‹ Recherches sur les UlexChapitre 33 sur 33 · NEC · texte numérisé non relu

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Quoi qu'il en soil, les graines d’ajoncs ne peuvent être toxiques pour l’homme, qu'à la condition d'être absorbées en dose relativement élevée. Physiologiquement la présence de l’alcaloïde dangereux peut être envisagée comme une protection pour le végétal contre les animaux, et à ce sujet l'on nous permettra, pour terminer celte étude, d'émettre quelques considérations, hypothétiques peut-être, mais intéressantes toutelois sur le rôle biologique des produits toxiques dans les Ulex et les plantes voisines dont il a été précédemment question.

1° Si les alcaioïdes, dans les plantes, doivent être considérés comme des produits d’excrétion, on ne s’éloignerait peut-êlre pas beaucoup de la vérité en considérant également ces substances comme de puissants agents de protection contre la dent des herbivores sans avoir pour cela la prétention de penser, comme on le fait peut-être un peu trop, que le végétal sécrète ces produits uniquement dans ce but.

La distribution de la cylisine et de la spartéine dans certaines LÉGUMINEUSES, notamment dans les diverses espèces d'Ulex et dans les deux Genisla que nous avons étudiés à ce point de vue, est en effet des plus suggestives.

Dans l’Ulex europæus L., ainsi que nous l'avons vu, la teneur en alealoïde est variabie non seulement avec les organes considérés, racines, tiges, feuilles, fieurs et fruits, mais aussi très probablement avec l'âge relatif de ces organes; néanmoins un fait cerlain el capital domine toutes ces considérations, c’est que la proportion de cylisine est maximum dans les Ulex au moment de la principale floraison (avril-mai) et surtout de la fructification qui a lieu normalement sur les rameaux âgés de deux ans environ. À cette époque également, les jeunes pousses sont déjà longues de 6 à 8 centimètres, et comme elles sont très tendres, elles seraient fortement exposées à subir les attaques des herbivores si précisément l'alcaloïde ne se

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lrouvait à ce moment en quantité maximum dans toute la plante.

Ainsi donc, par suite d’un phénomène d'adaptation, probablement fortuit, il se trouve que le produit d'excrétion alcaloïdique communique son amertume à la plante au moment même où elle recommence à entrer en végétation, époque où les organes de défense mécanique (piquants) sont très peu développés.

2° Considérons maintenant le Genêt à balai (Sarothamnus scoparius Koch).

À aucun moment de son existence 1l n'est pourvu d’organes de défense mécanique, c'est-à-dire de piquants; 11 ne peut donc se défendre qu'à l'aide de ses produits d’excrétion. Aussi, à toute époque de l'année renferme-t-1l, dans tous ses organes, une grande proportion d'un alcaloïde très amer et assez toxique (spartéine).

3 Le Genista anglica L. nous à paru très Intéressant à étudier, parce qu'il possède à la fois un appareil de défense mécanique, c'est-à-dire des piquants bien développés et certainement aussi une production chimique de défense comme dans la plupart des Genista.

En effet, les analyses chimiques du Genista anglica L. ont toujours donné une proportion d'alcaloïde imcomparablement moindre que dans le Sarothamnus scoparius Koch, quoique toujours beaucoup plus grande que dans les Ulex.

Cette plante, déjà protégée par ses piquants, n’a plus besoin de se défendre par une teneur en alcaloïde vénéneux élevée; elle peut donc sous le rapport de la résistance aux agents extérieurs être rangée entre les Ulex et le Saro-

À mesure que l'appareil de défense mécanique — c'est-àdire les piquants — se perfectionne, la secrétion alcaloïdique devient de moins en moins utile à la plante pour sa défense et se réduit de plus en plus; c'est ce qui semble se dégager de l'étude de ces trois plantes qui ont particulièrement retenu mon attention.

Donc, au fur el à mesure que l'appareil de défense mécanique se perjectionne par suile de l'adaptation à la vie dans les terrains très secs, l'appareil de déjense physiologique, devenu moins utile, se réduit dans les mêmes proportions.

Il serait curieux de voir si par la culture du Genêt à balai (Sarothamnus scoparius Koch) on parviendrait à produire les conditions inverses, c'esl-a-dire à réduire l'importance de l'appareil physiologique en provoquant expérimentalement la formation d'un appareil de défense mécanique.

Les expériences de LHOTHELIER nous portent à croire que celte métamorphose ne serait peut-être pas impossible en s'adressant à des plantes convenables : ii suffirait de prolonger ies expériences et de faire l'analyse comparative des produits obtenus.

VU, BON A IMPRIMER : Vu :

Le Président de la thèse, Le Directeur de l'Ecole, E PERROT: L. GUIGNARD.

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