a vie de M. de Molière , 1705, page
chand fripier et baptise la mère Anne Boutet. La tradition continuant à s'éloigner de la vérité, ce n'est bientôt plus la maison du père de Molière qui passe pour celle où est né le poëte, et dès 1747, les frères Parfaict écrivent: « On prétend que la maison où naquît Molière est la troisième en entrant par la rue Saint-Honoré*. » Enfin en 1799, Alexandre Lenoir consacre cette tradition en plaçant uii buste de Molière sur la façade de cette dernière maison, et malgré les preuves apportées par BefTara, ce buste induit encore en erreur, comme nous l'avons déjà dit, presque tous ceux qui s'arrêtent aujourd'hui devant le n° 3 de la rue de la Tonnellerie.
Armande-Grésinde-Claire-ÉlisabethBéjard mourut à Paris, rue de Touraine, le 30 novembre 1700, « âgée de cinquantecinq ans, » dit l'acte inscrit sur les registres de Saint-Sulpice^ Il y a évidemment erreur dans cette dernière énonciation qui a servi de base pour faire naître en 1645 la fille de Joseph Béjard et de Marie Hervé. Nous avons vu que son père était mort au commencement de 1643', et qu'Armande Béjard, lors de son mariage en 1662 était « âgée de vingt ans ou environ*; » elle avait donc, au moment de sa mort, cinquante-sept ou cinquante-huit ans. De son second mariage avec Guérin du Tricher, la veuve de Molière avait eu un fils, né en 1678, et nommé Nicolas-Armand-Martial Guérin; les biens qu'elle laissait furent partagés le 29 novembre 1703, trois ans après la mort d'Armande, entre Madeleine Poquelin, sa fille, et Guérin père et fils*. Sur les diverses rentes acquises par Armande Béjard avec les -deniers provenant de sa sœur et de Molière, Madeleine Poquelin put obtenir environ deux mille livres de rente sur les aides et gabelles et sur le clergé, et deux mille deux cents livres en deniers comptants. A l'époque de son second mariage, la veuve de Molière avait acheté à Meudon une maison avec jardin ; il