‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 58 sur 165 · Cote dix.— 2. Cote treize et document n* XXVin · texte numérisé non relu

Cote dix.— 2. Cote treize et document n* XXVin

commence' déjà à: prtSer de l'argent; la 2a novembre 1659, un sieur de Pontraeliesr confesse, par écrit aous seing privé, devoir à Molière cent cinquante livres ^ Le contrat de ma* riage de Molière vient ensuite accompagné de la quittance de la dotV Quelques années plus tard, le 18 avril 1667, « Jacques Crosnier, sieur du Perche, et damoiselle Catherine Bidault, sa femme, » souscrivent solidairement, au profit de Molière, une obligation notariée de mille livres « pour prêt, pour employer à leurs affaires, payable au temps y porté, pour sûreté de laquelle somme ils lui auroient mis en sa possession les meubles et choses déclarées en ladite obligation*. » A la fin de llnventaire, la veuve de Molière déclare « que sur les mille livres dues par le sieur du Perche et sa femme, contenues en leur obligation aous la cote six, elle en a reçu, du vivant de sondit mari, deux cents livres, dont elle n'a donné quittance, et que partie des meubles qui ont été donnés en nantissement ne sont plus en pareil état qu'ils ont été donnés. » Molière prêtant sur gage et ne prenant aucun soin des meubles qu'il a acceptés comme nantissement, Armande Béjard recevant un àrcompte sans en riea dire à son mari ; voilà tout ce que nous pouvons constater en l'absaice de la pièce originale dont malheureusement la minute manque chez les successeurs: des notaires qui Tont rédigée. On a déjà vu et Ton va voir surabondamment combien ce fait est peu en harmonie avec le caractère de Molière, et lors même qu'on n'en anraitpas un jour Texplicatian, oa peut affirmer dès à présent qu'il n'en résulte aucune tache pour sa mémoire et qu'il y a là-dessous quelque circonstance imposable à deviner, mais qui tournerait sans doute, ^ elle était connue, à l'honneur de Molière.. En. effet,, la pièce qui suit est celle qui constate le prêt ou, si Ton veut, le don caché fait par Molière à son père , et Armahde Béjard s'en empare immédiatement pour la porter chez. lie. notaire le jour même où elle rânt d'être trouvée dans les papiera de son

]. Cote sept. — 2. Cote une et document n» XXX. — a. Cotes ix.

mari* . Le 9 août 1669, c'est encore Molière qui paye de ses deniers une dette de son père, mort quelques mois avant, dette que ni son frère Jean Poquelin le jeune, ni son beau -frère Boudet, engagés avec Poquelin le père, n'avaient pu acquitter*. Après le contrat souscrit par LuUi pour les onze mille livres qu'il a empruntées à Molière' et le testament de Madeleine Béjard *, viennent les papiers qui correspondent à la dernière année de la vie de Molière. Ce sont : une quittance donnée, le 3 avril 1672, par Vouet, procureur au Châtelet, qui a reçu de Molière « trente-trois livres pour produire contre les héritiers Anne Tassin'; » puis les quittances des propriétaires des maisons d'Auteuil, de la rue Saint-Thomas du Louvre et de la rue Richelieu* ; puis encore un prêt de onze cents livres fait au beau-frère Boudet par écrit sous seing privé''; puis un autre prêt de deux cents livres fait à Pierre Battas, huissier de salle du prince de Condé et demeurant à AuteuiP; puis un autre prêt de sept cents livres au libraire Jean Ribou, qui avait publié plusieurs comédies de Molière', et encore un autre prêt de huit cent trente livres à Mlle de Brie*" ; puis enfin des quittances de fournitures et ouvrages faits pour Molière et sa femme, et « un extrait tiré des tablettes dudit défunt contenant plusieurs articles de ce que ledit feu sieur Molière a déboursé pour ses meubles**. » Mais on n'en a pas encore fini avec tout l'argent prêté par Molière ; Baron lui doit trente livres , le comédien Beauval et sa femme lui en doivent cent dix, et il n'est pas jusqu'à la jardinière d'Auteuil, la Raviguotte, à qui Molière n'ait prêté aussi cent dix livres. On voit avec quelle facilité le poète dispose de son argent, souvent même sans reçu, et il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'on ne trouve pas chez lui les trente mille livres de rente

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