‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 39 sur 165 · La vie de M. de MoUèrey 1705, in-12, page · texte numérisé non relu

La vie de M. de MoUèrey 1705, in-12, page

4. Histoire de Molière y par M. Taschereau, 3* édit., page 260.

Molière eût été assisté à ses derniers moments par une reli* gieuse de sa famille on par des dames quêteuses appartenant à Tun des couvents de Montargis oh s'étaient retirées ses parentes. On s'expliquerait ainsi l'hospitalité donnée par un comédien à des religieuses de province, et le silence gardé sur le nom de ces religieuses et sur celui de leur couvent, lors des difficultés élevées par le clergé à propos de l'enterrement de Molière.

(ZÇ^Q^

Retour de la troupe de Molière à Paris. — Molière acquitte sa dette envers Jeanne Levé. — Mort du comédien Joseph Béjard et de Jean Poquelin le jeune; Moii&re reprend le titre de tapissier valet de chambre du Roi.->^ Mariage de Molière avec Armande Béjard. — Animosité des comédiens de l'hôtel de Bourgogne contre Molière; ils le calomnient et lui enlèvent Brécourt. — Engagements de comédiens de campagne. ^ Mariage de Geneviève Béjard avec Léonard de Loménie ; Migaard, ami des Béjaid. •*«- Mort de Madeleine Poquelin. — Désintéressement de Molière vis-à-vis de son père ; il lui abandonne sa part de la succession de Marie Cressé et se sert de Tentremise de Rohault pour aider Jean Poquelin à reconstruire la maison des piliers des halles. — Mort de Jean Poquelinle père ; contestations entre ses héritiers; caractère du père de Molière. — Prêt fait par Molière k Lulli. — Mort de Marie Hervé , veuve Béjard. — Maladie et mort de Madeleine Béjard; ses fondations pieuses; son amitié pour sa sœur Armande ; fortune de Madeleine Béjard; ses relations avec MM. de Modène et de rHeimite. -- Second mariage de Geneviève Béjard avec Jean-Baptiste Aubiy.

Après une absence de douze ou treize ans, interrompue peutêtre par une courte apparition en 1651, la troupe de Molière qui avait en chemin perdu son titre dlUuStre Tiiéâtre et renouvelé son personnel, était à la fin de 1658 sur le point de rentrer définitivement à Paris. A son premier protecteur Gaston, duc d'Orléans, avait succédé Armand de Bourbon, prince de Conti, qui avait appelé les comédiens dirigés par son ancien condisciple du collège de Clermont à venir donner des représentations à Pézenas et à Béziers, pendant la tenue des états de Languedoc en 1655 et 1656. Cette troupe ne devait pas tarder à trouver pour la protégé un troisième prince du sang, et allait bientôt s'appeler « troupe de Monsieur, frère unique du Roi. »

Au commencement de septembre 1 658 la Cour était à Pon-

tainebleau et y prenait, suivant l'usage, les divertissements de la chasse, des collations, des concerts et de la comédie française. Les temps de la Fronde étaient passés ; la Reine mère, Anne d'Autriche, le jeune roi et son frère Philippe de France, alors duc d'Anjou, recevaient à la fois dans la royale résidence Mlle de Montpensier, son père Gaston, le prince de Gonti et le cardinal Mazarin^ Quelques mois avant, Molière était venu s'établir à Rouen avec sa troupe afin, disent ses premiers biographes, « de profiter du crédit que son mérite lui avoit acquis auprès de plusieurs personnes de considération, qui s'intéressant à sa gloire, lui avoient promis de l'introduire à la Cour.... Après quelques voyages qu'il fit à Paris secrètement, il eut l'avantage de faire agréer ses services et ceux de ses camarades à Monsieur, frère unique du Roi, qui, lui ayant accordé sa protection et le titre de sa troupe, le présenta en cette qualité au Roi et à la Reine mère^. » Cette présentation eut peut-être lieu à Fontainebleau pendant que Gaston et le prince de Conti s'y trouvaient réunis ; quoi qu'il en soit, les camarades de Molière « qu'il avoit laissés à Rouen^ en partirent aussitôt, et le 24 octobre 1658, cette troupe commença de parottre devant Leurs Majestés et toute la Cour, sur un théâtre que le Roi avoit fait dresser dans la salle des gardes du vieux Louvre '. »

A la suite de ce début, le Roi avait accordé à la troupe de Molière, « pour y représenter la comédie alternativement avec les comédiens italiens, » la salle du Petit-Bourbon. L'hôtel appelé le Petit-Bourbon se trouvait entre Saint-Germain l'Auxerrois et le vieux Louvre ; Molière est logé non loin de là, sur le quai de l'École, « en la maison de Timage Saint-Germain, » lorsqu'il s'acquitte enfin de la dette contractée en 1645 envers Jeanne Levé\ Dans la quittance du

t. Gazette de 1658, pages 868, 891 et 892.

Page 1