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Document n<> XLII, cote deux

RECHERCHES SDR MOLIÈRE. 49

Roi, receveur des tailles en rélection de Montélimarl*, reconnaît, par une obligation passée devant le «notaire royal delphinal héréditaire de Montélimart », devoir à Madeleine Béjard la somme de trois mille deux cents livres «pour les causes et à payer au terme y déclaré ». Le 22 du même mois, un noble habitant de la ville de Brioude cautionne, par-devant un notaire de Montpellier, le receveur de Montélimart pour son obligation «envers la dite damoiselle Béjard». Deux ans après, le 12 avril i657, Madeleine obtient du juge en la cour de Kimes une commission relative à la même créance.

1. M. Harpin, amant de la comtesse d'Ëscarbagnas, est receveur des tailles à Angoulême.

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La famille PoqueliiL-*llartage de Madeleine Poquelin avec André Boudet. —Le frère puîné de Molière a le titre de tapissier valet de chambre du Roi; il achète le fonds de commerce de Jean Poquelin et prend à loyer la maison des piliers des halles. — Mariage de Jean Poquelin le jeune avec Marie Maillard. — Prise de voile de Catherine Poquelin, so&ur utérine de Molière et d'une autre de ses parentes, aux Visitandiiles et aux Bénédictines de Montargis; question souleyée par cette circonstance à propos des derniers moments de Molière.

Pendant que Molière court la province, il n'est pas indifférent de connaître ce qui se passe dans sa famille, dont les intérêts se trouvent naturellement liés avec les siens. Jean Poquelin avait eu de son second mariage avec Catherine Fleurette, deux filles dont une seule survécut à sa mère, décédée le 12 novembre 1636. Le troisième fils de Jean Poquelin et de sa première femme, Marie Gressé, nommé Nicolas, et Âgé de six ans lors de l'inventaire de sa mère, était mort quelques années après. Au moment du départ de son fils aîné, il ne restait donc plus à Jean Poquelin, deux fois veuf, que quatre enfants : Molière, Jean dit le jeune et Madeleine, nés du premier lit, et Catherine PoqueUn, fille du second lit.

Madeleine Poquelin, baptisée le 13 juin 1628 sous le nom de Maries était dans sa vingt-troisième année lors de son

1. Généalogie de Molière ^ donnée par Beffara en tête de l'édition de M. Âuger. Dans cette généalogie, Beffara a confondu quelques dates rdatives aux enfants de Jean Poquelin. A propos de Madeleine Poquelin, il n'est pas inutile de faire remarquer que Molière, baptisé sous le nom de Jean, prend plus tard le prénom de Jean -Baptiste et que, sa sœur, baptisée sous le nom de Marie, est appelée Madeleine dans tous les actes notariés qui la concernent.

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mariage, le 14 février 1651^ avec André Boudet» marchand tapissier ^ Elle apportait en dot une somma de cinq mille livres, dont la majeure partie provenait des « droits successifs, mobilier et immobilier, fruits et revenus d'iceux, à elle appartenant par le décès de défunte Marie Gressé, sa mère ; » mais, en mariant sa fille» Jean Poquelin ne voulut ou ne put donner qu'une partie de cette somme, et n'acheva de payer la dot de Madeleine qu'en 1667*.

Jean Poquelin le jeune, second fils de Marie dressé, baptisé le 1" octobre 1624, avait suivi la profession de son père, et, sur la démission de Molière, était devenu survivancier de la charge de tapissier et valet de chambre ordinaire du Roi. A l'âge de trente ans, il était établi dans la maison des piliers des halles avec son père qui, le 14 septembre 1654, lui cède son fonds de commerce'. Les marchandises étant évaluées à cinq mille deux cent dix-huit livres dix sous cinq deniers, Poquelin le père déduit de cette somme les cinq mille livres qui revenaient à chacun de ses enfants de la succession de leur mère Marie Gressé, et a soin de stipuler que < ledit sieur Poquelin fils ne pourra demander aucun compte ni partage des biens de la succession de sadite mère, ains en laisser jouir sondit père sa. vie durant, le semblable étant observé par sa sœur, cohéritière de ladite défunte leur mère; et le surplus de ladite somme totale de cinq mille deux cent dix-huit livres dix sols cinq deniers, montant à deux cent dix-huit livres dix sols cinq deniers, dont partant ledit sieur Poquelin fils est seulement redevable vers sondit père, il sera tenu et s'oblige de les bailler et payer.... à la volonté d'icelui sieur son père. > Gette somme est en effet payée le 28 novembre suivant En lui vendant son fonds de commerce, Poquelin père Loue en outre à son fils la maison des piliers des halles^ moyennant six cents livres par an, et en se. réservant « la

1. Dissertation sur Molière j par Beffara, page 8, et document n* XXXVU cote cinquante-cinq.

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