OXYDATION CATALYTIQUE SUR ARGENT
MM. Moureuet Mignonac (4)ont montré que l'amiante argentée constitue un excellent catalyseur d’oxydation réalisant la transformation des alcools en aldéhydes ou en cétones. Les intervalles entre les températures maxima et minima nécessaires pour entretenir une oxydation régulière sont assez larges, contrairement à ce qui se passe avec le cuivre. Il suffit donc d'éviter une trop grande élévation de température et par conséquent une décomposition en opérant en présence d’un excès d'alcool.
MM. Moureu et Mignonac ont obtenu ainsi l’acroléine avec un rendement de 70 à 75 % de l’acool transformé.
Les vinylalcoylcarbinols mis en jeu ne se différencient de l'alcool allylique que par le degré du groupement fonctionnel alcool. 11 était donc tout indiqué de songer à celte méthode pour obtenir les cétones vinylées.
PL Ve FOR
Les essais ont porté soit sur le vinyléthyl, soit sur le vinylbutylcarbinol en opérant successivement :
1° En présence d’air sur une ou deux masses catalytiques ;
2° Dans le vide et au moyen d'oxygène sur un ou deux catalyseurs également.
MM. Moureu et Mignonac avaient simplement signalé qu'on pourrait sans doute oxyder plus parfaitement dans le vide en présence de deux catalyseurs. Nous avons tenu à réaliser cette expérience sur le vinyléthylcarbinol. Nous ajouterons qu'une autre modification fut la substitution à l’amiante argentée, de toile d'argent commerciale, M. Mignonac nous ayant appris qu’un essai sommaire avec ce dernier catalyseur lui avait donné toute satisfaction.
Dans nos premières expériences, la toile était simplement roulée sur elle-même dans le seus de la longueur de l’appareil : on la dispose ensuite en une série de disques perpendiculaires à l’axe du tube decatalyse. Avec cette modification nous avons obtenu des rendements ” sensiblement voisins de ceux de MM. Moureu et Mignonac dans l'oxydation de l’alcool butylique secondaire en méthyléthylcétone. L'efficacité de la toile d'argent, qui supprime la préparation de l’amiante argentée, est ainsi nettement démontrée.
En faisant varier méthodiquement les températures des catalyseurs, les débits respectifs d'alcool, d'air ou d'oxygène, nous n'avons pu obtenir les cétones vinylées.
A basse température (270 à 300° environ) l'alcool
passe inaltéré. À plus haute température (340°-380:) il y a déshydratation et destruction.