‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 30 sur 165 · Document n« XVII. -^ 4. Document n° XXVIII · texte numérisé non relu

Document n« XVII. -^ 4. Document n° XXVIII

5. En 1651, Molière tient à Narbonne un enfant sur les fonts de baptême^ et il est désigné 4aBsl!aeÉe. somme valet jdacàambi» «du fiai. (JStsIiHre

yant ici, il a soin de faire ajouter, en marge de Tobligation souacrite à Jeanne Levé, son nom de comédien.

£n devenant le chef des comédiens de l'Illustre Théâtre, en signant le premier les obligations souscrites par eux, et nous n*en connaissons encore qu'un petit nombre, Molière assumait sur lui une lourde responsabilité. Les recettes étaient insuffisantes, les fournisseurs n'étaient pas payés, les obligations n'étaient pas remboursées au terme stipulé, et Molière, répondant pour tous, se vit un jour saisi et emprisonné au grand Châlelet. Cette épreuve, subie par le poète au commencement de sa carrière, semble avoir été pressentie, et, s'il en était besoin, justifiée à l'avance par M. Sainte-Beuve quia dit, en citant comme des génies exceptionnels, Shakspeare, Cervantes, Rabelais, Molière : « Ces hommes ont des destinées diverses, traversées; ils souffrent, ils combattent, ils aiment. Soldats, médecins, comédiens, captifs, ils ont peine à vivre; ils subissent la misère, les passions, les tracas, la gène des entreprises. Mais leur génie surmonte les liens, et, sans se ressentir des étroitesses ée la lutte, il garde le collier franc, les coudées franches ^ »

Les documents qui constatent l'emprisonnement de Molière ne permettent pas de préciser la durée de sa détention*; Molière était au grand Châtelet le 2 et le 4 août 1645; il était libre le 13 du même mois, mais à quelle date avait*il été arrêté ? quel jour avait-il été mis en liberté ? Fut-il incarcéré une première fois, relâché, puis saisi de nouveau ? cette dernière hypothèse est la plus probable.

Le 2 août Molière était au grand Châtelet en vertu d'une sentence donnée par les juges consuls, par défaut, contre lui, < au profit de Antoine Fausser, maitne chandelier, faute

des përégrinatîons de Volière dans le Languedoc ^ par M. Emm. Raymond, page 49).

.1. Critiques et PortraiU littéraires, 1836, in-S, tome in, page 132. 2. Les registres du greffe de la geôle du grand Châtelet de Paris, conservés aux Archives de la Préfecture de police, ne remontent pas plus haut que Tannée 1651.

de payement de la somme de cent-quinze livres d'une part et vingt-sept livres d'autre^ » C'est évidemment le fournisseur de chandelles de l'Illustre Théâtre qui avait fait saisir le chef des comédiens , et ce détail jette un peu de comique sur la pénible situation dans laquelle nous le trouvons. La requête présentée au lieutenant civil Dreux d'Aubray par André de Lamarre, procureur des comédiens, décline la compétence du tribunal devant lequel Molière avait été condanané par défaut et nie en son nom la dette qui sans doute existait, mais dont il ne devait. pas être seul responsable. D'après cette requête le magistrat ordonne la mise en liberté de Molière « à sa caution juratoire pour six mois (c'est-à-dire sur le simple serment de représenter sa personne pendant cet espace de temps), en cas qu'il ne soit détenu que pour cent-quinze livres d'une part et vingt-sept livres d'autre ; » mais une saisie plus importante s'opposait à l'exécution de cet arrêt.

Les obligations souscrites envers Pommier, et dont la principale avait été remise par lui comme nantissement à Louis Baulot, n'avaient pas été payées; les bénéfices abandonnés d'avance par les comédiens avaient été nuls ou à peu près, et Pommier n'avait pu à son tour tenir ses engagements vis-àvis de Baulot avec qui il s'entendait peut-être pour exploiter par l'usure l'état de gêne des comédiens et pour les poursuivre à outrance. Dès le 19 mai il y avait eu « sentence donnée par les sieurs des requêtes du Palais » pour ordonner une comparution des parties, dans laquelle Pommier avait affirmé qu'il n'avait reçu « aucunes choses sur lesdites obligations^ ; » le lendemain les comédiens avaient, sur leur demande, obtenu du lieutenant civil des lettres de répit et le 24 mai des « défenses » de ce magistrat contre les poursuites exercées envers Molière. Enfin le 2 août le procureur de Lamarre, qui ce jour même avait rédigé la requête de Molière relative au marchand de chandelles, comparaît devant le lieutenant civil en son

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