‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 43 sur 165 · Document n« XXXF, note · texte numérisé non relu

Document n« XXXF, note

2. Le British Mttseum possède un document notarié, daté du 25 jan- Tier 1664, et que je n'ai pu rattacher à aucune des pièces correspondant à cetle année. C'est un certificat par lequel J. B. Molière et Jacques Martin , bourgeois de Paris, affirment que défunte Françoise Rousseau, fille majeure

Geneviève Béjard &it à son futur époux une donation de tous ses biens, en considération de « la bonne amitié qu'elle a toujours porté et porte encore à présent à M. Léonard de Loménie », dit l'acte notarié; mais c'est là une formule usitée pour les donations. Dans une pièce jointe à ce contrat, Léonard de Loménie reconnaît la nullité des « causes y portées > et ajoute : « Néanmoins la vérité est que c'est en faveur du mariage proposé entre elle et moi, lequel ne s'efiectuant pas, icelle donation n'aura pas lieu, et consens qu'elle demeure nulle. > Trois jours après, le contrat de mariage est signés et Geneviève apporte une dot estimée à quatre mille livres, dont cinq cents en deniers comptants et le reste en habits, linge et meubles. Dans cet acte, Léonard de Loménie ne prend pas encore le titre de sieur de la Villaubrun sous lequel il figure plus tard; Geneviève est désignée comme fille < de défunt M* Joseph Béjard, vivant procureur au Châtelet de Paris, » et de Marie Hervé, sa veuve, avec laquelle elle demeure vis-à-vis la place du Palais Royal. Les témoins de Geneviève sont : Louis Béjard, son frère, « Jean-Baptiste Poquelin, sieur de Molière, bourgeois de Paris, beau-frère à cause de damoiselle Grésinde Béjard , son épouse, » Madeleine Béjard, qui signe le contrat sans y élre nommée, Marguerite Batelet, peut-être femme ou belle-fille de Pierre Dubout, autrefois doyen de la confrérie de la Passion^, et « Pierre Mignard, peintre, bourgeois de Paris. » L'auteur des peintures du Val de Grâce parait avoir été plus lié encore avec la famille Béjard qu'avec Molière; son nom figurera plus loin comme un des exécuteurs testamentaires de Madeleine Béjard.

On a vu le beau-frère de Molière, André Boudet, lui servir de témoin lors de son mariage; l'année suivante Ârmande

usahte et jouissante de ses biens et droits , ne laisse pour ses héritiers que Jean-François Loiseau , bourgeois de Paris, et, autres. Cet acte passé par devant Gigault et de Beauvais, est signé : J. B. P. Molière et Jacques Martin. J'en dois la communication à mon ami M. le comte Clément de Ris. 1. Documrnt tf» XXXIII. — 2. Document n? VI.

R£XIH£RGH£S SUR KÛLIÈRË. 63

Béjard avait été marraine d'un des fils de Boudet^ et ces deux circonstances prouvent la liaison qui existait entre Molière et sa sœur Madeleine. Il la perdit au mois de mai 1665 et il est à remarquer que les enfants de Marie Cressé avaient tous hérité de la faible constitution de leur mère, morte à trente et un ans: trois de ses enfants étaient décédés en bas âge; Jean Poquelin, frère cadet de Molière n'avait pas atteint sa trentesixième année ; Madeleine, femme de Boudet, s'éteignait dans sa trente-septième, et Molière l'aîné de tous, souvent malade, devait être enlevé à l'âge de cinquante et un ans. Après la mort de sa femme, André Boudet s'absente pendant deux ans et charge son beau-père de gérer son fonds de marchand tapissier. Le compte arrêté entre eux à son retour^ constate qu'à cette époque Jean Poquelin n'avait pas encore achevé de payer la dot de sa fille ,. qu'après la mort de son second fils, il avait loué à Boudet la maison des piliers des halles et qu'il était venu demeurer rue Comtesse d'Artois. Il semble qu'en rendant ses comptes à son gendre^ Jean Poquelin aurait dû avoir à lui remettre l'argent des bénéfices faits pendant son absence, mais c'est le contraire ; les dépenses avaient de beaucoup surpassé les recettes, puisqiie c'est Boudet qui redoil treize cent cinquante neuf livres à JeanPoquelin,.tout en se trouvant payé des trois mille deux cents livres qui lui restaient à toucher sur la dot de sa femme. Les marchandises achetées par Jean Poquelin compensaient peut-être cette différence considérable, cependant cet arrêté de compte semble plutôt indiquer une situation commerciale très-embarrassée.

Les relations d'affaires et d'intérêts entre Molière et son père se déduisent clairement par un examen minutieux des documents qui les constatent ; pour les faire bien comprendre, il est nécessaire de recourir aux formes de la comptabilité, mais si ces chiffres sont absolument indispensables, ils trou-

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