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CHAPITRE VI

Conclusions générales et considérations sur la biologie des Ulex

Nous venons d'éludier dans ce mémoire, aux divers points de vue, bolanique, chimique et économique, les différentes variélés ou espèces d'Ulex.

Reprenant les travaux antérieurs connus, nous avons cherché à les compléter par toute une série d'observations concernant, d’abord plus spécialement, l'étude histologique comparée. Pour cela nous nous sommes adressés à la majeure partie de ses espèces et de ses variétés décrites en Europe, car jusqu'aujourd’hui seule l'histologie de l'Ulex europæus L. était bien connue.

Mais ici, de même que pour les classer à l’aide des caractères extérieurs fournis par l'appareil végétatif ou l'appareil floral, à moins d’avoir à sa disposition un matériel sûr et extrêmement abondant, il serait prématuré de chercher à faire intervenir les caractères différentiels histologiques des types étudiés, dans un essai de classification.

Contentons-nous de résumer quelques caractères généraux tirés de l’anatomir des diverses espèces, en insistant surtout sur la structure des piquants qui a particulièrement retenu notre attention.

On sait que l’Ulex europæus L. accumule de préférence sa réserve amylifère dans la racine; celle-ci, qui est pivotante, en s’enfonçant profondément permet à cette espèce,

comme aux diverses variétés voisines, de résister aux grandes sécheresses el aux plus grands froids de nos r'églons.

Quelles que soient les condilions dues au milieu ou à la culture, le plan ligneux de la tige des Ulex se conserve tou- Jours identique à lui-même par le développement plus ou moins grand des îlots de fibres ligneuses en disposition radiale (U. megalorites Willk.), ou transversale (U. parviflorus Pourr., U. hybernicus G. Don.) dans la séparation des autres éléments ligneux, ou même dans l’ornementation des vaisseaux.

Les feuilles, d'abord trifoliées, bi- puis unifoliées, disparaissent de bonne heure. Epaisses dans les climats humides les plus riches en chlorophylle; elles ont, au contraire, un sclérenchyme marginal el médian très développé, dans les régions sèches et éclairées (Afrique du Nord) et ces feuilles ont alors un rôle très réduit dans l'assimilation chlorophyllienne, rôle qui est alors dévolu aux piquants. Ces derniers se substituant en effet aux feuilles normales sont organisés de manière à résister aux variations extrêmes de la transpiration suivant leur habitat. Ainsi dans nos contrées (Bretagne, ouest de la France) les différents piquants des Ulex ont leur tissu de soutien peu développé : les parois des cellules de la moelle et rayons médullaires sont alors peu épaissies. La cuticule est mince et l'épiderme garni de nombreux stomates dans les sillons. Les bandes sclérenchymateuses terminées en massue extérieurement et élargies à la base atteignent presque toutes l’'épiderme, et le tissu chlorophyllien pallissadique est réduit à des amas isolés.

Dans les contrées sèches et éclairées les piquants jouent un grand rôle en ce qui concerne l'assimilation chlorophyllienne et la défense de la plante.

La moelle et les rayons médullaires sont sclérifiés fortement, la cuticule très épaisse et les stomates moins nom-

breux. Le tissu chlorophyllien le plus souvent dans ce cas, forme une gaîne continue, car les ilots scléreux externes n'aboutissent presque jamais sous l’épiderme.

La composilion chimique de l’Ajonc commun semblait bien connue, cependant le fait de la toxicité momentanée pour les bestiaux, qui d’ailleurs se refusent à le manger, nous incilait à entreprendre de nouvelles recherches.

Il reste acquis maintenant que la teneur en alcaloïde varie avec l'époque de l’année et qu'elle est surtout élevée dans les gousses et les graines (voir le nota ci-dessous).

Nora. — Pendant l'impression de ce travail, M. le Dr CHEVALIER à publié à l’Académie des Sciences le résumé d'observations concordant avec les nôtres; nous nous contenterons de rappeler cette note in extenso :

A. CHEVALIER (1). — Variation de la teneur en spartéine du genét à balais suivant l’époque de la végétation.

Ayant eu l’occasion de constaler des différences considérables de teneur en spartéine de genêts à balais de même provenance, nous avons cherché à nous rendre compte des facteurs susceptibles d'amener ces variations el nous sommes arrivés à attribuer une influence prédominante à l’époque de la récolte de ces plantes.

Nos expériences ont été faites sur des genêts récoltés en Seine-el-Oise de mois en mois. Chaque expérience a porté sur 10 kilogrammes de plante sèche entière. Nous avons pratiqué l'extraction telle qu’elle s'opère dans l'industrie, et les chiffres ci-dessous sont ceux du sulfate de spartéine crislallisé

C4 H°#6 A72, Sot H2 + S H20.

obtenu par kilogramme de plante, traitée par saturation de la solution éthérée de spartéine par Soft H? à 25 %. Nous avons trouvé :

AIR nes a en en e ét ET 4 gr. 02 ÉVITE PEN LL EE et A ls MATE Go RS Sen SR CO D ATEN PEU PR ue RS 25 TO TR RU Se Re re 4 y» 32 DT Se nan nl Eee M nt Be ve 7 UD TE CR Re Tr 3 » (00 POUR a co EL A CU DANS RS 0 SE DEN DO RS en en en 20058 OCLODTE ER RS RE a D 4 » 07 NOVELL DO re a re tre HS enr DÉCORÉ M ee re mn en SN)

De cette série de dosages on peut conclure que la sparléine se produit rapidement pendant la première période de la végélation el qu’elle diminue brusquement au moment de la floraison et de la formation du fruit. Elle n’est que partiellement utilisée et se localise dans le fruit, qui, à maturité, renferme jusqu'à 11 grammes de sparléine par kilogramme.

A l'automne se fait une seconde accumulation, mais beaucoup moins grande que celle du printemps.

(1) Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, tome 150, no 17 (25 avril 1910), page 1068.

LÉ Os

On s'explique alors certains accidents survenus et il faut conclure à la nocivité de cette plante pendant toute la période de floraison, au moment où ovaires et graines sont en voie de développement.

Les propriétés toxiques de cetle graine n'ont pas été ignorées de tous, car il est à signaler un cas curieux d’empoisonnement volontaire relaté par les tribunaux (Cour d'assises de Rennes, 1876).

Penxoër et sa fille, femme Lorrr, des environs de Combourg (pays de Chateaubriand), Ille-et-Vilaine, voulaient se débarrasser du mari gênant de cette dernière. N'ayant pu réussir dans leurs diverses tentatives d’empoisonnements : sulfate de cuivre, graines d’ajoncs, cantharides, ils eurent finalement receurs au revolver et cette fois arrivèrent à leur but.

Un mot toutefois sur cette affaire qui passionna un instant l'opinion publique.

Les graines d'ajoncs pilées, avaient été délayées par les deux complices dans ia pâle de galette bretonne (farine de sarrazin el eau salée). LorRE mangea de ces galettes et manifesta bientôt des symplômes d'intoxication grave; sa femme relate les circonstances de l’'empoisonnement de la façon suivante :

« Mon mari à été bien malade, je lui ai donné quelque chose qui lui passe bien l'amour ».

Cette dernière idée sur l’action du genêt, est à rapprocher du fait connu de nos cultivateurs bretons, c’est-à-dire de la disparition de la vigueur chez les chevaux nourris avec les rameaux d’ajoncs.

En effet, la cylisine, comme l'expérience physiologique le montre, agit comme calmant du système nerveux, et peut même jouer en quelque sorte le rôle d’antagoniste momentané de la strychnine.

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