hezu trouve 4 fois le bacille aviaire.

Pour Lenrz, 30 p. 100 des cas de tuberculose du porc sont imputables au bacille aviaire.

En Amérique, dans le Nebraska, Marrix trouve sur

209 porcs tuberculeux les pourcentages suivants :

Type aviaire : 88,51 p. 100.

Type bovin : 5,21 p. 100.

Type aviaire et type bovin : 6,28 p. 100.

. Scnazk admet que 80 p. 100 des porcs mis en contact

avec des poules tuberculeuses prennent la tuberculose.

Chez le cheval, le type aviaire a été également isolé

Nocarp attribua au type aviaire la Luberculose de deux chevaux atteints de tuberculose intestinale.

Sur 12 cas examinés par M'rapyan, ! seul put être rapporté au type aviaire.

Zwick, Warsox et Hearn décrivent aussi le bacille aviaire chez le cheval. Chez le bœuf, le bacille aviaire ne semble pas jouer un grand rôle.

Des essais furent même tentés par Mac Fanyaw,

Suevruer, Ebwarbs et Mwerr, qui cherchaient un pro-

LOIRE cédé d'immunisation contre la tuberculose, bovine. Hs expérimentèrent parallèlement avec le bacille humain et avec le bacille aviaire.

Le procédé consistait en l'injection intra-veineuse de doses de 10.et 50 milligrammes de culture de bacille aviaire en deux injections à quarante-cinq jours d'intervalle, Sauf de très rares exceptions, ces injections ne déterminèrent aucun trouble chez les sujets. Les inoeulations de virus d'épreuve, par voie sous-cutanée, amenèrent des lésions ganglionnaires et viscérales qui étaient de gravité moindre chez les sujets vaceinés avec le type humain que chez ceux vaccinés avec le type aviaire. Mais l’autopsie des témoins montra que même avec le bacille aviaire, la résistance conférée est manifeste.

Pium, en 19925, rapporte que 6 vaches ont avorté après infection spontanée par le bacille aviaire et que 3 veaux vivant dans la mème étable se trouvèrent également infectés spontanément. k

Scuark mit en présence 7 à 9 vaches qui avaient réagi négativement à la tuberculine bovine, pendant quatre mois et demi à cinq mois avec 72 poules réagissant positivement, 75 p. 100 des vaches réagirent positivement au bout de ce temps.

Chez la brebis, SranLeY Gnieerrn à pu isoler le {ype aviaire au moyen de cultures faites à partir des organes de deux brebis tuberculeuses, |

Nous avons vu le bacille aviaire aller habiter dans d'autres organismes que celui des oiseaux. L'invérse existe également. L. Rasinowrrson a isolé chez les oi-

seaux 34 races de bacilles tuberculeux. Deux de ces races, provenant d'oiseaux de proie, présentaient les caractères du bacille humain. Dans nos régions, la tuberculose du perroquet est presque toujours due au type humain.

c) Le bacille aviaire chez l’hornme . \

Chez l'homme, jsuuqu’en 1893, 22 cas de tuberculose spontanée à type aviaire ont été décrits.

Avant cette date, KRUSE rapporte 3 cas. La première observation est due à Pansinr (1890). Les bacilles aviaires furent isolés du crachat d’un homme.

En 1891, Armannr isola ces mêmes bacilles d’un cobaye inoculé avec le crachat d’un homme. Enfin, Srauss, à Paris, trouva ces bacilles chez un homme en

1893. L’autheénticité de ce dernier cas n’est d’ailleurs

pas garantie par KRUSE.

Pansini, en 1894, croit devoir rapporter au type aviaire trois cultures faites à partir, l’une d’un mammifère, les deux autres de l’homme, et il écrit : «Il n’y à aucun doute qu'il existe chez l’homme et chez les mammifères des cas de tuberouiose qui ont l'allure de la tuberculose aviaire. »

Nocarp (1898) isole des bacilles aviaires du crachat d'un phtysique.

Lowensteix (1905, 1913 et 1925) a décrit cliniquement chez l’homme des tuberculoses ayant le type aviaire pour base.

Kocu et Rasginowrrscu (1907) trouvent ce bacille chez

un homme mort de tuberculose miliaire.

hope

N. Jaxcso et À. Ezrer (1911) le retrouve dans les ganglions mésentériques d'un enfant de huit jours.

Lipscaürz (1915) l’isole chez un homme atteint de tuberculose cutanée.

Unwacn décèle des bacilles aviaires chez un malade: chez qui une série d'examens cliniques faisaient penser à des foyers septicémiques chroniques de la peau et des niuqueuses.

Leperer (1922) isole le bacille aviaire chez une femme tuberculeuse de quarante-neuf ans, atteinte de polycitémie.

Joanovic l’isole à deux reprises en 1923.

Deursca (1925) l’isole chez une femme de 57 ans.

Maxo et Hevpricks (1926) rapportent 2 cas de splénomégalie dus au bacille aviaire. =

RENNEN (1922), Neumanx et BEnr (1925) retrouvent aussi le Bacille aviaire chez l'homme.

Il n’est pas démontré si l’infection de l’homme par le Bacille aviaire se fait au moyen d'œufs infectés, au moyen de légumes souillés par les déjections des poules tuberculeuses où par l’absorbtion de cadavres infectés. Mais à première vue, on peut douter du rôle de l’œuf qui est toujours très pauvre en bacilles, alors que les lésions des poules tuberculeuses sont toujours extrèmement riches en ces mêmes bacilles. Cependant les œufs cuits à la coque contiennent des bacilles virulents. Seuls les œufs tout à fait durs sont aseptiques (LOWENSTEIN).

. Pour Ræricer, les œufs infectés sont aseptiques

après cuisson prolongée au delà de 5 minutes, ce qui revient au même.

Les souillures dues aux excréments de poules tüberculeuses ne semblent pas être très virulentes.

Frron, LuBBEHUSEN et Dickmans ont examiné la coque de 209 œufs provenant de poules tuberculeuses. Ces œufs ont été lavés avec soin dans l’eau salée stérile. Cette eau fut centrifugée et le sédiment injecté dans le péritoine de poules saines. Jamais la maladie n'a été reproduite chez les poules inoculées.

Cependant deux de ces mêmes auteurs, Frrcu et LUBBMIUSEN, écrivent en 1928 : « Il a été généralement admis que fa tuberculose aviaire est largement lransmise par les déjections des oiseaux infectés. »

RægBicer (1928) infecte des œufs avec des Bacilles aviaires. [l en fait cuire 3, trois minutes; 2, quatre minutes; 3, cinq minutes; et chaque fois 2, sept, huit, neuf et dix minutes. Au bout de 6 semaines, les recherches par culture lui montrèrent la présence de Bacilles aviaires vivants seulement, pour le blanc, dans Îles œufs ayant cuit 3 minutes, et pour le jaune dans les

œufs ayant cuit 5 minutes. Après 6 minutes de cuisson, la présence de Bacilles dans le jaune ne fut pas bien démontrée.

M. Grover, contrairement à l'opinion de Fivcu, LuBBeuusen et Dickmans, soutient que si la Tuberculose aviaire est dangereuse pour l'homme, sa transmission est à redouter par'la consomimation des œufs. En effet :

1° Les œufs sont en contact presque direct avec Île

Ste à

contenu intestinal et leur expulsion à lieu par un orifice commun. A

2° Presque toujours, les poules atteintes -présentent des lésions du foie et de l’intestin et, conséquemment, il y a élimination de Bacilles vivants par la voie des excrétions intestinales, donc danger de contamination pour l’œuf. RÉ

3° On consomme fréquemment les œufs crus ou in-

suffisamment cuits pour que le Bacille tuberculeux soit

détruit.

CHAPTTRE HI

PRESENCE DES BACILLES TUBERCULEUX DANS LES ŒUFS DE POULES TUBERCULEUSES

Nous allons voir que cette présence même est des

plus discutée. Certains auteurs, comme RæBiGer, trou-.

vent inféctés jusqu'à 100 p. 100 des œufs provenant de poules tuberculeuses, alors que d’autres comme Fire, LUBBEHUSEN et Dickmaxs, en trouvent parfois aucun, parfois moins de 1 p. 100. |

LEICHENSTERN semble être le premier à avoir mis en évidence la Tuberculose dans un élevage de poules. Il attribua l'infection à l’introduction d’un coq contaminé dans cet élevage.

SiBLEY Observa de la tuberculose dans un élevage à la suite d’un échange d'œufs à couver.

: Maret cor entreprit les premières ‘recherches sérieuses. Il infecta artificiellement des œufs fécondés avec une culture de B. tuberculeux aviaires et les mit à couver. Sur 18 œufs infectés, 10 n'’éclorent pas. Des huit œufs restant, naquirent huit poussins, dont 7 en bonne santé et un plus faible qui mourut au bout de 36 heures. Son autopsie ne révéla pas de lésions tuberculeuses macroscopiques. Les autres poussins moururent respectivement à 20, 32, 40, 47, 78 jours, 3 mois et demi et 4 mois et demi. Chez tous le microcospe

révéla la présence de B. tubérculeux, mais seuls, ceux

morts à 3. mois et demi el 4 mois et demi présentèrent des lésions macroscopiques.

Bivuearren infecta de la même façon deux œufs fécondés. Les deux poussins nés de ces œufs moururent respectivement à 4 mois et À mois et demi présenlant tous deux des lésions tuberculeuses.

Kocu et Rasinowrrsen infeclèrent 27 œufs de poule et 2 œufs de canne ce la facon suivante : 10 œufs de poule et les 2? œufs de canne furent infectés avec une culture de B. tuberculeux. de type aviaire; 40 autres œufs de poule furent infectés avec des bacilles de type humain et les 7 derniers œufs de poule furent infectés avec des bacilles de type bovin.

Tous ces œufs furent couvés. Du premier groupe d'œufs (infectés avec des bacilles type aviaire) il naquit | poussin ét | canneton. Du deuxième groupe (infecté avec des bacilles type humain) il naquit 1 poussin. Des 7 derniers œufs (infectés avec des bacilles type bovin), il naquit 4 poussins.

Le poussin du premier groupe mourut le 5° jour de Tuberculose généralisée, mais il ne présentait pas de lésions tuberculeuses de l'intestin. Parmi les autres poussins lués à 100 jours, ceux infectés avec le type humain ne montraient pas trace de Tuberculose, tandis que ceux infectés avec le type bovin montraient des lésions du cœcum et des plaques de PEyErR de cette partie de l'intestin, À

Ces nièmes auteurs, en autopsiant 118 oiseaux, trouvèrent 5 cas de Tuberculose de l'ovaire. Deux cas se

rapportaient à des poules (1,9 p. 100 des poules exa-

minées). Dans lun des cas, il y avait deux œufs déformés dans l'oviducte et une ponte abdominale. Dans les deux œufs de l'oviduete on découvrit des B. tuberculeux à côté d’autres microbes en petit nombre. De plus, au microscope, on découvrit dans la grappe des tubercules de différentes grosseurs, Un follicule de DE GRAFE hypertrophié atteignait la grosseur d'un œuf de poule et son point d'attache à la grappe présentait des tubercules.

Weger et Borincer firent les mêmes expériences sans obtenir de poussins vivants. Les 4 œufs infectés par eux avec le type aviaire furent ouverts après 26 jours d’incubation et les poussins bien développés, mais morts, furent examinés quant à la présence de Bacilles aviaires. L'examen bactérioscopique du foie ne montra rien mais l’inoculation à la souris démentra la présence de B. tuberculeux.

Sirva, en 1929, montra comme ces 2 derniers au- | teurs que l'injection de B. tuberculeux aviaires dans des œufs fécondés-et placés dans des couveuses amène très rapidement la mort des embryons. L'injection du même bacille dans des œufs depuis 10 jours en couuse interrompt souvent le développement de l'embryon.

En revanche, les filtrats d'organes provenant de lapins inoculés au moyen du bacille aviaire, filtrats injectés dans les œufs fécondés avant où après incubation, ne provoquent aucune action nuisible sur les embryons. Ni le jaune ni le blanc ne montrent de

bacilles acido-résistants.

RE

Dans ses conclusions, Mr.cuner établit que les poulets peuvent être infectés par inocülations artificielles des œufs mais il n’est pas sûr si une infection naturelle produit le même résultat.

ArrauULTr, en France, rechercha les bacilles tuberculeux dans 25 œufs pollués par différents germes. Son procédé de recherches consistait en inoculations au lapin et il s’aperçut ainsi que 2 œufs contenaient des bacilles tuberculeux. |

GArrner infecta 1 mâle et 12 femelles de canaris au moyen d’une injection intra-péritonéale d’une culture virulente de Bacilles tuberculeux aviaires. Il fit deux lots : l’un de 6 femelles et du mâle infecté, l’autre de 6 femelles et d’un mâle non infecté. IL obtint 9 œufs de l’ensemble de ces animaux. Des inoculations intrapéritonéales faites à des cobayes avec la matière de ces 9 œufs en montra ? infectés. Un de ces œufs provenait d’une femelle et d'un mâle infectés tous les deux. L'autre provenait d'une femelle infectée et du mâle sain. Ces œufs furent pondus un et deux mois après l'infection. Dans une seconde expérience, où GÂRTNER employait 25 canaris, 2 œufs sur 24 obtenus furent reconnus infectés. |

Râsicer infecta 3 poules indemnes de Tuberculose en frottant la muqueuse de la gorge avec une pipette trempée dans une culture de B. tuberculeux aviaires, en introduisant de cétte même culture dans le jabot et de plus, en nourrissant ces poules avec des produits souillés de bacilles tuberculeux. Les œufs pondus le 7°

et le 8° jour après l’infection étaient indemnes de

tuberculose. Une quatrième poule infectée naturellement fut ajoutée aux trois premières sans qu'aucune distinction soit faite entre les 4 poules. L'examen SYStématique des œufs pondus fut fait microscopiquemert et par culture du 10° ou 14° jour après l'infection, et dans la suite seulement microscopiquement.

Les examens microscopiques se firent par coloration de quelques üses de matière des œufs prélevés aseptiquement. Les cultures se firent sur milieu LüBenau et PETROFF.

Le 1® examen microscopique positif eut lieu le 11° jour et la première culture positive fut celle du 10° jour après l’infection.

Sur 12 œufs pondus du 10° au 14° jour, 5 avaient des bacilles dans le blanc et dans lejauneé; 3 rien que dans le blanc, et si, pour les 4 derniers, le microscope ne décela aucun bacille, les cultures prouvèrent leur existence. De sorte que 100 p. 100 des œufs se trouvèrent être infectés. Il faut cependant remarquer qu'une seule culture fut visible macroscopiquement et que Îles autres constatations positives se basent sur la découverte de B. tuberculéux isolés, décelés par l’examen systématique de frottis colorés des cultures. Dans la suite, l'examen microscopique fut seul employé et, sur 52 œuf, 19 furent trouvés infectés, soit 36,5 p. 100. Ces œufs furent pondus de 2 semaines 1/2%à & semaines 1/2 après l'infection.

Tout dernièrement, WanBy étudia 51 œufs provenant de 4 poules tuberculeuses : il ne signale aucuns lésion des organes ovigères. L’ensemencement du con-

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